Celui qui ne tire par profit de sa vue ne tirera profit de son ouïe. Un voile [de respect] sépare le serviteur d’Allah ta’ala, tout comme un voile [de respect] sépare le serviteur des gens. Quiconque déchire le voile le séparant d’Allah azawajel, verra Allah déchirer le voile le séparant des gens.

Le serviteur a un Seigneur qu’il rencontrera et une maison où il habitera. Il convient donc qu’il cherche à satisfaire son Seigneur avant de Le rencontrer et à meubler sa maison avant d’y habiter.

La perte de temps est pire que la mort, car la perte de temps te sépare d’Allah ta’ala et de l’au-delà, alors que la mort te sépare du monde et de ses habitants.

Tout ce bas monde, de son commencement à sa fin, ne vaut pas détresse d’une seule heure [en enfer], alors que dire de la détresse éternelle ?

Ce qui est aimé aujourd’hui sera suivi par ce qui est détestable demain, et ce qui est détestable aujourd’hui sera suivi par ce qui est aimé demain. (C’est-à-dire : Profiter des plaisirs éphémères de ce bas monde que l’on aime, aura pour conséquence un châtiment détestable dans l’au-delà. Et priver son âme de ce bas-monde – chose qu’elle déteste- lui fera gouter aux douceurs de l’au-delà. Et Allah est plus savant.

Le plus grand profit en ce monde est de constamment occupé l’âme par ce qui est prioritaire et ce qui lui sera le plus utile lorsqu’elle sera ressuscitée.

Comment peut-on dire d’une personne qu’elle est raisonnable quand elle vend le Paradis et tout ce qu’il contient pour les plaisirs d’un instant.

Le sage quitte ce monde sans avoir assouvi son désir concernant deux choses : pleurer sur son sort et louer son Seigneur.

Lorsque l’on craint une créature, on la fuit et s’éloigne d’elle. Quant au Seigneur, lorsqu’on Le craint, on cherche Sa compagnie et à se rapprocher de Lui.

Si la science sans mise en pratique avait été d’une quelconque utilité, Allah azawajel n’aurait pas blâmé les rabbins des Gens du Livre. Et si les actes d’adoration sans sincérité avaient été d’une quelconque utilité, Allah azawajel n’aurait pas blâmé les hypocrites.

Repousse les pensées furtives, car si tu ne le fais pas elles deviendront des idées fixes. Repousse également les idées fixes, car si tu ne le fais pas elles deviendront des désirs. [Si cela arrive], combats-les car si tu ne le fais pas ils deviendront une volonté ferme que tu devras combattre à son tour, sinon elle se concrétisera par un acte. [Si cela arrive] et que tu n’y remédies pas [immédiatement] par un acte opposé [pieux], cela deviendra une habitude qu’il te sera alors difficile d’abandonner.

La piété a trois degrés :

Le premier : préserver le cœur et les membres des péchés et des choses illicites.

Le deuxième : les préserver des choses détestables [mais n’atteignant pas le degré de l’illicite].

Le troisième : se préserver du superflu et de ce qui ne nous regarde pas.

Le premier degré donne la vie au serviteur, le deuxième lui donne la santé et la force, et le troisième lui accorde la joie, la gaieté et le bonheur.

 

Défendre une vérité qui manque de clarté

Ne fait qu’amoindrir le nombre de ses partisans

D’aucuns sont incapables de comprendre certains détails

Et d’adopter l’avis le plus clair au détriment du plus précis

 

C’est grâce à Allah que j’atteins mes objectifs et les réalise

Et non par moi-même ou par l’intermédiaire d’un homme

Lorsque parfois le désespoir manque de m’anéantir

vient alors promptement l’espoir, chassant le désespoir

 

Celui qu’Allah ta’ala a créé pour le Paradis ne cessera de recevoir ses présents qui sont les choses pénibles, et celui qu’Allah a créé pour l’Enfer ne cessera de recevoir ses présents que sont les désirs.[1]

Lorsque Adam aleyhi wa salam a chercher à accéder à l’immortalité au Paradis par le biais de l’arbre, il a été condamné à en sortir. Et lorsque Yusuf aleyhi wa salam a voulu sortir de prison par le biais de son compagnon de cellule qui avait fait un rêve, il est resté en prison plusieurs années encore. [Il ne faut donc s’en remettre qu’à Allah azawajel].

Lorsque le serviteur est atteint par un événement prédestiné détestable, il peut y avoir six signes :

1) L’unicité d’Allah, car Allah ta’ala est Celui qui lui a prédestiné cette chose et l’a créée. Or, ce qu’Allah veut survient et ce qu’Il ne veut pas ne peut avoir lieu.

2) La justice d’Allah dans l’accomplissement de Son jugement sur le serviteur et la justice dans ce qu’Il lui a décrété.

3) La miséricorde d’Allah dans cet événement qu’il a prédestiné, miséricorde qui l’emporte sur Sa colère et Sa vengeance. Et cet événement, même s’il est désagréable en apparence, recèle la miséricorde divine.

4) La sagesse d’Allah qui a impliqué cet événement, qui n’a pas été prédestiné inutilement et décrété en vain.

5) La louange d’Allah à qui revient la louange parfaite pour cet événement de tout point de vue.

6) La servitude du fidèle qui n’est qu’un serviteur de tout point de vue et subit les jugements et décrets de son Maître, car il est Sa Possession et Son serviteur. Allah ta’ala le dirige sous Ses règles universelles et Ses règles religieuses. Le serviteur subit donc ces règles [et ne peut s’y soustraire].

Le manque de succès, la corruption de la réflexion, la dissimulation de la vérité, la corruption du cœur, la perte de la notoriété, la perte de temps, la répulsion éprouvée par les créatures à l’égard du serviteur, la solitude dont il souffre car éloigné de son Seigneur, les invocations non exaucées, la dureté du cœur, la disparition de la bénédiction dans la subsistance et le temps écoulé, la privation de la science, l’avilissement, l’humiliation par l’ennemi, l’oppression de la poitrine, la mise à l’épreuve par la mauvaise compagnie qui pervertit le cœur et fait perdre du temps, l’angoisse et les soucis continuels, la gêne et l’assombrissement de vie de tous les jours…..

[tout cela] naît de la désobéissance et de la négligence du rappel d’Allah, de la même manière que la plante naît de l’eau et de l’incendie du feu, alors que l’obéissance engendre le contraire [de tout ce qui a été cité].

Par l’imam Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyya


[1] Référence au hadith rapporté par Muslim dans lequel le Prophète salla allahou aleyhi wa sallam a dit : « Le Paradis est entouré de choses pénibles, et l’Enfer est entouré de désirs. »

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