Avant de parler du besoin de religion en général et d’islam en particulier, il nous faut définir le sens du terme « religion ».

Nous ne voulons pas nous attarder à ce sujet sur les définitions des linguistes, des historiens, des religions et des philosophes spécialistes des groupes religieux. Entrons directement dans le vif du sujet.

Notre sheikh Dr. Mohammad Draz a étudié cette question dans son excellent ouvrage la religion (ad-din). Il est parvenu à la définition suivante, valable pour toute religion, vraie ou fausse, monothéiste ou polythéiste. Il dit, que Dieu lui fasse Miséricorde :
« La religion est la croyance en l’existence d’une entité (ou de plusieurs entités) métaphysique et céleste dotée de perception et d’un libre choix, qui gère et administre les affaires de l’être humain. Une croyance qui incite à invoquer cette entité suprême avec désir et crainte, avec résignation et glorification. » D’une manière synthétique, c’est « la croyance en une entité divine digne d’obéissance et d’adoration. »
Ceci est vrai si nous considérons la religion comme un état psychologique dans le sens de « religiosité ». Mais si nous considérons la religion comme une vérité extérieure à l’homme, alors nous disons que la religion est: « l’ensemble de statuts spéculatifs qui définissent les attributs de cette force divine, et de règles pratiques qui tracent la façon de l’adorer. »[1]

Cette définition englobe la religion en tant que telle, même si elle est fondée sur le polythéisme et l’idolâtrie. En effet, le Coran lui a donné le nom de religion en disant : « À vous votre religion, à moi ma religion » (109 :6), « Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ceci ne sera point agréé de lui » (3 : 85).
Par ailleurs, certains savants musulmans ont défini la religion comme étant : « Un statut divin conduisant les doués d’une raison saine, par leur choix, vers ce qui procure la bonté dans la vie présente, et la félicité dans la vie future ».

Les religions célestes : Une seule et unique religion

Il est notoirement connu des chercheurs que les religions sont de deux types :

1- Les religions célestes ou les religions du Livre, dans le sens où elle possèdent un livre descendu du ciel, qui porte en lui la guidance de Dieu pour les êtres humains, à l’instar du judaïsme au sujet duquel Dieu a révélé Son Livre la Thora, révélée à Son Messager Moussa (Moïse), que la Paix soit sur lui, du christianisme au sujet duquel Dieu a révélé Son Livre l’Évangile, révélé à Son Messager ‘Issa (Jésus), que la Paix soit sur lui, et l’islam au sujet duquel Dieu a révélé le Coran à l’ultime de Ses Prophètes et Messagers Mohammad (saws).

La différence qui existe entre l’Islam et toutes les autres religions dites du Livre est que Dieu a préservé les fondements et les sources de l’Islam, dans la mesure où il constitue le dernier message divin adressé à l’humanité. Ce dernier n’a subi ni altération ni changement, alors qu’il n’a pas préservé les sources et les livres sacrés des autres religions, subissant ainsi, altération, changement et disparition.

2- Les religions polythéistes ou positives[2] sont affiliées à la terre et non pas au Ciel, aux hommes et non pas à Dieu, comme le bouddhisme en Chine, l’hindouisme en Inde, le zoroastrisme de la Perse Antique, et autres religions en Asie et en Afrique. Ces religions sont soit initialement l’œuvre d’humains comme le bouddhisme, soit une religion dotée, à l’origine,  d’un livre céleste qui a disparu sans laisser aucune trace comme dans le cas du zoroastrisme.

En principe, toutes les religions célestes forment à l’origine une seule et même religion dans leurs fondements dogmatiques, même si leurs législations diffèrent en fonction de la différence de leurs époques. C’est ce qu’affirme le Coran en disant : « Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’il avait enjoint à Noé, ce que nous t’avons révélé, ainsi que ce que nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Établissez la religion; et n’en faites pas un sujet de divisions. » » (Sourate 42, Verset 13), « À chacun de vous, nous avons assigné une législation et un plan à suivre. » (Sourate 5, Verset 48).

Par ailleurs, le Coran affirme que la religion de Dieu est une. Il a fait descendre tous Ses livres avec celle-ci, et c’est avec cette religion qu’Il a envoyé Ses messagers. Il s’agit de l’islam. Dieu dit : « Certes la religion auprès de Dieu, c’est l’islam. »  (Sourate 3, Verset 19). Ainsi, tous les messagers de Dieu étaient musulmans (soumis). : « Abraham n’était ni Juif ni Chrétien. Il était entièrement Musulman (soumis à Dieu) » (Sourate 3, Verset 67), « Et c’est ce qu’Abraham recommanda à ses fils, de même que Jacob: Ô mes fils, certes Dieu vous a choisi la religion : ne mourrez point, donc, autrement que musulmans (soumis) ! » (Sourate 2, Verset 132). Moïse dit à son peuple: « Ô mon peuple! Si vous croyez en Dieu, placez votre confiance en Lui si vous Lui êtes musulmans (soumis) » (Sourate 10, Verset 84). Les apôtres de Jésus dirent : « Nous croyons en Dieu. Et sois témoin que nous Lui sommes soumis (mouslimoun) » (Sourate 3, Verset 52).

Mohammad, le sceau des Messagers (saws) a été envoyé avec l’islam – religion de tous les Messagers – pour confirmer les religions précédentes et ce que contiennent leurs livres respectifs comme vérités religieuses et fondements moraux. De même, le Coran a la prééminence sur ces livres, rectifiant les altérations textuelles et interprétatives qu’a subies la Parole de Dieu, et parachevant les nobles caractères apportés par les messagers de Dieu auparavant, pour qu’ils atteignent leur niveau le plus haut, après que l’humanité ait atteint sa maturité.
Dieu dit en s’adressant à Son Messager Mohammad (saws) : « Et sur toi nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d’après ce que Dieu a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue. » (Sourate 5, Verset 48).

D’après madkhal lima’rifat al-islam (introduction à la connaissance de l’islam), de cheikh Youssef al-Qaradawi, traduit par Havre de Savoir

[1]ad-din p 52

[2] – Dans le sens de « posées » par leurs fondateurs humains.

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