En islam, la générosité est une qualité qui mène au Paradis. Le Prophète (saws) était d’une générosité incomparable, inégalée et inégalable. Dieu lui a octroyé le cinquième du butin. Si le Prophète (saws) était motivé par les richesses de ce bas-monde, il serait certainement devenu l’être le plus riche de son époque. A titre d’exemple, le cinquième du butin de la bataille de Hounayn correspondait à huit mille ovins, quatre-mille-huit-cents chameaux, huit mille onces d’or et mille-deux-cents captifs ! Le cinquième de ceci revenait de droit au Messager de Dieu (saws) et à sa famille ! A combien pourrait s’élever la fortune du Prophète (saws) s’il avait amassé sa part de butin lors de toutes les batailles remportées?

Mais l’histoire nous dit que le Prophète (saws) décéda alors que son bouclier était hypothéqué chez un juif, en garantie d’une dette. Le Prophète (saws) ordonnait de distribuer son éventuel héritage aux pauvres parmi les musulmans, interdisant ainsi à sa famille de l’hériter. Il ne portait que des vêtements rugueux. Il ne dormait que peu, subissait la faim durant des jours et craignait qu’il reste chez lui des biens qu’il n’avait pas distribué aux gens. Cela démontre l’extrême générosité du Prophète  (saws) et la pureté de cette âme qui ne peut être qu’une âme de Prophète, car seule une âme prophétique peut faire preuve d’une telle munificence et se contenter d’une telle vie alors qu’il pouvait vivre autrement.

Ibn ‘Abbas, que Dieu l’agrée, dit : « Le Messager de Dieu (saws) était l’homme le plus généreux qu’il connaissait. C’était au mois de Ramadan, quand il rencontrait Gabriel, qu’il était le plus généreux. Or, Gabriel le rencontrait chaque nuit du mois de Ramadan et lui faisait réviser le Coran. Quand Gabriel rencontrait le Messager de Dieu (saws), ce dernier était certainement plus généreux à dispenser le bien que le vent qui souffle sans arrêt».[1]

Le Prophète (saws) dit un jour à Abû Dharr, que Dieu l’agrée : « Ô Abû Dharr ! Vois-tu la montagne d’Uhud ?! »  « Je n’aimerais pas avoir en ma possession l’équivalent d’Uhud en or sans que je ne le donne entièrement en aumône à l’exception de trois dinars ».[2]

Jamais on n’a demandé quelque chose au Messager de Dieu (saws) et qu’il ait dit « Non ! ».[3]

D’après Anas, que Dieu l’agrée : « Il n’est pas une seule fois où l’on ait demandé quelque chose au Messager de Dieu (saws) comme prix d’une entrée en islam et qu’il ne l’ait pas donnée.Une fois, quelqu’un vint à lui et il lui donna un troupeau remplissant l’espace qui séparait deux montagnes. Cet homme retourna parmi les siens et leur dit : « Ô mon peuple ! Entrez en islam car Mohammad donne à la manière de celui qui ne craint pas la pauvreté ». Et effectivement, on voyait quelqu’un entrer d’abord en islam ne visant par cela que les biens de ce monde, mais il ne tardait pas à aimer l’islam bien plus que ce monde et tout ce qu’il comportait ».[4]

A son retour de la bataille de Hounayn, des bédouins s’accrochèrent à lui, lui demandant des parts du butin, si bien qu’ils l’acculèrent à des arbustes épineux qui lui arrachèrent son manteau. Le Prophète (saws) s’arrêta et leur dit : « Donnez-moi mon manteau. Si j’avais du bétail au nombre de ces arbustes, je le partagerais entre vous et jamais vous ne me trouverez ni avare ni menteur, ni lâche ».[5]

‘Aïsha, que Dieu l’agrée, dit qu’ils avaient immolé un mouton. Le Prophète (saws) dit : « Qu’est-ce qui en est resté ? » Elle dit : « Il n’en reste que cette épaule ». Il dit : « Le tout est resté sauf son épaule ! »[6]

En fait, la famille du Prophète (saws) avait donné en aumône tout le mouton à l’exception de l’épaule. Le Prophète (saws) leurdit alors, qu’en réalité, seul ce que nous dépensons pour l’au-delà nous reste et c’est ce que nous gardons qui s’en va.

Un homme vint au Messager de Dieu (saws) avec un manteau tissé. Il lui dit : « Je l’ai tissé  de mes mains pour que tu le portes ». Le Prophète (saws) qui en avait besoin le prit, le porta et sortit. Un homme lui dit : « Donne-le moi, il est si beau ! » Il accepta. Le Prophète (saws) s’assit un moment avec les compagnons puis rentra chez-lui. Il plia le manteau et l’envoya à cet homme. Les gens lui dirent : « Tu n’as pas fait quelque chose de bien ! Le Prophète (saws) l’a porté car il en avait besoin, et voilà que tu le lui demandes, sachant bien qu’il ne déçoit aucun demandeur ». Il dit : « Par Dieu, je ne le lui ai pas demandé pour m’en vêtir mais je voulais uniquement en faire mon linceul » Effectivement, ce manteau lui servit de linceul[7].

Ar-Roubaï’ fille de Mou’awwidh ibn ‘Afra dit : « Mou’awwidh ibn ‘Afra m’envoya donner au Prophète (saws) des dattes et des concombres, sachant que le Prophète (saws) aimait les concombres. Des parures provenant du Bahreïn lui étaient offertes. Il remplit ses deux mains d’or et me les donna, et me dit : « Porte ces parures » ».[8]

En sortant pour affronter la tribu de Hawazin (qui avait formé un front avec la tribu de Thaqif pour attaquer les musulmans), le Prophète (saws) emprunta de Safwane (qui n’était pas encore musulman) ses armes. Safwane lui dit : « De gré ou de force ? ». Le Prophète (saws) répondit: « Il s’agit d’un emprunt dont le retour est garanti ». Après la bataille, le Prophète (saws) marcha au milieu du butin, accompagné de Safwane. Safwane se mit à contempler longuement cet énorme troupeau de bétail qui remplissait l’espace situé entre les deux montagnes alors que le Prophète (saws) l’observait. Le Prophète (saws) lui dit : « Ceci te plaît-il ? » Safwane répondit : « Oui » Le Prophète (saws) lui dit : « Il est à toi avec ce qu’il contient ». Safwane dit alors : « Aucune âme ne pourrait être aussi charitable à l’exception de l’âme d’un Prophète ! J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu, et que Mohammad est Son serviteur et Son Messager ».[9]

Voici quelque exemples de la générosité du Prophète (saws) qui dépassent tous les récits que connaissent les gens au sujet des âmes charitables ; une générosité qui fait en sorte que son auteur choisisse une vie de renoncement, de privation et de difficulté ; une vie que nul ne pourrait supporter sauf lui et sa famille, malgré les richesses qu’il pouvait posséder, malgré son autorité et son pouvoir et malgré les nombreuses ressources. De plus, s’il souhaitait avoir pour lui-même une part des biens appartenant aux musulmans, ces derniers se seraient montrés extrêmement généreux. Mais il ne  fit  rien de tout cela car la noblesse de son âme l’empêchait de convoiter les biens des autres ; une noblesse d’âme qui le poussait à se libérer des contraintes matérielles de ce bas-monde. Il s’agit d’une morale prophétique.

Moncef Zenati

[1] – Rapporté par al-Boukhari et Mouslim

[2] – Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim avec des termes différents.

[3] – Rapporté par al-Boukhari et Mouslim

[4] – Rapporté par Mouslim

[5] – Rapporté par al-Boukhari

[6] – Rapporté par at-Tirmidhi

[7] – Rapporté par al-Boukhari

[8] – Rapporté par at-Tabarani et Ahmed

[9] – Rapporté par Ibn ‘Asakir

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