Allah le Très Haut dit dans Son Livre : « C’est ainsi que nous fîmes de vous une communauté du juste milieu afin que vous soyez modèles/témoins aux gens, tout comme le Prophète vous est modèle/témoin » [2;143]. Il nous appelle donc, Exalté soit-Il, à devenir une communauté-modèle et guide, dans le fond comme dans la forme, dans les sentiments, le caractère, l’éthique, les paroles et les actes ; cela, afin d’indiquer et d’éclairer le droit chemin, tout comme l’a fait pour nous, notre Prophète, Mohammad (paix et salut sur lui) notre modèle et notre guide. Le souci de guider autrui à ce que Dieu aime, après s’être soi-même engagé dans la bonne voie, est l’un des soucis majeurs des bons serviteurs du Très Haut, comme l’affirme Sa Parole : « Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur Terre (…) et [ils disent] fais que nous soyons nous-mêmes une source de guidée pour les pieux » [25;74]. Aussi, notre communauté doit représenter cette communauté du juste milieu, qu’évoque le Coran, pas seulement au niveau théorique, mais aussi et surtout, du point de vue pratique, afin que nous remplissions le rôle qui est le nôtre. Or, souvent, nous avons tendance à nous écarter de la voie du juste milieu et de la modération, pour tomber dans les travers de trois fléaux que sont l’extrémisme, le laxisme, et l’ignorance. C’est ce à quoi fait allusion l’Envoyé (paix et salut sur lui), lorsqu’il annonce que dans chaque génération, ce savoir [prophétique, authentique] sera porté par des justes qui le protègeront de l’altération des extrémistes, du laxisme des imposteurs, et de l’interprétation des ignorants [Al Bayhaqi, Sahih]. Quels sont les caractéristiques de ces justes ? Comment distinguer la voie du juste milieu des courants qui s’en écartent ? C’est ce à quoi nous essaierons de répondre dans cet article et dans les suivants, si Allah le veut et s’Il nous assiste dans cet exposé. La réussite ne provient que de Lui, et Il vient en aide à qui Le sollicite.

Faciliter, encourager, motiver et faire aimer
Comme nous avons déjà eu l’occasion de le démontrer, Allah le Très Haut a rendu aisée la pratique de l’Islam : « Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté »[2;185] [Voir ‘La religion est aisée’]; et Il a blâmé toutes les formes de rigorisme et d’exagération, que ce soit au niveau de la pensée, des sentiments, de la pratique ou des relations sociales : Méfiez vous de l’exagération dans la religion, car c’est elle qui a provoqué la perte de vos prédécesseurs [Ahmad etc., Sahih] [Voir ‘Le rejet du rigorisme’]. Aussi, l’Imam juste doit-il s’imprégner de ces principes dans les avis qu’il adopte pour les gens. De même, que l’Islam est fondé essentiellement sur la douceur et la compassion [Voir ‘Douceur et compassion’], même s’il préconise de savoir aussi faire preuve de fermeté parfois. Ainsi le prêche et le discours de qui appelle à l’Islam, doit-il viser à encourager, à motiver et à donner de l’espoir aux gens, non à les démoraliser, à les décourager, à les menacer sans cesse ou à les blâmer sans arrêt. Allah dit à Son Prophète (paix et salut sur lui) : « C’est par quelque miséricorde de ton Seigneur que tu t’es montré si conciliant à leur égard [aux croyants]. Si tu étais sévère et dur, nul ne resterait à tes côtés. Pardonne-leur donc, demande pour eux l’absolution et sollicite leurs conseils… » [3;159].

Ces principes doivent être les nôtres dans tout ce qui concerne les points secondaires de la religion : ce que les juristes appellent les branches de la Loi [al fourou’], par opposition à ses fondements, ou ses racines [al oussoul], pour la préservation desquels, la fermeté dans le discours et la stricte observance dans la pratique sont requises. Le laxisme consiste donc à faire preuve de souplesse vis-à-vis des fondamentaux, objets de consensus entre nos oulamas, comme la croyance, les cinq prières, le versement de la zakat etc., tandis que le rigorisme se caractérise par la dureté et la sévérité dans l’adoption d’avis appartenant aux points secondaires de la Loi, et objets de divergences. Être ferme et obstiné dans les fondements, ne peut être qualifié d’extrémisme ou de fanatisme, de même que faire preuve de souplesse et de tolérance dans les branches de la religion, quand la situation le réclame, pour apaiser les gens et permettre aux fondements de la foi de se raffermir ; ce n’est pas faire des concessions ni être adepte d’une versionsoft ou light de l’Islam ! On ne peut parler de concessions que dans ce qui touche aux fondements !

Le principe de faciliter ne signifie en aucun cas d’inventer de nouveaux avis qui contredisent les opinions des anciens savants, mais plutôt de chercher parmi leurs avis, celui qui est le plus adapté au contexte que vit la communauté, même s’il est parfois un peu isolé. Et cette éthique nous est directement inspirée de la Sounnah, puisque selon la mère des croyants, Aïcha, qu’Allah soit satisfait d’elle, le Prophète (paix et salut sur lui) n’a jamais eu à choisir entre deux choses, sans adopter la plus aisée, tant que celle-ci ne comportait pas de péché [Al Boukhari & Mouslim].

Quant au principe de douceur dans le discours et la prédication, il consiste à faire en sorte que les gens adorent Allah par amour et par espoir de Sa miséricorde et non pas seulement par crainte et par peur de Son châtiment. Qu’a compris de la religion le prédicateur qui n’accentue ses discours que sur la menace et l’intimidation, tandis qu’Allah affirme que le Coran est venu comme « un guide et une bonne nouvelle [bachir] aux croyants » [27;2], non comme une menace ?! Au contraire, notre discours doit être équilibré, mentionnant systématiquement la Miséricorde après avoir mentionné le châtiment, tout comme le fait le Coran, du début à la fin : « Sachez qu’Allah est dur en punition et qu’Allah est Pardonneur et Miséricordieux » [5;98]. Et l’on doit se rappeler, lorsque l’on parle à autrui de notre religion, que la Miséricorde d’Allah l’emporte sur sa colère, comme Il l’a inscrit dans un livre qui se trouve au-dessus du Trône, le jour de la Création [Al Boukhari & Mouslim]. Et c’est pour cela, que le Coran et chacune de ses sourates débutent par le rappel des attributs de Sa miséricorde : Au Nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. Voilà donc ce qui devrait nous inspirer lorsque nous sommes amenés à présenter notre religion.

Et Allah sait mieux !

Première parution : Alkahflejournal.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Votre Nom