S’agit il de prière de « al-Istichara » (consultation) ou « al-istikhâra »?

La prière de la consultation consiste en une prière de deux unités (raka’at) que le musulman est appelé à accomplir lorsqu’il s’apprête à réaliser un projet. Le prophète (psl) dit : « Quand l’un de vous projette une affaire, qu’il accomplisse deux rak’at surérogatoires puis qu’il dise : Ô Seigneur ! Je Te consulte de par Ta connaissance et je T’implore de m’accorder le pouvoir de Ton pouvoir et je Te demande de Ton immense générosité. Car Tu es certes capable et je suis incapable, Tu sais tout tandis que moi je ne sais pas, et c’est Toi le Grand Connaisseur de tout ce qui est inconnu. Ô Seigneur ! Si Tu sais que cette affaire – et le consultant nomme clairement l’affaire en question – est une source de bien pour moi dans ma religion, dans ma vie présente et dans ma vie future (ou il dit : ici-bas et dans l’au-delà) destine-la moi et facilite-la moi, puis bénis-la moi. Et si Tu sais que cette affaire est pour moi une source de mal dans ma religion, dans ma vie présente et dans ma vie future (ou il dit : ici-bas et dans l’au-delà) détourne-la de moi et détourne-moi d’elle, et prédestine-moi le bien là où il se trouve, puis rends-moi satisfait de cette décision » (Bukhârî).
Il y a tout d’abord un problème de traduction. Le mot arabe qui signifie consultation est « al-istichâra ». Or ici, ce n’est pas de « al-Istichara » dont il s’agit, mais de « al-istikhâra », qui signifie demander ce qui est le mieux dans une affaire. Le terme « al-istikhâra » ne dispose pas d’équivalent en Français.

La prière de la consultation et le doute

On pense à tort que l’on doit faire la prière de la consultation lorsque l’on est traversé par des doutes, quand on est partagé entre deux choix possibles ou quand on ne sait pas quelle décision prendre. Bref, quand on n’est pas sûr de son coup. Or le message du prophète (Psl) est on ne peut plus clair : « Quand l’un de vous projette une affaire… ». Il ne s’agit pas seulement de revenir à Dieu dans les moments de doute et d’incertitude, mais de le faire systématiquement à chaque fois qu’il y a une décision à prendre.

La prière de la consultation ne se limite pas au mariage et au travail.

A entendre certains musulmans, les questions pour lesquelles on pratique la prière de la consultation se limiteraient au mariage, au travail ou à l’investissement (Achat, vente, commerce, création d’entreprises…). Là aussi, la recommandation du prophète (Psl) à ses compagnons est bien explicite : « Il nous demandait de faire la prière de la consultation dans toutes les affaires… ». Autrement dit, la prière de la consultation se pratique de façon libre et indéterminée. On ne doit pas l’enfermer dans des domaines précis en dehors desquels, on ne peut pas l’accomplir.

La prière de la consultation et la paix du cœur

C’est une question très répandue au milieu des jeunes musulmans qui cherchent à se marier et qui ont du mal à se décider. Ils pensent à tort qu’à l’issue de la prière de la consultation, ils auront le cœur soit apaisé auquel cas ils s’engagent dans le mariage, soit perturbé auquel cas ils s’abstiennent. Or, il n y a rien dans le texte du hadith qui justifie la condition de l’apaisement du cœur après la prière. Cette façon de concevoir « la consultation de Dieu » ne fait que semer le trouble dans leurs cœurs. Ils ont beau faire et refaire encore cette prière, cela ne fait que les plonger dans le doute et l’incertitude. Alors que fondamentalement, la prière de la consultation est sensée les aider à lever toute ambigüité en mettant leurs destins entre les mains de Dieu.

La prière de la consultation et le rêve

C’est sans doute le sentiment le plus répandu chez les jeunes. Après la prière de la consultation, ils s’attendent à voir en rêve un signe leur indiquant s’il faut accepter ou refuser une proposition d’embauche ou un mariage par exemple. Il (ou elle) ne fait rien tant qu’il (ou elle) n’a pas fait ce rêve. Là aussi, c’est une réflexion qui n’a pas de sens dans la mesure où la période des révélations a pris fin avec la mort du prophète (Psl). Le musulman doit encore une fois remettre son destin entre les mains de Dieu. Il arrive qu’il fasse un rêve qui le réconforte dans sa décision et c’est tant mieux pour lui. Mais cela ne constitue nullement une nécessité et il ne doit en aucun cas attendre l’arrivée d’une personne en rêve lui indiquer la décision à prendre.

Azzedine GACI, le 17 juillet 2016,

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