Deux véhicules piégés ont explosé à Mogadiscio. Le bilan ne cesse de s’alourdir et fait état lundi matin de 276 morts et 300 blessés.

Le bilan de l’explosion de deux véhicules piégés à Mogadiscio, samedi 14 octobre, s’est considérablement alourdi et s’établit lundi matin à 276 morts et 300 blessés, a annoncé le ministère de l’information somalien dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi.

Un responsable de la police, cité par l’AFP, avait fait état précédemment d’au moins 137 morts, « la plupart brûlés au point de ne pas être reconnaissables » et de plus de 300 blessés, parfois grièvement.

Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, surnommé Farmajo, qui a rencontré dimanche les blessés à l’hôpital Erdogan, dans la capitale somalienne, a décrété un deuil national de trois jours, après cet attentat considéré par les Somaliens comme le pire de l’histoire de leur pays.

Plusieurs bâtiments alentours endommagés
Un camion a explosé samedi devant le carrefour K5, un secteur très fréquenté de la capitale qui abrite bâtiments officiels, hôtels et restaurants. Le véhicule était garé devant l’hôtel Safari, un établissement populaire, qui n’hébergeait pas de responsables officiels. La déflagration a fortement endommagé plusieurs édifices et mis le feu à des dizaines de véhicules. De nombreux morts ont été retrouvés après des recherches dans les décombres.

Deux heures plus tard environ, un second véhicule a explosé dans le quartier de Medina.
Le ministère qatarien des affaires étrangères a déclaré que sa mission à Mogadiscio avait été gravement endommagée par l’explosion, et son chargé d’affaires blessé. Selon l’Union nationale des journalistes somaliens, un caméraman pigiste, Ali Nur Siyaad, a été tué dans l’explosion, et quatre autres journalistes ont été blessés.

Pas de revendication, mais l’ombre des Chabab
Ce double attentat n’a pas été revendiqué mais le président somalien l’a attribué aux Chabab, qui multiplient ce genre d’attaques depuis des mois à Mogadiscio. En juin, 31 personnes avaient été tuées devant des restaurants de la capitale.

Les djihadistes, qui ont été contraints de se retirer de Mogadiscio en 2011, cherchent depuis dix ans à renverser le gouvernement soutenu par les pays occidentaux et à imposer en Somalie une version stricte de l’islam. Ils contrôlent de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères. L’attentat de samedi a eu lieu un jour après l’annonce de la démission, sans explications, du ministre de la défense et du chef de l’armée.

Soutien de Paris, Londres et l’Union africaine
La France, le Canada, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont envoyé des messages de soutien diplomatique à la Somalie après le double attentat meurtrier de Mogadiscio. L’Union africaine a aussi « réaffirmé son engagement à poursuivre son soutien notamment à travers sa mission militaire en Somalie » : une force de 22 000 hommes soutiennent le gouvernement central contre les islamistes chabab.

La Turquie, donateur et investisseur important en Somalie, a envoyé un avion ambulance militaire pour apporter de l’aide médicale et prendre en charge des blessés de l’attentat.

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