La religion musulmane nous à enseigné que Dieu, Exalté, est Un dans son essence et dans Ses actes et qu’ Il est infiniment supérieur aux êtres créés ; elle a établi la preuve que le monde a un Créateur et que ce Créateur possède les attributs sublimes dont Sa création porte la marque tels que la science, la puissance, la volonté, etc…; qu’ Il ne ressemble en rien à ses créatures et que le seul rapport entre Lui et elles c’est qu’elles existent par Lui, qu’elle Lui appartiennent et qu’elles reviendront à Lui. «Dis : Il est le Dieu unique, le Dieu qu’implorent tous ceux qui sont dans le besoin, Il n’a engendré et Il n’a pas été engendré. Il n’a pas d’égal.» (Coran S112, V 1,2,3,4).

          Quand aux expressions « son visage», «ses mains», «son ascension au trône » et d’autres semblables, les Arabes auxquels s’adressait Le livre, les comprenaient fort bien, et elles ne les embarrassaient nullement. Cette religion nous enseigne en outre qu’il est impossible que Son essence ou Ses attributs se manifestent dans un être créé que cet être soit un corps ou un pur esprit ; mais Il lui est possible de gratifier certains de ses serviteurs élus par Lui, d’un savoir ou d’un pouvoir particulier, et de rendre les maîtres des choses qu’Il met entre leurs mains et cela selon une coutume qu’Il a fixée dans sa science éternelle, impérissable et immuable. La religion musulmane exige de tout être doué de raison de n’admettre chez un prophète un tel savoir ou tel pouvoir exceptionnels, qu’à la suite d’une démonstration évidente dont les prémisses soient accessibles de façon immédiate ou basées sur des axiomes tout aussi clairs, sinon plus, que les prémisses elles-mêmes : comme par exemple il est impossible d’affirmer deux contraires ou de les nier à la fois, ou il est nécessaire que le tout soit plus grand que sa partie, etc….Elle nous apprend aussi que les prophètes tout comme les autres hommes « ne peuvent par eux-mêmes ni le bien ni le mal »( Coran S 13, V17) et que tout leur pouvoir réside en ce qu’ils ont la grâce ; que ce que Dieu exécute par leurs mains s’accomplit avec une permission et une faculté spéciales dans des circonstances particulières et pour un but déterminé. Et dans ces cas l’existence de Dieu se reconnaît par des preuves évidentes comme nous venons de le dire.

          Il est dit dans le livre : Allah vous a sortis du ventre de vos mère et vous ne connaissiez rien, il vous a donné l’ouïe, la vue et le cœur  ; afin que vous soyez reconnaissant.» ( Coran S16, V 80).

          D’après les Arabes, être reconnaissant c’est employer les choses que Dieu nous a octroyées dans le but pour lequel elles ont été créés ; donc par ces paroles, la religion islamique nous montre que Dieu nous a donné les sens et a mis en nous les diverses facultés, que nous devons les employer conformément à leur destination par le simple fait qu’il nous ont été donnés ; et que par conséquent tout individu détermine ses propres actes en bien ou en mal. Quant à la puissance qui nous remplit d’admiration et nous subjugue, la puissance dans laquelle notre âme reconnaît tantôt un dominateur et tantôt un soutien qui l’aide à atteindre ce qui dépasse son pouvoir, la puissance qui est au dessus de toutes  forces qui l’animent, devant laquelle elle se soumet en humilité, auprès de laquelle elle cherche un refuge et à laquelle elle demande protection ; cette puissance n’appartient qu’a Dieu seul. Il n’est permis de s’humilier que devant Lui et de ne mettre sa confiance qu’en Lui. Il en est de même des craintes et des espérances quant à ce qui attend l’homme dans l’autre vie ; il n’est pas permis à l’âme de se remettre à autre qu’a Dieu pour récompenser ses bonnes actions et lui pardonner ses mauvaises actions, car il est le Maître du Jour du Jugement.

          Par là la religion islamique a déraciné l’idolâtrie et ce qui, tout en étant différent par l’image, par la forme par l’expression ou par la parole, en avait le sens et se confondait avec elle. Il en résulta que les esprits s’affranchirent des conceptions fausses, inséparables des vaines croyances ; qu’ils s’éloignèrent des vices se rattachant  à ces conceptions, cet affranchissement mit fin aux divergences  qui existaient entre les hommes sur ce qu’il fallait adorer et comment il fallait l’adorer. Et l’homme se redressa, sa valeur augmenta parce qu’il gagnait en dignité, car il commença à ne s’humilier devant personne, sauf devant le Créateur des cieux et de la terre, le Dominateur de tous les hommes. Il fut permis à tout homme, et même il lui fut ordonné de dire avec Abraham : « J’ai tourné mon visage vers celui qui à créé les cieux et la terre, j’ai cru en un Dieu unique et je ne suis pas de ceux qui reconnaissent à Dieu des associés. » (Coran  S6, V79) ou de répéter les paroles du Prophète (Que Dieu lui a demandé de dire): «  Mes prières et mes dévotions, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, le Maître des mondes qui n’a pas d’associés, cela m’a été ordonné et je suis le premier à me soumettre »( Coran S6, V163)

          Ainsi l’âme apparut à l’homme affranchie et pleine de noblesse ; sa volonté fut libérée des chaînes qui la liaient à d’autres volontés, émanant des hommes mais censées être un rameau de la volonté divine comme celles des chefs politiques et religieux ; ou à des volontés fictives, forgées de toutes pièces par l’imagination, comme celles que l’on attribuait aux tombeaux, aux pierres, aux arbres, aux étoiles, etc…Son énergie sortit de la prison dans laquelle la tenait enfermée les intermédiaires les intercesseurs, les devins, les sorciers, ceux qui prétendaient connaître les mystères, ceux qui s’adjugeaient le droit de surveiller les relations entre l’homme et Dieu ceux qui prétendaient détenir les moyens de salut et pouvoir dispenser le bonheur et le malheur.

          En résumé, son esprit s’émancipera, de la servitude que lui avaient imposée les hypocrites et les imposteurs : en apprenant à connaître un Dieu unique, l’homme se consacra à son service et cessa d’adorer tout autre que Lui. Tous acquirent les droits qui appartiennent à un homme libre parmi des hommes libres ; tous devinrent égaux;  il n’y eut plus entre eux ni inférieurs, ni supérieurs, ni d’autre distinction que celle découlant de leurs actions ; ni d’autre supériorité que celle de l’intelligence et du savoir. L’homme ne connut plus d’autre voie pour arriver à Dieu que la chasteté dans les pensées et la droiture et la loyauté dans les actions ; et par là même chacun put conserver se qu’il gagnait sans s’imposer d’autres sacrifices que le droit des pauvres et des miséreux, et d’autres restrictions que celles dictées par  l’intérêt général de la communauté. Les parasites et les oisifs qui prétendaient avoir un droit sur ce gain par leur situation et le rang qu’ils occupaient, mais non par leur travail et par les services qu’ils rendaient, furent obligé d’y renoncer.(1)  »

 Cheikh Mohamed Abdou

(1)C’est-à dire que les hommes n’eurent plus à consacrer une partie de leur gain quotidien pour entretenir les prêtres et les devins qui s’étaient interposés entre eux et la divinité.

 

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