Dix choses, desquelles  on ne tire aucun profit, sont inutiles :

Une science que l’on ne met pas en pratique ; une œuvre dénuée de toute sincérité et non conforme à la Sunna ; des biens que l’on ne dépense pas, dont le propriétaire ne jouit pas dans ce bas monde et qu’il n’investit pas non plus pour l’au-delà ; un cœur vide de l’amour d’Allah, de l’ardent désir de Le rencontrer et de jouir de Sa compagnie ; un corps incapable d’obéir à Allah et de Le servir ; un amour qui ne se soucie pas de plaire à l’ Etre aimé ou d’obéir à Ses ordres ; du temps que l’on utilise pas dans l’expiation des fautes passées, ou dont on ne profite pas pour accomplir un acte de bien qui rapproche d’Allah ; des pensées qui portent sur des sujets vains ; se mettre au service d’une créature dont le service ne rapproche pas d’Allah et n’apporte aucun intérêt matériel ; éprouver crainte et espérance envers une créature, alors que tu sais que ton âme est entre les mains d’Allah, qu’elle est prisonnière de Sa Poigne et qu’ elle ne possède la faculté de faire ni le mal ni le  bien pour elle-même, et qu’elle n’est maîtresse ni de sa mort, ni de sa vie ni de sa propre résurrection.

Corrompre son cœur et gaspiller son temps sont les pires formes de dilapidation. Elles en sont aussi le fondement. La corruption du cœur vient de la préférence que l’on accorde à ce bas monde par rapport à l’au-delà. Le gaspillage du temps quant à lui est dû à la conviction que l’on vivra longtemps. Tout le mal se résume donc au fait de suivre ses passions et au fait de croire que la vie sera longue. Et tout le bien se résume donc à suivre le droit chemin et à se préparer pour rencontrer Allah. Et c’est d’Allah que nous implorons l’aide.

Il est étonnant de voir que lorsque l’homme éprouve quelque besoin matériel, il dirige tous ses espoirs et oriente toutes ses demandes à ce sujet vers Allah. Alors que dans le même temps, il omet de demander à Allah d’accorder la vie à son cœur en le sauvant de la mort que causent l’ignorance et le détournement , et en le guérissant de la maladie des désirs et des ambiguïtés. Hélas, lorsque son cœur périt, l’homme n’éprouve plus de répulsion à désobéir à Allah.

Les Méditations d’Ibn al-Qayyim

1 commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Votre Nom