La société a besoin de sources de motivation et de règles morales

Le religion est aussi un besoin d’un autre point de vue : il s’agit d’un besoin sociétal, le besoin de motivations et de règles : des motivations qui poussent les individus à l’accomplissement du bien, et à l’acquittement de ses devoirs, même en l’absence de personnes qui les surveillent ou les récompensent, de normes qui régissent leurs différentes relations de manière à imposer à chacun des limites auxquelles il se tiendra, et à ne pas transgresser le droit d’autrui ou négliger le bien de la société pour des passions personnelles ou des intérêts prompts et matériels.

On ne pourrait dire ici que les lois et les règlements (établis par l’homme) suffisent à établir ces normes et ces motivations, car les lois ne fondent aucune motivation et ne pourraient suffire comme norme. En effet, échapper aux lois est possible, et les contourner est une chose facile.

C’est pourquoi l’existence de motivations et de règles morales agissant de l’intérieur de l’âme humaine et non pas de l’extérieur est nécessaire. Cette motivation intérieure est nécessaire ; cette barrière morale, cette conscience, cet esprit, ce cœur, peu importe son intitulé, il s’agit de cette force qui, si celle-ci est saine, rend tout le corps sain, si elle est corrompue, tout le corps devient corrompu…

Par observation, expérience et raisonnement inductif appliqué à l’histoire, les gens se sont rendus compte que la croyance religieuse est indispensable dans l’éducation de la conscience, la purification de l’âme et la création de motivations qui encouragent à faire le bien et de normes qui dissuadent du mal. C’est sans doute ce qui a poussé l’un des juges contemporains, en Grande Bretagne, à dire, terrifié par les crimes abominables qu’il a vu, malgré le progrès de la science, l’expansion de la culture et la rigueur des lois : « Sans morale, il ne peut exister de morale, et sans religion, il ne peut exister de morale ». Napoléon Bonaparte disait : « Nulle société ne peut exister sans morale. Il n’y pas de bonne morale sans religion. Il n’y a donc que la religion qui donne à l’Etat un appui ferme et durable ».

Il n’est donc pas surprenant de voir les athées et les plus sceptiques reconnaître que la vie ne pourrait être saine sans religion, sans une croyance en Dieu et en la récompense dans l’au-delà. Voltaire dit : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer ». C’est-à-dire, inventer pour les gens un dieu, dont ils espèreront la miséricorde, redouteront le châtiment, et rechercheront l’agrément par l’accomplissement des bonnes œuvres et l’écartement des mauvaises. Il dit aussi sous un ton moqueur : « Je veux que mon procureur, mon tailleur, mes valets, ma femme même croient en Dieu; et je m’imagine que j’en serais moins volé et moins cocu ».

« On bâtirait plus facilement une ville dans les airs, dit Plutarque, qu’on ne constituerait un Etat sans croyance et sans culte religieux ».

D’après madkhal lima’rifat al-islam (introduction à la connaissance de l’islam) de cheikh Youssef al-Qaradawi

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