L’une des maladies les plus dangereuses qui puissent toucher l’être humain est la dureté du cœur. C’est un mal qui a atteint notre communauté. Or, les cœurs endurcis qui ne sont capables d’aucun sentiment de foi, et restent insensibles au rappel de Dieu, doivent être traités de façon urgente. Dieu dit dans le Coran: «Le moment n’est-il pas venu pour les croyants de se recueillir en leur cœur à la mention de Dieu et  [à la mention] de la Vérité qui a été révélée, et de ne pas être comme ceux qui ont reçu le Livre avant eux: ils trouvèrent le temps long et leurs cœurs s’endurcirent. Et beaucoup d’entre eux sont pervers» (Coran:57, 16).

Les savants musulmans ont décrit pour nous le chemin qui permet d’obtenir ce sentiment de foi.

Nous devons d’abord nous tenir fermement aux Noms et aux attributs divins. Le recueillement, l’humilité et la dévotion naissent en effet de la connaissance de ces Noms suprêmes, et de ces qualités parfaites. Le savant Abû al-Hassan an-Nadawî  ̶  que Dieu lui fasse miséricorde  ̶  a mis en évidence ce point dans ses écrits: «Ce sont les qualités divines dit-il en substance, qui font grandir l’amour, naître la tendresse, et c’est pourquoi le Coran mentionne fréquemment ces qualités».

Le tawhîd en Islam (l’unicité de Dieu) comprend deux aspects: une part qui relève de la négation, qui est purement rationnelle, et qui est comprise de façon générale et une part qui relève de l’affirmation, qui touche au domaine de notre relation affective à Dieu, et qui est exposée de façon détaillée à travers les Noms et les attributs divins. Sans la connaissance de ces Noms, nous ne pourrions pas être animés du sentiment de la foi. Ce que le Shaykh Ibn Taymiyya  ̶  que Dieu lui fasse miséricorde  ̶  résumait en une expression très claire: «La négation généralisée, et l’affirmation détaillée».

Chacun peut le comprendre aisément à travers l’exemple suivant: Nous disons lâ ilâha illa-Llâh: Il n’est de dieu que Dieu. La première partie de cette expression, lâ ilâha il n’est point de dieu est parfaitement rationnelle, et tout musulman la comprend avec sa raison: cette étoile n’est pas Dieu, cette idole n’est pas Dieu, cet  ̶  homme Pharaon ou quiconque  ̶  n’est pas Dieu. Mais la foi musulmane ne s’arrête pas là, au niveau général de la négation. Elle ajoute une affirmation suprême: Point de dieu, sinon Dieu (illa -Llâh), Allah, qui est le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux, le Pur l’Apaisant… Or, le cœur de l’homme ne parvient à l’humilité que par la connaissance de Ses Noms. Pour nous rapprocher de Ses Noms et de Ses qualités divines, il convient de suivre la voie suivante:

– Premièrement, il faut en comprendre la signification. Celui qui sait quel est le sens d’Al-Qahhâr (le Tout et Très Contraignant), Al-Jabbâr (le Dominateur suprême), Al-Muntaqim (le Vengeur), est amené à craindre Dieu son Créateur et humilier son cœur. Celui qui sait le sens d’Al-Khâliq (le Créateur), Al-Qâdir (le Puissant), et qui observe les merveilles de la création, est amené à craindre Dieu et humilier son cœur. Celui qui sait le sens d’Ar-Raqîb (le Vigilant), Al-Hasîb (Celui qui tient compte de tout), va s’interdire ce qui est défendu, et agir en se sachant observé, même lorsqu’il est seul. Et ainsi de suite. La connaissance de ces Noms conduit l’adorateur à se conformer à un mode de vie conforme à l’éthique musulmane, et rechercher l’agrément divin.

– Deuxièmement, il faut reconnaître ces Noms sans en transformer, en nier ou en interpréter abusivement le sens. Telle était la voie des premières générations de l’Islam. Les considérations purement logiques et théoriques relevant de la spéculation ne nous sont ici d’aucune utilité: il convient plutôt de suivre la voie de notre Prophète (صلى الله عليه وسلم).

– Troisièmement, il faut invoquer Dieu au moyen de Ses Noms, selon les besoins et les circonstances. Celui qui demande à être nourri, qu’il invoque Dieu par le Nom: Ar-Razzâq (Celui qui pourvoit, Celui qui sustente). Celui qui a peur, qu’il L’invoque par le Nom: As- Salâm (l’Apaisant), Al-Mu’min (le Rassurant). Celui qui est confronté une difficulté, qu’il L’invoque par le Nom: Al-Wakîl (le Gérant, Celui à qui on se confie). Celui qui est malade, qu’il L’invoque par le Nom: Ash- Shâfî (le Guérisseur), et ainsi de suite.

Aujourd’hui, dans nos communautés, les musulmans se sont cartés de cette pratique essentielle qui consiste à vivre avec les Noms divins. Le sujet ne leur est exposé la plupart du temps que de façon théorique, et l’on néglige de détailler l’influence bénéfique que comprennent ces Noms et ces qualités divines sur le cœur des croyants.

Parmi les choses qui nous aident à renforcer notre lien avec Dieu, il y a donc la connaissance des Noms et des attributs de Dieu. Le fait d’en méditer le sens, d’en comprendre les exigences et les conséquences, ce qui nous conduit à lier notre cœur à Dieu, et nous détacher des Créatures.

Ibn al-Qayyim  ̶  que Dieu lui fasse miséricorde – affirmait: «Parmi les expériences qu’ont vécues ceux qui ont emprunté un chemin vers Dieu, et dont ils ont découvert la véracité, il y a le fait suivant: celui qui dit constamment «Ô Toi le vivant, le Subsistant par Soi qui maintient l’ordre de toute chose (Yâ Hayyu, yâ Qayyûm lâ illâha illa Ant)!», cela a pour conséquence de donner vie à son cœur et sa raison. Le Shaykh Ibn Taymiyya  ̶  que Dieu purifie son âme  ̶  prononçait cette formule avec véhémence. Et il me dit un jour: «Ces deux Noms le Vivant, le Subsistant par Soi qui maintient l’ordre de toute chose (Al-Hayyu, Al-Qayyûm) ont une influence importante sur la vie des cœurs»».

Extrait de «L’éducation du cœur ou le sens de la vie» Disponible à l’achat sur ce lien

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