L’islam est venu construire et non pas détruire. Il est venu ajouter et non pas anéantir. Il est venu établir une civilisation de source divine caractérisée par l’humanisme, la moralité et l’universalité ; qui tire profit des civilisations antérieures en empruntant d’elles ce qu’elles ont de meilleur, évitant leurs défauts et leurs mauvais côtés. La sagesse est le but recherché du croyant, là où il la trouve, il en est le plus digne.

Par ailleurs, le Coran nous a incités à parcourir la terre afin de tirer des enseignements des vestiges des peuples antérieurs : qu’est-ce qu’il leur est arrivé, et comment les lois universelles de Dieu se sont appliqués à eux ? « Que ne voyagent-ils sur la terre afin d’avoir des cœurs pour comprendre, et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais, ce sont les cœurs dans les poitrines qui s’aveuglent » (Sourate 22, Verset 46).

Lorsque les musulmans, depuis l’époque du Prophète (saws) et de ses compagnons, ont conquis différents pays dans lesquels se trouvaient des vestiges historiques, ils ne les ont pas détruits ni enlevés, à l’exception des statues qu’on adorait en dehors de Dieu telles que al-Lat et al-Ouzza.

En se tenant aux orientations du Coran et de la Sunna, les musulmans portèrent à l’Histoire un grand intérêt. En effet, ils composèrent différentes encyclopédies renfermant l’histoire des peuples, des Etats et des rois ; l’histoire des gens fiables parmi les savants, les traditionnistes, les jurisconsultes, les vertueux, les généraux, les hommes de lettres, les gouverneurs, les poètes, les médecins, les linguistes et autres ; ainsi que l’histoire des savants qui se sont illustrés dans une science parmi les sciences, un art parmi les arts ou dans un domaine parmi les domaines.

D’ailleurs, les spécialistes de cet art (l’Histoire) s’accordent unanimement à compter parmi leurs sources, en plus des livres, des documents et des références écrites, les sites archéologiques et les monuments historiques, qui donnent des informations sur le niveau de civilisation ou de bédouinité d’un peuple ; sur son progrès ou son arriération, sur son lettrisme ou son illettrisme. Il est donc indispensable de les préserver afin qu’ils témoignent des nations antérieures.

D’autant plus que le suivant peut tirer profit de ce qu’a fondé le précédent, en construisant dessus ou en y apportant des ajouts.

Et s’il s’avère que le destin divin a puni les précédents par l’anéantissement et la destruction à cause des malfaisances, des excès et de la corruption qu’ils ont commis sur terre, il est indispensable d’en tirer des enseignements : «  N’ont-ils pas parcouru la terre pour voir ce qu’il est advenu de ceux qui ont vécu avant eux ? Ceux-là les surpassaient en puissance et avaient labouré et peuplé la terre plus qu’ils ne l’ont fait eux-mêmes. Leurs messagers leur vinrent avec des preuves évidentes. Ce n’est pas Dieu qui leur fit du tort ; mais ils se firent du tort à eux-mêmes. » (Sourate 30, Verset 9).

« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les ‘Aad, avec Iram, la cité à la colonne remarquable, dont jamais pareille ne fut construites parmi les villes ? Et avec les Thamoud qui taillaient le rocher dans la vallée ? Ainsi qu’avec Pharaon, l’homme aux épieux. Tous étaient des gens qui transgressaient dans leurs pays, et y avaient commis beaucoup de désordre. Donc, ton Seigneur déversa sur eux un fouet du châtiment, car ton Seigneur demeure aux aguets » (Sourate 89, Versets 6 – 14).

Il est ainsi important de préserver le patrimoine architectural des nations antérieures pour tirer profit matériellement et moralement.

D’autant plus que la découverte de certains de ces vestiges vient confirmer ce qui est mentionné dans le Coran, ce qui fera accroître la foi des croyants.

Il n’est pas permis de détruire ces sites et vestiges sous prétexte qu’ils provoqueraient une tentation (fitna) comme la sanctification ou autre. En effet, nous avons vu de précieux vestiges dans différents pays sans qu’ils soient un objet de tentation ou d’égarement pour les gens et sans que ces vestiges n’aient d’impact sur leurs croyances. Comme le souligne les savants, l’excès dans le principe de précaution (sad adh-dhara-i’) n’est pas permis afin de ne pas manquer de nombreux avantages pour la nation.

Cheikh Youssef al-Qaradawi, fatawa mou’asira, tome 4 ; p 615 – 617, traduit par Havre de Savoir

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