L’islam garantit aux non-musulmans vivant au sein de la société musulmane une liberté religieuse totale en leur permettant de rester fidèles à leur religion. Nul ne peut être contraint à renoncer à sa foi. Toute pression qu’elle soit physique et psychologique est prohibée. Le principe étant le verset coranique : « Nul contrainte en matière de religion »

L’histoire nous démontre qu’aucun peuple musulman n’a essayé d’imposer l’islam aux minorités non-musulmanes.

De même, l’islam protège les lieux de culte des adeptes d’autres religions ainsi que leurs rites cultuels. Dans le pacte ratifié avec les habitants de Jérusalem, le Calife ‘Omar ibn al-Khattab y consigne leur liberté religieuse et la sacralité de leurs temples : « Voilà ce que le serviteur de Dieu, ‘Omar ibn al-Khattab, commandant des croyants, accorde aux habitants de Jérusalem comme sécurité : Il leur accorde la sécurité pour leurs vies, leurs biens, leurs églises, leurs croix et l’ensemble de leur dogme. Leurs églises ne peuvent être habitées, ni démolies, ni profanées. Il en est de même pour l’ensemble des propriétés des églises, de leurs croix et de leurs biens. Ils ne seront pas contraints à renoncer à leur religion. Aucune personne parmi eux ne sera opprimée »[1].

Dans le pacte ratifié avec les habitants de ‘Anat, Khalid ibn al-Walid, sous le califat de Abou Bakr, déclare : « Il leur appartient de faire retentir leurs cloches à toute heure, de nuit comme de jour, sauf aux moments des Prières (musulmanes), et de sortir leurs croix pendant leurs jours de fêtes »[2].

Et contrairement aux idées reçues, l’islam permet la construction d’églises, de synagogues et de temples en terre musulmane. C’est ce qui était pratiqué dès les débuts de l’ère musulmane. Plusieurs églises ont été construites en Egypte durant le premier siècle de l’Hégire dont l’église « Mar Marqus » en Alexandrie construite en l’an 39 et l’an 56 de l’Hégire. La première église construite au Caire fut construite sous le gouvernorat de Maslama ibn Moukhallad sur l’Egypte entre l’an 47 et 67 de l’Hégire. Lorsque ‘Abdoul’Aziz ibn Marwan a construit la ville de Hulwan, il y autorisa la construction d’une église et de deux monastères. Mu’awiyah a entièrement financé, de ses biens personnels, la reconstruction de la grande église de ar-Raha suite à sa destruction causée par un tremblement de terre.

La tolérance dont fait preuve l’islam à l’égard des non-musulmans vivant au sein d’une société musulmane est telle qu’il accorde au non-musulman la liberté religieuse sans le contraindre à renoncer à une pratique qu’il considère obligatoire, ni à faire une chose qu’il considère illicite. Ainsi, si le juif croit qu’il est interdit de travailler le jour du « sabbat », il n’est pas permis de le charger d’un travail ce jour-là, car il ne pourra le faire sans avoir le sentiment de commettre un interdit. De même, si le chrétien considère obligatoire de se rendre à l’église le dimanche, il n’est pas permis de l’en empêcher ce jour-là.

La tolérance dont fait preuve l’islam à l’égard des non-musulmans vivant au sein d’une société musulman est telle qu’il n’imposer au non-musulman aucune restriction dans ce qu’il considère permis dans sa religion, quand bien même ceci est considéré comme illicite en islam.

Par ailleurs, les non-musulmans jouissaient d’une autonomie juridictionnelle.

Moncef ZENATI


[1] – référence précédente p 20

[2] – « ghayroul-mouslimin fil-moudjtama’il-islami » de Dr. Youssef al-Qaradawi p 20

1 commentaire

  1. Cet article est très intéressant, mais il a raison de conclure au passé. Il n’y a encore pas très longtemps, le Pape implorait l’Arabie Saoudite pour permettre la construction d’une première église sur son territoire. Les massacres de Chrétiens, et la destruction d’église, que ce soit en Egypte ou en Afrique centrale font encore les titres de nos journaux. Il bon de rappeler que ceci est contraire au principe de l’Islam.
    Cependant, la liberté religieuse, pose aussi le problème de l’apostasie. Je me rappelle d’un article intéressant disant que celle-ci avait été condamnée à l’époque du Prophète, car elle signifiait trahison du groupe et de la société, il semble que celle-ci est considérée comme un crime dans de nombreux pays Musulmans actuellement. La véritable liberté religieuse ne peut être compatible avec une condamnation de l’apostasie, ou ce serait une liberté d’un seul coup !

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