Quatrième facteur d’adaptabilité et de flexibilité de la shari’a : La prise en compte des nécessités, des circonstances atténuantes et des situations exceptionnelles

La législation musulmane « shari’a » a pris en compte les cas de nécessité ou de besoin ainsi que les circonstances atténuantes que les gens peuvent rencontrer. Elle les a mesurés à leurs justes valeurs et a établi pour tous ces cas des mesures exceptionnelles adéquates et ce, conformément à son orientation générale dans l’apport de la souplesse et de la facilité aux gens. Dieu dit : « Dieu veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous » (la vache : 185), « Dieu veut vous alléger (les obligations) car l’homme a été créé faible » (les femmes : 28), « Dieu ne veut pas vous imposer quelque gêne » (la table servie : 6).

La difficulté apporte la facilité

A partir de là, les jurisconsultes ont établi l’adage juridique suivant qui fait l’objet d’un consensus, à savoir, « La difficulté apporte la facilité »

Sur la base de cet adage, la législation a instauré les dérogations et les allègements dans les obligations religieuses en cas de maladie, de voyage ou d’autres circonstances atténuantes. Le Prophète (saws) dit : « Dieu aime qu’on utilise ses dérogations de même qu’Il n’aime pas qu’on commette ce qu’Il a interdit » (rapporté par Ahmed)

La nécessité lève l’interdiction

Dans le même esprit, la législation a apporté en matière d’interdiction des exceptions en tenant compte des cas de nécessité qui s’imposent aux gens. Elle établi pour cela ce célèbre adage juridique « la nécessité lève l’interdiction » ainsi que d’autres adages corollaires qui le complètent tels que « Ce qui est permis par nécessité doit être estimé à sa juste valeur » et « le besoin est assimilé à la nécessité, qu’il soit spécifique ou général »

Ceci tire sa légitimité des versets coraniques qui, après avoir cité les aliments interdits à la consommation, font exception en cas de nécessité et ce, à quatre endroits dans le Coran : deux endroits dans des sourates mecquoises (Les bestiaux et les abeilles), et deux autres dans des sourates médinoises (la vache et la table servie).

Dieu dit : « Ô vous qui avez cru ! Mangez des nourritures licites que Nous vous avons attribuées. Et remerciez Dieu, si c’est Lui que vous adorez. Certes, Il vous interdit la chair d’une bête morte (sans égorgement), le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre que Dieu. Il n’y a pas de péché pour celui qui est contraint sans toutefois abuser ni transgresser, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » (la vache : 173)

Dans la sourate « la table servie » Dieu dit après avoir explicité les aliments interdis: « Si quelqu’un est contraint par la faim, sans inclinaison vers le péché … alors, Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » (la table servie : 3)

Cas de contrainte

La contrainte fait partie des cas permettant ce qui est habituellement interdit. Ainsi, si la personne sous la contrainte est amenée à faire quelque chose, contre son gré, elle n’est nullement coupable de péché, même s’il s’agit de manifester l’incroyance pour sauver sa propre vie. Dieu dit : « Quiconque a renié Dieu après avoir cru … sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure serein plein de foi » (les abeilles : 106). De son côté, le Prophète (saws) dit : « Dieu a pardonné à ma communauté l’erreur, l’oubli et ce qu’ils ont fait sous la contrainte » (rapporté par Ibn Majah).

A partir de là, les jurisconsultes ont accordé un grand intérêt à la « contrainte » en exposant ses limites, ses conditions et ses effets.

Série : Les facteur d’adaptabilité et de flexibilité de la shari’a par Moncef Zenati

1 commentaire

  1. Salam Alaykoum, j’avais une petite question à là suite de cette article.
    La prise en compte de la nécessité est-elle lié à une limite de temps?

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