as-salat

1 – La plus grande motivation qui nous pousse à cette vie des cœurs dans la prière est notre glorification d’Allah, et le sentiment qui nous envahit, habité par cette conscience, que nous sommes devant Lui et en Sa présence. Un sentiment qui est celui d’une faiblesse devant Le Puissant et une reconnaissance de nos manquements vis-à-vis de Lui. La présence de ces sentiments est le signe que le cœur et les autres sens sont bien orientés vers notre Seigneur, et tous les mouvements accomplis prennent alors du sens.

2 – Avant de faire la Takbirat Al Ihram[1] (formule d’accès à la prière), annonçant le début de la prière, on doit sentir qu’Allah nous regarde et regarde l’intérieur de notre cœur, alors il serait anormal de commencer sa prière par une affirmation mensongère. Il est anormal de dire à voix haute Allahou Akbar alors qu’en réalité le cœur est préoccupé par autre chose que la présence d’Allah. Il devient alors impératif de vider son esprit et son cœur de tout lien ou souci à par celui d’être en ce moment debout devant Allah.

3 – Il est utile de rappeler de cet exemple qui est souvent donné : supposons qu’une personne soit invitée à rencontrer un roi, ou un haut responsable, afin de discuter avec lui sur un sujet d’importance certaine. Cette personne, quand elle se trouvera face à ce roi, ou ce haut responsable, sera dans un état de concentration maximale, et veillera à ne rien manquer des propos ou des gestes de son interlocuteur de marque, afin de connaître exactement ce qu’il attend d’elle. Cette personne pourra même sortir de la rencontre sans avoir prêter attention à l’entourage de son interlocuteur plutôt que sur celle-ci et le contenu de ces propos, qu’elle aurait été la réaction roi ou du haut responsable ?

4 – Veiller à débarrasser l’endroit où on fait la prière de tout élément visuel ou sonore qui perturberait notre concentration ; le regard ne doit pas quitter l’endroit de notre prosternation. La prière ne doit pas aussi avoir lieu en présence d’un repas déjà posé sur la table, ou bien en ayant un besoin urgent à satisfaire.

5 – Rompre avec tout ce qui constitue une tentation. Il est rapporté que le Prophète Mohammad (SWS), après avoir mis un manteau gracieux qui lui avait été offert par son compagnon Abou Jaham et fait la prière avec, l’enleva à la fin de la prière et dit : « Ramenez-le à Abou Jaham, il m’a distrait de ma prière et ramenez-moi l’étoffe d’Abou Jaham[2] ».

6 – Parmi les facteurs qui aident la personne à avoir la présence du cœur et qui lui permettent d’être très attentive aux paroles qu’elle prononce, est la méditation de ces paroles, surtout lorsqu’il s’agit des paroles d’Allah. Il est important que chacun apprenne à profiter des moments des takbirats de passage d’une partie à une autre partie de la prière pour se rappeler du principe de base : Allahou Akbar – Allah est Grand – afin que sa concentration ne se perde pas.

7 – Le sens de la parole d’Allah :

« Ô vous qui croyez ! Ne faites pas la salât lorsque vous êtes ivres, attendez que vous ayez retrouvé votre lucidité ! Ne la faites pas non plus lorsque vous êtes en état d’impureté, attendez que vous ayez fait vos grandes ablutions, à moins que vous ne soyez en voyage ! Si vous êtes malade ou en voyage, ou si vous venez de satisfaire vos besoins naturels, ou si vous avez approché une femme et que vous ne trouviez pas d’eau, utilisez alors de la terre propre pour vous en essuyer le visage et les mains, car Dieu est Indulgent et Miséricordieux[3] ».

Le sens de ce présent verset est que la prière doit se faire en présence de toutes ses facultés cognitives. Les savants disaient : « Combien sont ceux qui accomplissent la prière, alors même qu’ils sont en état de parfaite sobriété, ne savent pas ce qu’ils disent dans leurs prières, leur esprit étant l’otage des soucis et des tracas de la vie courante ».

8 – Il est utile de savoir que Satan n’aime pas que la prière soit accomplie avec concentration et présence du cœur, car une telle prière est une arme redoutable contre lui et ses tentations. Satan fait de son mieux pour anéantir les effets de cette arme redoutable. Il est aussi primordial d’être conscient de ceci, et que l’on sache que l’on ne gagne de sa prière que la partie où l’on a eu une présence de conscience totale et entière. Amar Ibn Yasser (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Prophète Mohammad (SWS) a dit : « L’homme termine sa prière alors que seulement dix pour cent de celle-ci a été acceptée, ou bien son neuvième, son huitième, son septième, son sixième, son cinquième, son quart, son tiers ou bien sa moitié[4] ».

9 – L’intérêt pour l’au-delà et le jour du dernier jugement doit prédominer sur celui de la vie d’Ici-bas. Plus notre intérêt pour un sujet est grand, plus il occupe notre esprit et nous éloigne d’un intérêt pour un autre. Or, puisque la prière est le chemin qui nous mène vers la vie éternelle, si  nous l’accomplissons avec concentration et présence du cœur, notre souci de bien l’accomplir est un fruit naturel de notre intérêt pour cet au-delà.

Extrait de l’ouvrage « Vivre sa prière » de Moustafa MACHHOUR – Edition Gedis


[1] Allahou Akbar : « Allah est Le plus grand ».

[2] Hadith authentique rapporté par Aïcha, qu’Allah l’agrée

[3] Coran Sourate An-Nisa’e – Les Femmes v.43

[4] Hadith rapporté par Abu Dâwud est Nisaii ; et il a été décrété comme authentique par Ibn Hibbane

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