Ce nouveau nom qui est sur toutes les lèvres depuis quatorze siècles est en fait, l’intitulé d’une réalité ancienne qui a vu le jour avec la création. Cette réalité a accompagné l’être humain dans sa marche et a suivi, sans discontinuer, tous les Messages qui ont relié les hommes à leur Maître Suprême et leur ont fait connaître ce que Dieu attendait d’eux.

Ces propos méritent d’être précisés. Qu’entend-t-on par « réalité ancienne » ? La réponse est la suivante: c’est l’essence de la relation entre Dieu et les humains, telle qu’elle a été définie par toutes les religions et telle qu’elle a été enseignée par l’ensemble des Envoyés de Dieu, ces Messagers qui sont apparus dans le passé et auxquels différents peuples ont cru.

Il n’y a donc absolument aucune différence entre ce que Dieu a dit à Moïse (عليه السلام)et ce qu’Il a révélé à Jésus (عليه السلام) ou à Muhammad (صلى الله عليه وسلم).

Il n’y a point de discordance entre ce que ceux-ci ont enseigné à leurs disciples et ce qui a été transmis par les autres Prophètes, et dont nous connaissons en partie les noms. La religion [de Dieu] est une, dans ses éléments constitutifs comme dans ses finalités.

Cette unité universelle de la religion a été confirmée par le Noble Coran dans plus d’un verset. Il s’ensuit que les Prophètes sont frères dans une entreprise commune et qu’il n’est pas permis de s’éparpiller quand on les suit ni d’établir une différence entre eux:

«Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’ Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à et à Jésus: « Établissez la religion, et n’en faites pas un sujet de division ».» (La Consultation 13) ; «Dis: « Nous croyons en Dieu, à ce qu’on a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et ce qui a été donné à Moise, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur: nous ne faisons aucune différence entre   eux; et c’est à lui que nous sommes Soumis »». (La Famille de ‘Imrân: 84).

Le pilier de cette unité, quel que soit le temps ou le lieu, c’est la nature première [de l’homme]. Oui, la nature primordiale [de l’homme] c’est la religion de Dieu. Cette prime nature n’est pas une chose nouvelle chez l’homme; il s’agit d’un cœur sain et d’un esprit sain, rien de plus. L’aptitude de l’individu à profiter de la vie présente ou de la vie éternelle ne se réalise qu’à travers l’intégrité de cette nature première.

On voit souvent des gens se réclamant de la religion et exhibant ses signes son étiquette, mais dont les cœurs sont malades et les pensées troublées. Soyons assurés que ces gens-là sont aussi éloignés de la religion que leurs cœurs sont malades et leurs esprits dérangés. En effet, on ne saurait dire d’une maison dont les murs sont délabrés qu’elle est en bon état, même si elle est recouverte d’une belle peinture! De même, un homme ne peut être qualifié de religieux quand les passions et les superstitions ont corrompu son cœur et son intellect.

La véritable religiosité a pour première base la salubrité de ces systèmes moraux et leur immunité contre tout trouble et tout artifice. Le Très Haut enjoint: « Dirige tout ton être vers la religion monothéiste, telle est la nature que Dieu a originellement donnée aux hommes. Pas de changement à la création de Dieu. Voilà la religion de droiture; mais la plupart des gens ne savent pas». (Les Byzantins: 30).

Les enseignements apportés par l’Islam se proposent de préserver la nature primordiale [de l’homme] des microbes insolites qui l’attaquent sans relâche, tout comme l’homme consomme des nourritures et des médicaments, non pas pour se fabriquer un nouveau corps ou se transformer en une autre créature, mais pour que son entité originelle continue à subsister et à croître, comme Dieu la créée.

C’est la raison pour laquelle Dieu  –  béni et exalte soit-Il – fait suivre le verset relatif à la nature primordiale [de l’homme] cité plus haut, par une somme de moyens susceptibles de la préserver et de la sauvegarder: «Revenez repentants vers Lui; craignez-Le, accomplissez la prière et ne soyez pas parmi les associateurs, parmi ceux qui ont divisé leur religion et formé des sectes, chaque parti exultant de ce qu’il détenait.» (Les Byzantins: 31-32).

Les enseignements religieux sont à la nature première de l’homme ce que les sciences physiques et humaines sont à la raison.

De même que la pensée humaine s’ouvre à de plus grandes perspectives, et de même que ses jugements s’avèrent exacts grâce à ces sciences, de même la nature primordiale de l’homme se purifie, s’épanouit et connaît la voie de la droiture grâce aux enseignements de la religion.

C’est pourquoi il importe de s’acquitter des charges que Dieu a prescrites, afin de garantir cette intégrité humaine tant souhaitée. Le Très Haut affirme: «Quiconque soumet son être à Dieu, tout en étant bienfaisant, s’accroche réellement à l’anse la plus ferme. La fin de toute chose appartient à Dieu.» (Luqmân: 22) «Qui donc professe meilleure religion que celui qui se soumet à Dieu, pratique la charité et suit la religion d’Abraham, homme de droiture? Dieu a pris Abraham pour ami intime.» (Les Femmes: 125).

Ainsi qu’on le voit ici, le Noble Coran renvoie l’origine de la prédisposition à la religiosité aux premières missions prophétiques. C’est pourquoi nous avons dit que l’Islam était un intitulé nouveau pour une réalité ancienne. Muhammad (صلى الله عليه وسلم) est venu pour construire et non pour détruire; il est venu pour confirmer ou déclarer véridiques ceux qui l’ont précédé, non pour leur faire la guerre ou les contester. Sa religion, l’Islam, est la nature humaine pure qui doit s’élever avec elle et en laquelle les hommes doivent se rencontrer.

Extrait de « Ceci est notre religion » – Disponible à l’achat sur ce lien http://havredesavoir-shop.fr/comprehension/10-ceci-est-notre-religion-muhammad-al-ghazali.html

 

 

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