Les questions provenant des musulmans résidents aux Etats Unis d’Amérique et au Canada se sont multipliés à propos du statut juridique de l’emprunt bancaire  dans ces pays, avec intérêts en vue de l’acquisition d’un logement de résidence, en remboursant le montant du prêt et des intérêts qu’il génère échelonné sur une longue période, comme vingt ou vingt-cinq ans, à condition de posséder le logement après l’acquittement du prêt. De cette façon, ils solutionneront la question du logement par un coût moindre que s’ils voulaient louer.

Dans ces pays, soit la personne achète son logement comptant, ce qui est extrêmement rare vue la hausse des prix, soit elle loue, et les loyers sont chers, soit elle contracte un prêt bancaire avec intérêts équivalent au prix du logement, et échelonne le remboursement sur une longue durée –comme nous l’avons déjà évoqué – au terme de laquelle il devient acquéreur du logement. Habituellement, dans ce cas, les mensualités du remboursement du prêt et des intérêts dus à la banque sont inférieures aux loyers, et pourtant elle finit par acquérir le logement.

Après réflexion et examen des textes, j’ai trouvé que l’avis de l’imam Abou Hanifa et de son élève Mohamed ibn al-Hassan concernant le musulman en terre non-musulmane, bénéficiant d’un pacte de sécurité de la part des non-musulmans, consiste à permettre ce genre d’emprunt avec intérêts pour le musulman résident en ces lieux en vue d’acquérir d’un logement en guise de résidence, si le contexte est identique à la situation décrite auparavant.

En effet, selon l’avis d’Abou Hanifa et de son élève l’imam Mohamed, Quiconque entre dans une terre non-musulmane  en toute sécurité, c’est-à-dire avec leur permission, la partie de leurs biens qu’ils lui donnent de leur gré sans tromperie de sa part lui est permise, même par des moyens islamiquement interdits comme l’usure « ar-riba » en le prenant de leur part, mais pas en leur donnant l’usure, car les biens des non-musulmans en situation de guerre contre les musulmans ne sont pas protégés, mais puisqu’il est entré en toute sécurité, il ne lui est pas permis d’en prendre une partie sans leur accord.

Mais l’interdiction de leur donner le produite de l’usure a pour but d’épargner les biens des musulmans. Si la situation s’inverse, et que bénéficier du prêt en leur donnant les intérêts accroît davantage les biens du musulman, à l’instar de la situation déjà décrite (l’acquisition d’un logement au terme d l’acquittement), il faut alors inverser le statut juridique, car ce dernier est applicable en fonction de sa « raison d’être » (‘illa), étant donné que le prêt avec intérêts permet d’accroître les biens du musulman, plus que ne le permet la location, qui à son terme, le musulman en sort sans aucun bien, et le logement demeure dans la possession du propriétaire.

Aussi, la considération est accordée au résultat des deux cas : lequel des deux est plus avantageux au musulman en terre non-musulmane. Sans aucun doute, l’emprunt bancaire avec intérêts est plus avantageux quant à l’accroissement des biens du musulman conformément à l’avis d’Abou Hanifa et à la raison d’être de cet avis. Cet emprunt est alors permis, notamment pour quiconque incapable d’acheter un logement de ses propres biens.

Et ce, en dépit des impôts générés par le prêt bancaire car l’achat par ses propres biens ou la location génèrent également dans ces pays des taxes considérables.

Selon la terminologie hanafite, l’expression « dar al-harb » ne signifie pas que cette demeure soit en guerre avec les musulmans, elle désigne la terre non-musulmane, indépendante, n’étant pas sous l’autorité de l’islam.

Le 4/6/1418 correspondant au 5/10/1997
Tiré du livre « fatawa ash-sheikh Moustapha az-Zarqa » p 625 – 626

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