On entend par « salafis » (as-salafiyoun) ceux qui se sont attribués ce qualificatif, bien que l’attribution de leurs avis aux pieux-prédécesseurs est discutable. Cette tendance est apparue la première fois au quatrième siècle de l’Hégire au sein de l’école hanbalite. Elle réapparaît au 7ème siècle à travers Ibn Taymiya qui va revivifier ce courant. Jusqu’à Ibn Taymiya, les hanbalites étaient ash’arites (voir vidéo).

Ibn Taymiya va s’opposer à la méthodologie ash’arite en voulant ramener l’étude des dogmes à ce qu’elle était du temps des compagnons et des tabi’ines. Il affirme que la position des salafs consiste à reconnaître le sens littéral de tout ce qui est énoncé dans le Coran, sans recours à l’interprétation métaphorique (ta-wil).

Les salafis sont malheureusement tombés dans l’excès lorsqu’ils sont devenus intransigeants avec les autres avis, considérant leurs avis comme les seuls à être fidèles aux salafs. Comme nous relate cheikh Moncef Zenati dans cette vidéo, de nombreux savants hanbalites vont s’opposer à cette conception rigoriste, à l’instar de l’imam juriste hanbalite Ibn Al Jawzi, qui va s’opposer à eux en réfutant l’appartenance de cette attitude aux salafs et à l’imam Ahmed (fondateur de l’école hanbalite).

Le fait que des savants hanbalites se soient opposés à cette tendance explique pourquoi ce courant disparut au 4ème siècle avant de revenir avec force et audace par Ibn Taymiya trois siècles plus tard.

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