Palestine
Les palestiniens et avec eux tous les musulmans du monde commémorent aujourd’hui la nakba; la perte de la Palestine. Un bond dans le passé est parfois nécessaire pour mieux comprendre le présent, nous vous proposons de lire ou de relire l’article de Moncef Zenati sur l’histoire de cette injustice :
 

La création de l’état d’Israël ne fut pas une surprise. Ce fut le fruit d’une action minutieusement étudiée et planifiée par le mouvement sioniste cinquante ans ou plus auparavant ; depuis la fondation de l’organisation sioniste mondiale par Theodor Herzl qui a exposé dans son livre « l’Etat des juif » (le titre traduit en français est devenu « l’Etat juif ») les trois principes fondamentaux du sionisme sont : l’existence d’un peuple juif ; l’impossibilité de son assimilation par d’autres peuples ; d’où la nécessité de créer un état particulier qui prenne en charge le destin de ce peuple. Herzl présida le congrès de Bâle, en suisse, en 1897 et annonça que l’état juif verra le jour après cinquante ans. Et en effet, l’état juif fut créé cinquante et un ans après.

Au début, Herzl essaya de choisir un pays autre que la Palestine. La Palestine n’était pas la première option. Au début, il était question de pays d’Afrique ou d’Amérique latine : le Mozambique, le Congo, Ouganda, Chypre ou encore l’Argentine.

Mais les juifs à travers le monde n’accordèrent aucun intérêt à ce projet car ils étaient bien installés dans leurs pays et ne voulaient pas quitter ces pays.

Aussi, on pensa à introduire au projet sioniste un facteur religieux afin d’exciter les sentiments et d’aviver la nostalgie des juifs envers la Palestine et les souvenirs historiques des juifs en Palestine. Et en effet, le congrès sioniste de 1905 adopta l’idée de « la terre promise ». Ce fut un an après la mort de Herzl.

La colonisation britannique a bien sûr contribué activement à la création d’Israël, en particulier après le début de la première guerre mondiale en 1914, lorsque certains sionistes ont proposé des services aux britanniques, en particulier, le célèbre chimiste Haïm Weizmann qui leur proposa des substances explosives contre l’installation d’un foyer national juif en Palestine.

Vient alors la promesse maudite connue sous le nom de « la promesse de Balfour », Lord Balfour étant le ministre des affaires étrangères britannique. Ce fut le 2 novembre 1917.

Les troupes alliées entrèrent à Jérusalem en 1917. Il ne s’y trouvait alors aucun juif. En effet, après la conquête de Jérusalem, ‘Omar conclut un pacte avec les chrétiens de Jérusalem. Ces derniers posèrent comme condition de ne pas permettre aux juifs d’habiter Jérusalem à leurs côtés. En arrivant à Jérusalem, le général britannique Alan Bee déclara : « Aujourd’hui, les croisades sont finies ». A Damas, Son homologue français, le général Gouraud se présenta devant le tombeau de Saladin et dit après avoir frappé sur le tombeau : « Réveille-toi Saladin ! Nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant »

C’est alors qu’une vague d’immigrations de juifs en Palestine commença. Des colonies furent installées. Auparavant Herzl avait fondé un fonds mondial pour l’implantation juive pour l’achat des terres en Palestine. On proposa alors aux palestiniens d’acheter leurs terres. Les prix proposés étaient très attrayants et dépassaient de plusieurs fois, la valeur réelle des terres. Les plus modestes parmi les palestiniens refusèrent de vendre. Mais malheureusement, séduits par les gros chiffres avancés, des riches et des notables, parmi les non-musulmans notamment, finirent par vendre.

A louer ici, la position historique du sultan ‘Abdoul-Hamid II qui refusa et fit échoué la stratégie sioniste qui consiste à faire de la Palestine un état juif. Le Sultan refusa toutes les propositions financières et toutes les menaces bien qu’il était conscient que cette position ferme de sa part lui coûtera cher. Il répondit au leader sioniste Herzl : « Je ne pourrais céder ne serait-ce qu’un empan de la terre de Palestine. Elle n’est pas ma propriété mais la propriété de la nation musulmane ». Le sultan donne alors l’ordre d’interdire l’immigration des juifs en Palestine et propose le projet de l’Université Islamique pour contrer les convoitises chrétiennes et sionistes dans le monde musulman.

Les sionistes formèrent des organisations terroristes afin de semer la terreur pour forcer les palestiniens à quitter leurs terres. Ces organisations ; les premières organisations terroristes de l’histoire moderne ; étaient extrêmement organisées et armées contrairement aux arabes qui étaient dispersés, chaque village étant préoccupé par sa propre défense. Les arabes ne possédaient que peu d’armes. La possession d’armes était formellement interdite pour les arabes. Les britanniques avait décrété que tout palestinien en possession d’une seule balle était passible de 15 ans de prison.

Les palestiniens résistèrent avec bravoure. ‘Az ad-Din al-Qassam, le responsable de frères musulmans en Palestine, ouvra la voie de la résistance en 1935. Il tomba martyre le 20/11/1935. Une autre rébellion vit le jour sous la direction de cheikh  Amin al-Housayni en 1936. La grande grève de 1936 qui mobilisa tous les palestiniens fut une manifestation éclatante d’une volonté de résistance unitaire.

A force de massacre et de terrorisme, Israël réussit à établir son état, en massacrant sauvagement et sans pitié femmes, enfants et vieillards à Deir Yassin et en dehors de Deir Yassin. Le massacre de Deir Yassin fut perpétré le 9 avril 1948 par les combattants terroristes de l’Irgoun et du Lehi. Lorsque ces terroristes se saisissaient d’une femme palestinienne enceinte, ils pariaient sur ce qu’elle portait  dans le ventre : un garçon ou une fille ? Ensuite, ils l’éventraient et sortaient le fœtus, tuant ainsi à la fois la maman et l’enfant. Begin (premier ministre d’Israël de 1977 à 1983) assuma complètement ce massacre en disant : « Sans la victoire de Dir Yasin, Il n’y aurait pas eu d’état d’Israël ».

Le plus gros mensonge de l’histoire :

Pour justifier la création d’Israël, on se référa au propos de Herzl : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Sauf que la Palestine n’était pas une terre sans peuple. Un peuple y habitait depuis l’antiquité.

On inventa alors le plus gros mensonge de l’histoire : le droit historique des juifs à la Palestine. Les sionistes dirent : Cette terre nous appartient historiquement. C’est un mensonge. Mais apparemment, plus le mensonge est gros, plus on y croit facilement.

En effet, les traces archéologiques les plus anciennes découvertes en Palestine remontent à des peuples connus sous le nom de « cananéens », « amorites » et « Jébusites ». Il s’agit de tribus arabes antiques qui ont immigré de l’Arabie pour s’installer en Palestine. Ceci fait l’unanimité des historiens d’Orient et d’Occident. D’ailleurs, la Palestine est appelée dans la bible « terre de Canaan ». Il n’y a aucune mention des juifs pendant cette époque de l’Histoire.

Abraham a immigré en Palestine. Il est entré en Palestine en tant qu’étranger. D’ailleurs lorsque son épouse Sarah décéda, il fut dans l’obligation d’acheter une parcelle de terre pour l’y enterrer.

Ishaq et Ismaïl sont les deux enfants d’Abraham. Ils sont certes nés en Palestine mais ils n’étaient pas originaires de la Palestine. Jacob est le fils d’Ishaq. Joseph est l’un des fils de Jacob. Joseph arriva en Egypte alors qu’il était réduit à l’esclavage. Puis Dieu lui donna le pouvoir et il fut ce  ministre puissant d’Egypte. C’est alors qu’il demanda à son père et à sa famille de le rejoindre. Jacob prit alors toute sa famille et s’installa en Egypte sans plus jamais la quitter. Ainsi fut la fin de la présence de Jacob et de sa famille en Palestine. Les enfants de Jacob (desquels se réclament les juifs) ne sont pas restés en Palestine ne serait-ce que le temps d’une seule génération. Comment prétendre alors que la Palestine serait la terre des juifs sous le prétexte que Jacob y habita ?!

Un royaume juif a vu le jour en Palestine en 990 av.jc, mais nous savons que les cananéens et les Jébusites sont les premiers habitants de la Palestine depuis 2600 av.jc. C’est-à-dire qu’ils habitaient la Palestine 1600 ans avant l’arrivée des juifs ! Cela récuse catégoriquement tout droit des juifs à la Palestine et dément formellement leur ancienneté sur cette terre.

Sachant que ce royaume; le royaume de David et de Salomon n’a pas duré plus de 90 ans. Les juifs se dispersèrent par la suite dans le monde.

L’histoire nous révèle donc que la Palestine est aux palestiniens. L’entité sioniste a volé la terre des palestiniens. Israël est et restera l’agresseur. Les palestiniens, eux, sont les ayants droit historiques de cette terre. Ils se sont faits volés leur terre et la terre de leurs ancêtres. Ils sont et resterons les victimes ; les agressés. Résister est pour eux un  droit ; résister est un devoir. Une riposte est définie comme étant une réponse à une agression. Ce sont donc les palestiniens qui ripostent. On ne peut parler de riposte, de légitime défense ou de représailles pour l’agresseur. Daniel Desbiens, l’écrivain québécois dit : « Qui défonce une barrière viole sa propre liberté et ouvre la porte vers des représailles ».

Begin avait dit : « Je combats, donc je suis », et à cheikh Ahmed Yassin de répondre : « Je résiste, donc je suis ».

Moncef Zenati

5 Commentaires

  1. pourquoi l’Arabie Saoudite ne finance t elle pas des armées de combattants pour aller libérer la Palestine des griffes des sionistes au lieu de massacrer des syriens !

  2. salam ;.. bonne article , mais pas mal approximation niveau historique ;; le sionisme est né plus d’un siecle avant Theodor Herzl (voir le livre « le sionisme de Dieu » de DUVERNOY Claude‎ – 1970)

    les Saoud qui se voyaient récupérer la Palestine et la Syrie suite a une promesse et négociation des Anglais, du fait de leur coopération avec ces derniers (mémoires et lettre de T.E. Lawrence dit Lawrence d’Arabie)

  3. Les faits historiques sur la réalité de la presence des juifs n’est connus que de peu de gens.C’est un tres bon article en tous cas.
    Les juifs ont d’autant moins de légitimité sur cette terre que comme le rappelle Shlomo Sand un historien israelien,la plupart des juifs actuel,s dans leur composantes majoritaires ne sont que des convertis d’europe (les achkhénazes ) ou du maghreb (les séfarades)à la religion juive
    La revendication historique de cette terre par les juifs est une imposture sur toute la ligne

  4. comment ne pas rougir de honte quand on sait que l’Egypte ferme toujours Gaza, que le Qatar finance la campagne électorale de la droite sioniste et achète les résistants palestiniens pour qu’ils renoncent au droit au retour, que les Saoud ont renoncé à soutenir la résistance, que l’entité sioniste bombarde la Syrie sans que les Arabes ne réagissent solidairement avec elle, que certains musulmans préfèrent faire la guerre au Hezbollah qui est le seul mouvement arabe à avoir gagné une guerre contre les sionistes ???

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