Cette troisième partie sera consacrée à l’âme, qui est une partie tout aussi importante du corps humain. L’âme humaine est prédisposée à la piété comme à l’impiété.

Il va s’en dire que les savants ont développé un sport olympique pour cette partie de l’être humain, on l’a nomme le soufisme ou plus communément la purification de l’âme. C’est un sport que tout musulman est obligé de pratiquer, tout savant a écrit dans ce domaine. Ce sport a son importance capitale dans le Coran :

“Par le Soleil et son premier éclat, par la lune quand elle lui succède, par le jour quand il éclaire le monde par la nuit quand elle l’obscurcit , par le ciel et Celui qui l’a édifié, par la terre et Celui qui l’a étendue, par l’âme et Celui qui l’a équilibrée et lui a inspiré son libertinage et sa piété! En vérité, l’homme qui purifie sera sauvé et celui qui la corrompt sera réprouvé!” (Sourate 91 verset 1-10)

Dieu Emploie donc sept serments successifs pour nous dire: celui qui purifie son âme sera sauvé et connaîtra la félicité, tandis que celui qui la corrompt sera réprouvé et perdu.[1]

Es-tu un sportif de haut niveau ?

Ce que nous enseigne les ouvrages de purification, c’est qu’il existe 3 niveaux de championnats (voir 4 pour certains). Chaque niveau à ses difficultés et demande un entrainement sérieux et rigoureux :

Niveau débutant : correspond à l’âme qui incite au mal (an-nafs al-ammara).C’est celle qui est attirée par la nature physique, qui réclame les plaisirs et la satisfaction des désirs sensuels et qui entraîne le cœur vers le bas, d’où émanent les vices et les mœurs répréhensibles.

Niveau semi-pro : correspond à l’âme qui se blâme (an nafs al-lawwama).C’est celle qui se réprimande pour ce qu’elle a fait et regrette, se reprochant d’avoir commis des fautes et de ne pas avoir accompli assez de bonnes actions.

Niveau professionnel : correspond à l’âme apaisée (an nafs al mutma’inna).C’est une âme qui a goûté à la douceur de la foi et ne se satisfait de rien d’autre. Ayant ressenti le bonheur de la proximité intime de Dieu, elle est à l’abri de l’ennui, de la tristesse, de la peur, de l’agitation psychologique, etc…

Entraîner son âme comme un sportif de haut-niveau

“S’entrainer, c’est s’engager dans un projet de transformation qui doit nous conduire à mieux connaitre notre corps, mais aussi à l’écouter avec une plus grande acuité. En simplifiant, on pourrait dire que l’entrainement vise à provoquer des déséquilibres au sein de l’organisme pour qu’en réponse celui-ci s’adapte et devienne plus fort. Dans un premier temps c’est difficile, puis au bout d’un moment, l’effort fait du bien, on se sent vraiment mieux, serein voir euphorique.”[2]

L’âme est comparable à un muscle, il faut qu’elle fournisse de l’effort pour se développer. Lorsqu’on regarde le programme d’un haltérophile, il met en pratique son programme quotidien qui consiste à travailler chaque muscle de son corps afin d’évoluer et de devenir performant. L’âme a besoin du même traitement, bien que les moyens soient différents de ceux utilisés pour travailler le muscle. La démarche reste la même, c’est à dire qu’il faut s’entraîner dur pour atteindre le niveau qu’on veut espérer.

La fréquence un élément important de l’entrainement

Si on veut s’attendre à des progrès, il faut planifier ses séances, ces moments spirituel qui nous couperont de notre quotidien, pour enfin donner à notre âme ses droits : celui de se reposer, de se nourrir des paroles de Dieu, de méditer. L’homme dans sa structure imparfaite ne peux pas maîtriser ou évoluer sur un élément simplement en le travaillant une fois dans sa vie. La répétition est importante pour développer l’élément. Il en est de même pour l’âme, on doit la développer continuellement et quotidiennement.

L’entrainement c’est aussi le repos

Une histoire me vient à l’esprit, celle du compagnon Handhala qui alla voir le Prophète (saws) car il pensait qu’il était hypocrite. Il trouvait son état spirituel faible lorsqu’il était seul et fort lorsqu’il était avec le Prophète (saws). Sur le chemin, il rencontra Abou Bakr qui ressenti le même sentiment. Ils allèrent voir le Prophète, qui leurs dit : “Par celui détient mon âme dans Sa Main, si vous persistiez dans le même état dans lequel vous vous trouvez auprès de moi et dans le souvenir constant de Dieu, les Anges vous salueraient dans vos lits et dans vos chemins, mais sache, ô Habdhala qu’il y a un temps pour tout”. [3]

L’être humain ne peut constamment demeurer dans le même état spirituel. Au contraire, il doit se reposer pour devenir fort dans sa pratique spirituelle.

L’alimentation, un point important dans cette pratique

Comme on le sait de manière générale, le sport ne fait ni maigrir ni grossir, tout dépend de l’alimentation qu’on donne à notre corps. Ici, c’est la même chose, l’impact que peut avoir le programme et la pratique spirituelle sera déterminé par la nourriture qui alimente l’âme. On peut pratiquer ce sport, mais si on le nourri de pêchés, on obtiendra rien d’utile. Si on l’a nourrissait par le Savoir et le rappel de Dieu, on ne peut profiter que des bienfaits de ce programme.

L’âme peut avoir des maladies, et selon le niveau de l’âme, elle peut aimer et s’attacher à ces maladies. Elles sont nombreuses, parmi elles : l’ostentation, l’orgueil, la vanité, l’égoïsme, la jalousie, l’amour de l’argent, l’appétit charnel. Mais à chaque maladie son remède. L’héritage musulman qui est une pharmacie géante pour l’âme abonde de médicaments, il faut juste savoir consulter un pharmacien pour lui demander le bon médicament à la bonne maladie.

Qu’attend-on nous ?

Je finirais par une citation d’un nageur américain Mark Spitz qui disait à propos du succès :

“Nous aimons tous gagner, mais combien aiment s’entraîner ? “

Cette situation résume très bien la réalité de beaucoup de personnes, ils veulent atteindre leur objectif mais très peu s’en donnent les moyens. La culture de l’effort se perd à petit feu.

Vous pourrez trouver quelques livres concernant le combat de la purification de l’âme. Louanges à Allah,  des professeurs et savants ont écrits dans ce domaine et ils sont nombreux. Pour n’en citer  que deux en langue française : “Cheminer vers Dieu” de cheikh Mohamed Minta et “La purification de l’âme” de cheikh Moncef Zenati.

Des ouvrages de littérature islamique sont aussi disponibles en français tels que “La revivification des sciences religieuses” de l’imam Abou Hamid Al-Ghazzali, “Le sentier des itinérants” de l’imam Ibn qayyim al Jawziya”. Voilà des armes qui doivent être entretenues. Elles sont comparable aux vêtements du sportif qui sans cela ne peut pratiquer son sport. Ce sont des livres reconnus par leur qualité, donc n’hésitez pas à les acheter.

Aymen Chtioui

[1] Extrait du livre “cheminer vers Dieu”, Mohammed Minta. p.13

[2] “Sport, santé et préparation physique”, p.372

[3] Rapporté par Muslim

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