Quelques années après la mort du Prophète (صلى الله عليه وسلم) vivait un homme nommé al-Waqidi. Ce dernier avait deux amis auxquels il tenait très fort, dont l’un était un descendant du Prophète (un Hashimi). Tous trois avaient un lien très particulier qui dépassait l’amitié et se rapprochait d’avantage du lien fraternel. Ils aimaient le petit groupe qu’ils formaient car il les poussait à donner le meilleur d’eux-mêmes. D’ailleurs, les gens les taquinaient en leur disant qu’ils ne formaient qu’une seule et même personne tant ils étaient inséparables.

Une année, arriva le moment de l’aïd. Al-Waqidi était un homme qui avait peu de moyens mais cette année-là avait été plus dure que les autres, et il vivait alors dans une grande pauvreté. Son épouse vint le voir et lui dit :

– Tu sais, je suis bien consciente qu’il faut faire preuve de patience et attendre que Dieu nous favorise de Ses bienfaits. Mais voilà, je ne supporte plus de voir mes enfants se plaindre et pleurer. Mon cœur se déchire quand je les vois ainsi en haillons, alors que les autres enfants sont vêtus de vêtements neufs pour l’aïd. Nos enfants paraissent si malheureux et si misérables à côté des autres enfants ! Cela me fait vraiment beaucoup trop de peine ! Si tu pouvais me ramener un peu d’argent, je pourrais leur confectionner moi-même quelques vêtements…

Al-Waqidi comprenait son épouse et il ne voulait pas la voir ainsi malheureuse, ni ses enfants d’ailleurs. Mais il n’avait pas d’argent et ses affaires ne marchaient pas. Il réfléchit un instant quand il eut une idée : il décida d’écrire un mot à son ami, le Hashimi, pour lui expliquer sa situation. À coup sûr, il l’aiderait sans rechigner. Et effectivement, à peine eut-il envoyé la missive à son ami que celui-ci lui envoya une bourse de mille dirhams. Al-Waqidi était heureux, lui et sa famille pourraient fêter l’aid comme il se doit. Il soupesa la bourse dans sa main, visiblement satisfait, mais à peine put-il savourer le plaisir d’un tel cadeau qu’un jeune garçon arriva avec une missive de la part de son autre ami. Ce dernier lui expliquait ses difficultés financières et sa pauvreté extrême. Sans réfléchir une seconde, il donna au garçon la bourse afin de soulager son ami des problèmes qu’il rencontrait.

Mais notre homme savait que son épouse l’attendait et qu’elle espérait le voir revenir avec quelque argent qui leur permettrait de passer l’aid dans le confort. Totalement désemparé, il n’osa pas rentrer chez lui et préféra aller à la mosquée. La peur de voir la déception sur le visage de son épouse et de ses enfants était telle qu’il y resta deux jours et deux nuits. Puis, au bout du troisième jour, il prit son courage à deux mains et rentra à la maison.

Là, il trouva son épouse, bien inquiète. Aussitôt il lui avoua toute la vérité, les yeux baissés. A sa grande surprise, son épouse esquissa un large sourire. Elle lui dit :

– Est-ce pour cela que tu n’es pas rentré deux jours durant ? Tu n’avais pas à ressentir une telle honte Au contraire, tu as fait une bonne action. Tu as aidé ton ami. Peut-être Dieu nous viendra-t-Il en aide à Son tour.

Al Wagidi était sans voix… Son épouse était vraiment une bonne personne mais elle ne cessait de l’étonner par sa bonté et sa compréhension. Alors qu’ils étaient tous deux en train de discuter, assis dans leur modeste demeure, l’ami Hashimi arriva, celui-là même qui avait prêté l’argent à al-Waqidi.

Il les salua tous deux, puis s’adressant à son ami, il lui montra une bourse pleine d’argent en lui demandant :

– Il faut que tu m’expliques comment cette bourse que je t’ai donnée est revenue entre mes mains !

Al-Waqidi ne comprenait pas lui-même. Il expliqua qu’il l’avait bien reçue, mais que leur autre ami lui avait demandé de l’aide. Alors il décida de renoncer à cette bourse et de la lui donner. Le Hashimi s’assit alors, la bourse dans sa main. Il semblait avoir saisi toute l’histoire. Il dit :

– Quand j’ai reçu ton message, je n’avais rien d’autre que cette bourse. En lisant ta missive me faisant part de tes soucis, j’ai, sans hésité, décidé de te l’envoyer. Mais je me mettais ainsi moi-même dans le besoin. Alors je décidai d’écrire à notre ami pour lui demander son aide. Comme il n’avait pas d’argent, il a dû t’écrire pour te demander ton aide, afin qu’il puisse m’aider à son tour. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis la bourse que je t’avais donnée revenir entre mes mains ! Mais tu viens de m’aider à comprendre.

La bourse avait fait le tour de ces trois amis, ce qui les fit bien rire. Ils remercièrent Dieu de leur avoir donné la possibilité de s’entraider ainsi. Chacun d’eux avait préféré se priver pour que ses amis puissent profiter de leur propre richesse.

Ils décidèrent donc de donner cent dirhams à l’épouse d’al-Waqidi afin qu’elle puisse confectionner de beaux vêtements à ses enfants pour l’aïd, et ils divisèrent le reste entre eux.

Il s’avère que cette histoire arriva aux oreilles du calife de l’époque, al-Mamun. Ce dernier fut ému de voir la profondeur des liens qui unissait les trois hommes. Alors il convoqua al-Waqidi qui lui raconta les détails de cette histoire. En récompense de cette grandeur d’âme, il décida de lui offrir sept mille dirhams deux mille pour chacun des amis et mille pour l’épouse d’al-Waqidi.

Car Dieu récompense toujours, d’une manière ou d’une autre la générosité des hommes…

Extrait du livre « 30 Histoires de la tradition musulmane » de Siham Andaluci.
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1 commentaire

  1. De nos jours ce genre d’histoire n’arriverait jamais. Les personnes de ta propre famille te volent tes terres,ta maison au bled,sali ton honneur et par dessus tout avec le soutien du gouverneur de la ville.
    Que dire des amis on ne les compte plus sur les doigts de la main de nos jours mais sur les cheveux d’un crâne chauve.

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