Nous continuons nos discours au sujet de la purification de l’âme. La semaine dernière, nous avons entamé la station de la patience, car le chemin de la purification spirituelle est un chemin long et pénible, et exige de l’itinérant patience, endurance et persévérance.

En vérité, la patience est une qualité indispensable à l’être humain. Sans cette patience, il ne pourrait atteindre ce qu’il veut, car en général, tout objectif ne peut être réalisé qu’en supportant les désagréments, et ceci est vrai pour tous les aspects de la vie. En effet, l’étudiant ne peut réussir qu’en faisant preuve de patience, d’endurance et de persévérance dans ses études et en se privant de ce qui est agréable à son « nafs » (âme) tel que les loisirs et le repos. Le commerçant ne peut réaliser des bénéfices qu’en patientant, le travailleur ne peut produire sans patience et la terre de l’agriculteur ne peut être fructifiée qu’en faisant montre de persévérance.

Et si la patience est indispensable à l’être humain d’une manière générale, elle l’est d’autant plus pour le musulman. En effet, le musulman se doit de se garder du péché, or, les péchés procurent à l’âme un plaisir dont il est très difficile de se séparer. Il a donc besoin d’une grande maîtrise de soi et d’une ferme volonté qui l’empêcheront de commettre l’acte de désobéissance.

Le musulman se doit également d’accomplir les actes d’obéissance, et ceci exige un dévouement sans faille. Il se doit aussi de faire preuve de patience face au destin sans s’inquiéter pour ne pas être coupable de péché qui vient s’ajouter au manquement de la récompense divine.

C’est pour cette raison que la patience est divisée en trois catégories : la patience dans l’obéissance de Dieu, la patience face à la désobéissance et la patience face à l’adversité.

La patience dans l’obéissance à Dieu :

Cela consiste à observer les injonctions de Dieu avec assiduité, en toute sincérité et selon la forme prescrite par la législation musulmane.

Le Coran nous présente un excellent exemple de cette patience dans l’obéissance de Dieu lorsqu’il évoque le récit d’Ismaïl fils d’Ibrahim, que la Paix de Dieu soit sur eux. Lorsqu’il eut l’âge d’accompagner son père, ce dernier lui dit : « Ô mon fils, je me vois en songe entrain de t’immoler. Vois donc ce que tu penses. » Ibrahim, que la Paix de Dieu soit sur lui avait voué sa personne et toute sa vie à Dieu. Il sacrifia sa patrie et sa personne, et maintenant, il est éprouvé dans son enfant, son fils unique, l’être le plus cher à son cœur, l’enfant qu’il a si longtemps attendu. L’attitude de l’enfant ne fut pas moins extraordinaire que celle du père. Ismaïl dit : « Ô mon cher père, fait ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du membre des endurants » (les rangés : 102). Telle est la patience dans l’obéissance : obéir à Dieu en dépit des sacrifices.

La patience face à la désobéissance :

Cela consiste à s’écarter des péchés d’une manière continue. Le Coran nous cite un modèle de cette patience en la personne du prophète Youssouf (Joseph) que la Paix de Dieu soit sur lui qui fut exposé au péché lorsque la femme du roi qui l’avait recueillie dans sa maison tenta de le séduire. Elle ferma bien les portes et dit : « Viens, je suis prête pour toi ! » Il dit : « Que Dieu me protège ! » Tous les facteurs le poussaient à commettre cette turpitude et à tomber dans la souillure de ce péché : il était jeûne, et la jeunesse est un tison de folie ; il était célibataire, étranger dans une terre où nul ne le connaissait ; la femme qui tente de le séduire n’est pas n’importe quelle femme ; c’est une femme qui allie la beauté à la noblesse. Malgré tout cela, il fit preuve de patience et d’abstinence. Puis, elle essaya de le séduire à nouveau après avoir réunie les femmes et dit : « J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit fermement. Or, s’il ne fait pas ce que je lui ordonne, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés ». Elle tenta l’arme de la séduction sans succès. Puis, elle essaya la menace, l’intimidation et l’humiliation, mais Youssouf se réfugia auprès de son Seigneur et dit : « Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent ». Il préféra la prison à la désobéissance !

La patience face à l’adversité :

Il s’agit de faire preuve de patience et d’endurance face aux épreuves et face à l’adversité. Cela consiste à délaisser le mécontentement, à supporter le désagrément et à éviter de se plaindre aux gens, car se plaindre aux gens contredit la belle patience, contrairement au fait de se plaindre à Dieu. Dieu dit en relatant les propos du prophète Ya’qoub (Jacob), que la Paix soit sur lui : « Je ne me plains qu’à Dieu de mon déchirement et de mon chagrin » (Joseph : 86).

Par ailleurs, l’épreuve est inévitable. Dieu peut t’éprouver par la perte de ta santé, d’une partie de tes biens, d’un proche, d’un être cher … Il faut donc faire preuve de patience et d’endurance pour passer l’examen avec succès. Dieu dit : « Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire : « Nous croyons ! » sans les éprouver. Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux. Ainsi, Dieu connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent » (l’araignée : 2 – 3). Il dit aussi : « Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants » (la vache : 155)

Dieu nous cite dans le Coran le récit du prophète Ayyoub (Job), que la Paix de Dieu soit sur lui, comme illustration de la patience face à l’épreuve. En effet, il fit preuve de patience face à l’épreuve qui le toucha dans son sa santé et dans sa famille, ce qui lui valut cette attestation de Dieu : « Oui, Nous l’avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse, il se repentait » (Sad : 44)

La patience est d’autant plus exigée pour le prédicateur. En effet, ce dernier doit être armé de patience, d’endurance et de persévérance face à la pénibilité de la prédication. Ceci est une exigence pour le rang des prophètes et des héritiers des prophètes. La prédication implique une longue patience, car lorsque tu appelles à la vérité, les adeptes du mensonge s’opposeront à toi ; si tu appelles à la bonté, ceux qui appellent à la débauche se mettront en travers de ton chemin. Cette opposition est inévitable. Dieu dit : « C’est ainsi que Nous fîmes à chaque prophète un ennemi parmi les criminels. Mais ton Seigneur suffit comme guide et comme soutien » (le discernement : 31), « Ainsi, à chaque prophète avons-Nous assigné un ennemi : des diables d’entre des hommes et djinns » (les bestiaux : 112).

En effet, Dieu créa Adam et lui assigna Ibliss comme ennemi. Il créa Ibrahim et lui assigna an-Namroud. Il créa Moïse et lui assigna Pharaon. Il créa Mohammad (saws) et lui assigna Abou Jahl. Aussi, la prédication exige une patience continue car le chemin de la prédication n’est par couvert de fleurs. C’est un chemin semé d’épines qui exige patience, endurance et persévérance. Or, la patience est la clé de la délivrance, et Dieu fera certainement succéder l’aisance à la difficulté.

Sermon de vendredi – Moncef Zenati

(Purification de l’âme – 14ème partie)

2 Commentaires

  1. Jaime beaucoup cette article, merci beaucoup. La patience mène toujours à la réussite et je rejoins ce que le prophète Muhammed sws dit: « Ne baissez jamais les bras resté fort ne vous laissez jamais abattre et soyez patient et persévérant »
    Une personne patiente es posé évite les querelles et la personne es sûre que dieu l’aidera. Dieu récompense toujours les patients et dieu fait ce qu’il veux et nous donne que le meilleurs.

  2. La patience est TOUJOURS récompensée.
    J’envie les patients car cette qualité en amène d’autres.
    Quelqu’un de patient est très souvent quelqu’un de sincère, de reconnaissant, et qui s’attache aux « vraies » valeurs humaines.

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