Qu’on le veuille ou non, notre passé nous accompagne dans notre avenir. Il tente tout au long de notre vie de reconquérir son influence, bonne ou mauvaise, en s’actualisant dans notre présent, soit de manière consciente par le souvenir, soit de manière inconsciente.

Notre éducation passée nous poursuit lorsque nous la reproduisons sans y prendre garde ; notre jeunesse nous rattrape par la nostalgie d’un passé idéalisé ou le regret de nos erreurs. Aussi, est-il très important lorsque l’on est musulman et que l’on fait partie des convertis ou des reconvertis, de distinguer clairement ce qui nourrit notre envie de vivre.

Les larmes du repentir que l’on versera sur notre passé féconderont notre avenir sur Terre et dans l’Au-delà. D’après une tradition prophétique « Le Croyant est entre deux craintes : celle de son passé, dont il ne sait pas ce que Dieu va faire, et celle de son avenir, et il ne sait pas ce que Dieu a jugé à son propos. » Pour réparer le temps perdu et celui qu’il a passé à désobéir à Dieu avant son mariage, le musulman devra employer son présent à bon escient et ne souhaiter l’avenir que pour en faire un bon usage. De ce fait, il devra être honnête avec lui-même, et prendre en compte l’impact de son passé sur son comportement relationnel présent.

Jacques Salomé diplômé en psychiatrie sociale a dit à ce sujet : « Je ne peux pas changer les événements de ma vie passée, mais je peux changer ma façon de les vivre. Car si je ne peux pas avoir d’influence sur mon passé, je peux en avoir beaucoup sur ce que j’en fais aujourd’hui. »

En effet, comme l’a si bien dit Anna Freud « La vie c’est comme une partie d’échecs : les premiers coups sont très importants mais tant que la partie n’est pas terminée, il reste toujours de jolis coups à jouer ! »

Si par le passé, un frère ou une sœur ont eu des aventures et s’en sont repentis, ils ne sont pas arrivés au bout de leur cheminement personnel pour autant : il leur reste encore une étape à franchir. Celle-ci consiste à gommer les séquelles psychologiques laissées dans leur psyché par ces relations immatures. Ces personnes vont devoir faire un effort de foi pour ne pas calquer dans ces dimensions amoureuse et sexuelle, leur future relation maritale sur ces relations passées. En effet, ces relations hors mariage n’ont été que le fruit malsain d’une incapacité à maîtriser leurs désirs et à les exprimer à leur juste place. Entretenir leur souvenir en calquant sa relation maritale sur eux, c’est non seulement risquer d’être perpétuellement frustré et insatisfait, mais aussi risquer d’aspirer perpétuellement à « aller voir ailleurs » et peut-être, ne pas se contenter d’un seul partenaire.

Le cœur est un réceptacle qui se salit par les péchés, il se nettoie par le repentir et se polit par l’éducation et le savoir. Si le polissage du cœur est inachevé, la relation du futur couple en pâtira. Ce n’est pas parce que l’on a la maturité physique requise pour avoir des relations sexuelles que l’on a la maturité psychologique nécessaire.

Comme l’a dit Kant dans son article  La métaphysique des mœurs « les relations charnelles ne sont pas incompatibles avec le respect de soi-même si, et seulement si, elles ont lieu dans le cadre du mariage. »

Une sexualité saine, sécurisante et épanouie ne peut avoir lieu que dans les liens sacrés du mariage. Nous le verrons.

Extrait de « Il était une fois… un Homme, une Femme… »
de Myriam Lakhdar Bounamcha
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