Trame de la sourate

Il existe une relation de complémentarité entre cette sourate et la précédente. Nous avons vu que la sourate al-Fajr condamnait ceux qui ne faisaient pas largesse de leurs biens et qui n’incitaient pas à la bonté.

Al-Balad poursuit en lançant une invitation à la pratique de la vertu. Si al-Fajr nous a montré la nature et le devenir de ceux qui n’avaient pas la crainte, al-Balad, tout en les blâmant, apporte la solution finale : l’engagement dans la «montée », qui n’est autre que le sacrifice.

Cette sourate a pour objet de remettre l’Homme à la place que Dieu lui a assignée sur terre, en le responsabilisant et en l’avertissant. Elle s’adresse à la cité de la Mecque pour s’ouvrir aux autres sociétés humaines.

L’Homme, créé pour fournir constamment des efforts, doit emprunter le chemin droit, semé d’embûches et de difficultés, pour son salut ici-bas et dans l’au-delà.

Ces efforts sont résumés dans la sourate en quatre types :

  • Dépenser de ce que l’on possède ;
  • Développer une croyance ferme en l’au delà ;
  • S’enjoindre à être endurants et miséricordieux ;
  • S’écarter des attributs de l’incroyance.

Comme pour la sourate al-fajr, al-balad se conclue en nous exposant la situation du croyant et de l’incroyant dans l’au delà.

 

Explication par Verset

Verset 1 : Je jure par cette cité !

Il s’agit ici de la Mecque, ville natale du Prophète Mohammad, paix sur lui, dans laquelle il a vécu, prêché l’Islam et d’où il sera pourchassé par ses contribuables.

La ville sanctifiée par Dieu, depuis l’élévation du temple de la Ka’aba par notre patriarche Ibrahim et son fils Ismaïl, paix sur eux, n’a pas toujours été pour notre Prophète un havre de paix. Il y a beaucoup souffert en tant qu’orphelin, d’abord, privé de ses parents, tenu à gagner sa vie en gardant les moutons, puis, en tant que prophète persécuté par les fidèles de la religion polythéiste.

Société en pleine décadence morale, elle n’a retrouvé sa grandeur qu’à la huitième année de l’Hégire, lorsque le Prophète, paix sur lui, y pénétrera triomphalement.

Verset 2 : Et toi, tu es un résident dans cette cité.

Ce verset exprime le fait que la présence du Prophète à la Mecque confère à celle-ci une double sacralité. En effet, nous ne pouvons oublier que c’est Mohammad qui l’a purifiée des vestiges de l’idolâtrie.

L’imam An-Nassafi[1] voit dans ce verset l’autorisation octroyée au Prophète, paix sur lui, en l’an 8 de l’Hégire, lors de la conquête de la cité, d’y combattre alors que toute effusion de sang y est normalement interdite. Cette permission était réservée au Prophète, plus personne n’a pu prétendre à ce privilège après lui.

Ainsi le Prophète, paix sur lui, aurait dû jouir d’un statut privilégié, voire même inviolable en tant que mecquois, à la différence des pèlerins venant de toute l’Arabie. Pourtant, l’entêtement des notables de la Mecque et leur antipathie à l’égard de l’Envoyé de Dieu, ont rendu licite son sang dans cette ville où le gibier même dort en paix. Ils tenteront même à plusieurs reprises d’en finir avec le prophète, paix sur lui, par son élimination physique.

Cette attitude néfaste nous questionne aujourd’hui de manière très sensible, à une époque ou certains hommes, dans leur aveuglement, ne respectent plus les lois et les coutumes, ni même la personne humaine.

Verset 3 : Et par le père et ce qu’il engendre.

Dieu jure ici par Ibrahim et son fils Ismaïl qui sont à l’origine de la naissance de cette cité. Deux personnages que les mecquois sont supposés représenter en suivant leur religion. Cependant, nous avons déjà pu voir comment ces derniers n’étaient plus à la hauteur d’être les détenteurs des clés de la maison de Dieu. Ils ont trahi les enseignements de leurs ancêtres monothéistes (Ibrahim et Ismaïl) et ne respectent plus la sacralité des lieux, martyrisant par la même occasion les croyants.

Saïd ibn Jobaïr dit que ce verset fait allusion à Adam et sa descendance afin de rappeler à l’Homme ses origines divines (Adam crée par Dieu, sans père ni mère), son début et en conséquence sa fin.

Verset 4 : Nous avons crée l’Homme pour une vie de lutte.

En effet, l’Homme a été créé pour connaître une vie pénible de travail et de survie sur Terre. Il doit œuvrer pour subvenir à ses besoins ici-bas et peiner pour gagner l’au-delà. Il ne connaîtra le repos qu’une fois au Paradis.

Son combat commence aux tous premiers débuts de son existence. La course pour la survie débute avec le spermatozoïde qui suit péniblement son chemin tracé par Dieu pour s’arrêter dans l’appareil génital féminin après fécondation de l’ovule.

Puis, l’accouchement se fait dans la douleur et les cris. Le nourrisson découvre un monde étrange qui lui impose des souffrances : la respiration, la digestion… Par la suite, il devra apprendre à marcher, parler, toucher, sentir… Un tel apprentissage des choses de la vie engendre, il va sans dire, parfois certains désagréments.

A l’âge adulte, l’Homme se doit d’assurer sa subsistance et d’entretenir sa famille. La fatigue, la maladie, les malheurs le guettent jusqu’aux derniers instants de sa vie.[2]

Il aura été toute sa vie durant en conflit avec ses semblables et lui-même ; ses désirs ne seront pas toujours des réalités.

Ses ambitions et nombreux projets ne connaîtront pas toujours une concrétisation ; cependant le plus grand malheur ne se trouve pas dans cette vie de lutte mais bien plutôt dans l’hypothèse de peiner de nouveau dans l’au-delà, mais cette fois éternellement. Nous oublions le Jour du Jugement dernier, croyant être à l’abri de celui-ci.

La faiblesse devrait plutôt guider l’Homme vers la puissance de Dieu pour son réconfort. Cependant, l’oubli volontaire et la négligence de ces aspects sont souvent de norme chez l’être humain.

L’Homme a été créé par Dieu pour mener une vie de lutte, quelque soit sa croyance, sa race, son sexe ou son âge. Rien sur Terre n’est gratuit. Il faut semer puis attendre la récolte, tout en la préservant des catastrophes naturelles.

Le jeune musulman doit s’engager sans ménager ses efforts. Il doit peiner pour gagner sa subsistance sans relâche, toute sa vie durant. Il ne tombe du ciel ni de l’or ni de l’argent. Aussi, il faut garder à l’esprit que la main qui donne est meilleure que celle qui reçoit.

De même, le musulman peine pour parachever sa religion. Les invocations doivent être faites avec un effort intense et constant afin que Dieu permette à nos entreprises d’aboutir. Quant à celui qui rêve, espérant goûter à la douceur de la foi sans fournir d’efforts, qu’il sache que Dieu n’aime pas les paresseux.

Ses lamentations, face aux malheurs qui touchent l’Islam et les musulmans, ne sont pas très utiles si elles ne donnent pas naissance à un engagement ferme dans le processus de renouveau de l’Islam. Nous devons changer notre for intérieur en luttant continuellement contre nos passions illicites pour que Dieu change l’état de notre communauté.

Ceci est le minimum demandé à un croyant. L’étape supérieure réclame une participation financière, intellectuelle et physique pour faire évoluer les choses.

Le musulman ne doit pas végéter, il doit avoir constamment à l’esprit que la lutte fait partie de la condition humaine.

Verset 5 : Pense-t-il que personne ne pourrait rien contre lui ?

Après tous ces efforts, l’Homme croit encore dominer son entourage et pense même quelques fois y parvenir. Il se voit tout puissant et refuse de reconnaître sa faiblesse. Sa confiance en ses biens et le confort octroyé par la société lui donnent l’illusion d’être à l’abri d’une autorité supérieure à la sienne. Or, Dieu le ramènera vers Lui et le jugera, tout comme Il jugera plus fort et plus riche que cet individu.

Verset 6 : Il dit : « j’ai dépensé des tas d’argent »

Lorsque ce genre d’individu est appelé à faire acte de charité, il prétend avoir assez dépensé et que nul ne doit lui donner de leçons. Persuadé qu’il a gagné son argent à la sueur de son front, il ne se sent redevable à quiconque. Pourtant, Dieu est au courant de ses intentions.

Ses dons dont il fait largesse ne sont pas le fruit d’une sincérité profonde mais d’une aspiration à imposer une image triomphante de sa personne. Le regard de Dieu ne l’intimide pas.

Si l’Homme avait une approche réelle de la divinité, son comportement serait tout autre. C’est pour cela qu’il est important d’assimiler les fondements de la croyance (al-‘aqida). De notre conception de Dieu dépendra notre pratique.

Verset 7 : Pense-t-il que personne ne l’a vu ?

Nous avons la fâcheuse tendance à nous persuader de notre isolement ou de notre solitude. Ainsi, nous commettons nos exactions à l’abri des regards, oubliant la perpétuelle présence divine. Or, Dieu est omniscient. Rien ne lui échappe.

L’Homme devra rendre des comptes pour avoir gaspillé et dilapidé les biens qui lui ont été confiés. Il ne peut pas se considérer libre de faire ce qu’il veut de son argent. Il serait plus judicieux pour lui de s’en remettre à Dieu qui pourvoie aux besoins des créatures.

N’est-ce pas Lui qui l’a créé à partir d’une goutte de sperme, qui l’a prédisposé à œuvrer sur Terre et à s’accaparer tous ces biens ? Ne l’a-t-il pas façonné de la meilleure des façons? Evidence intimée par les versets suivants.

Verset 8 : Ne l’avons-Nous pas doté de deux yeux ?
Verset 9 : D’une langue et de deux lèvres ?

« Qu’il prenne seulement conscience de ce corps fragile sur lequel il compte pour réaliser ses ambitions !

Qui donc lui a donné ces yeux si précieux, qu’un grain de poussière suffit à perturber, qui donc lui a fait cadeau de tous ces sens grâce auxquels il perçoit son environnement ?

Qui donc a façonné ses lèvres, sa langue, offrant un passage à son langage, lui fournissant le moyen d’exprimer ses sentiments et de négocier avec autrui la satisfaction de ses besoins ?

Ces bienfaits largement répandus ne nous sont-ils pas plus essentiels que les fortunes que nous tentons d’accumuler ? A nous de trouver comment exister, comment employer ces capacités remarquables dont Dieu nous a gratifiés. »[3]

Tout ce qui constitue notre personne nous est très familier. A un tel point que nous restons aveugles face aux miracles de notre propre constitution.

De plus, notre tendance à croire que tout ce qui constitue notre être nous appartient est une erreur monumentale. Si tel était le cas, le mal ne nous toucherait pas. Nous serions maîtres de nous-mêmes.

Verset 10 : Ne lui avons-nous pas indiqué les deux voies ?

Certes, Dieu nous a dotés de facultés nécessaires pour distinguer les deux uniques voies qui existent sur Terre. L’une, celle du bien, mène au Paradis et à la satisfaction de Dieu. L’autre, celle du mal, conduit à l’errance et à l’Enfer. L’Homme est obligé de choisir son chemin.

Dieu l’a guidé une première fois en le dotant de facultés physiques et intellectuelles, lui permettant de distinguer le bien du mal ; puis une seconde fois, en suscitant des messagers porteurs d’un message de paix et de guidance.

L’Homme, pour son propre salut, doit fournir un ultime effort pour affronter les obstacles et atteindre la voie qui mène au bien.

A ce sujet, le Prophète (saws) nous rappelle une réalité triste et amère en disant : « O Hommes, ce sont deux voies bien distinctes : celle du bien et celle du mal. Comment se fait-il donc que vous préfériez celle du mal à celle du bien ? »[4]

Verset 11 : Ne s’engagera-t-il pas dans la montée ?

L’Homme recule souvent devant les barrières de la passion et les obstacles du diable qui l’empêchent de réaliser le bien. Pourtant, il sait se montrer capable de fournir davantage d’efforts pour ce qu’il considère être un bien pour lui, comme par exemple pour amasser des richesses qu’il dilapide à tort et à travers.

Dieu évoque dans le verset suivant l’effort qu’il nous incombe de fournir pour nous engager dans la voie difficile que représente « la montée ».

Verset 12 : Et qui te dira ce qu’est la montée ?

Il faut entendre ce terme de montée comme une ascension vers le bien. L’Homme devra au préalable se préparer pour atteindre le sommet. Le Paradis est entouré des choses détestables. La notion de sacrifice doit être présente en permanence dans l’esprit du musulman.

Verset 13 : C’est libérer un esclave

Rendre aux esclaves leur liberté en dépensant son argent pour les racheter est considéré comme un grand acte de bienfaisance en Islam. C’est par cette noble action que la religion musulmane abolira rapidement une pratique qui demeurera dans nombre de sociétés par la suite.

‘Oqba ibn ‘Amir (rad) rapporte ces propos de l’Envoyé de Dieu (saws) :« Celui qui libérera un esclave croyant, se verra préservé des flammes de l’Enfer dans l’au-delà. »[5]

Al-Bara ibn ‘Azib (rad) rapporte ce qui suit : « Un bédouin questionna un jour l’Envoyé de Dieu (saws) en ces termes : « indique-moi une action qui me fera entrer au Paradis, ô Envoyé de Dieu ! » Le Prophète (saws) lui répondit : libère un esclave ou participe à la libération d’un esclave. »[6]

Le Prophète (saws) montra lui-même l’exemple en libérant Zaïd ibn Haritha qui devint son fils adoptif.

Les premiers musulmans avaient bien assimilé ce verset puisqu’ils se sont mis à libérer ces pauvres gens pour plaire uniquement à Dieu, gagner le Paradis et répandre la justice.

Abu Qohafa, le père d’Abu Bakr, reprocha même à son fils de libérer des esclaves, sans chercher de compensation matérielle. Ce dernier lui répondit : « Je les libère pour la face de Dieu. »

Verset 14 : ou nourrir en un jour de famine.

Il va sans dire que nourrir un affamé ou un pauvre en période de disette demande plus de sacrifice et force beaucoup plus l’admiration qu’en période d’abondance. Plus les temps sont durs, plus nous sommes tentés par l’égoïsme.

Verset 15 : Un orphelin proche parent,

Salman ibn ‘Amir (rad) rapporte ces propos de l’Envoyé de Dieu (saws) : « Une aumône faite à un pauvre mérite une récompense en tant qu’aumône, celle faite à un proche nécessiteux mérite une double récompense, une récompense en tant qu’aumône et une en tant que lien de parenté consolidé. »[7]

L’Islam veut que nous nous montrions attentifs en premier lieu envers notre entourage. D’ailleurs, si chacun s’occupait de ses proches il y aurait moins de problèmes de ce genre.

Verset 16 : ou un pauvre dans le dénuement.

Mériam Herzog commente ce verset en ces termes : « A chacun de se montrer attentif pour distinguer, dans son entourage d’abord, l’orphelin qu’il faut prendre en charge, le pauvre qui «mord poussière », à qui il faut retourner l’estime de lui-même, sans aucune condition d’appartenance ethnique ou religieuse.

De tels actes supposent que le croyant surmonte sa peur des risques encourus pour lui-même, comme sa répugnance à s’identifier à quelqu’un qui lui renvoie une image pitoyable de sa personne, bref qu’il accepte de regarder tout être humain, même le plus apparemment déshérité, comme son frère, au point de ne pas supporter de le voir endurer la faim. »[8]

Il faut garder à l’esprit le fait que ces versets ont été révélés à la Mecque, à une période où l’orphelin, l’esclave et l’affamé n’étaient pas désirés ; à un moment où la communauté musulmane était pauvre et persécutée. Si ce n’était des gens comme Abu Bakr et d’autres bienfaiteurs, beaucoup de ces déshérités auraient péri sous la torture.

Quelle était la raison qui animait ces croyants à pratiquer la charité dans des circonstances aussi difficiles? Recherchaient-ils une satisfaction personnelle, une manifestation de gratitude de la part des démunis ou une promotion sociale ? Rien de tout cela. La foi était le moteur essentiel de leurs actions. Elle leur permettait de persévérer et d’endurer.

Verset 17 : Et c’est, par-dessus tout, faire partie de ceux qui croient, et s’enjoignent mutuellement l’endurance et la miséricorde.

A quoi sert une bonne action sans foi préalable? La foi est le seul garant de la pérennité de nos actions.

Les croyants ont une responsabilité les uns envers les autres. L’Islam nous enseigne, à travers tous les actes d’adoration, la dimension communautaire. L’individu isolé devient la proie de sa faiblesse et de ses passions.

L’encouragement mutuel doit d’abord se faire vis-à-vis de la patience, car c’est elle qui nous permettra de continuer à faire la charité. Le croyant doit rappeler à son frère, qui oublie, que la récompense est à espérer dans l’au-delà ; sinon il pourrait être déçu devant l’ingratitude des gens.

Après la patience, il faut se recommander la miséricorde, car nous avons tous besoin d’amour et d’indulgence. Le réconfort est nécessaire pour la bonne santé du cœur. Ceux qui sont plus solides doivent épauler les plus faibles ; les devoirs sont tellement nombreux que, s’il n’y a pas d’indulgence et de mansuétude, le groupe se disloque et la communauté court à sa perte.

Verset 18 : Ceux-là sont les gens de la droite

Dieu parle dans ce verset de ceux qui savent faire largesse de leurs biens, tenir leur langue, baisser leurs regards, emprunter la voie droite, gravir la montée en libérant l’esclave, en nourrissant l’orphelin proche et le pauvre, en se conseillant mutuellement la patience et la miséricorde. Que Dieu nous donne la force d’être parmi eux, Amin !

Quant à ceux qui n’auront pas voulu se soumettre à Dieu, Le Puissant, leur devenir est évoqué dans les versets suivants.

Verset 19 : Alors que ceux qui ne croient pas en nos versets sont les gens de la gauche.
Verset 20 : Le feu se refermera sur eux.

La balance penche du mauvais côté pour ce type d’Hommes. Le Jour du Jugement ils regretteront d’avoir emprunté la voie des damnés. Les remparts contre la colère de Dieu n’existeront pas. La fuite sera impossible et le feu se refermera sur eux pour l’éternité.

Que Dieu nous en préserve ! Amin !

Résumé et enseignements
  • La Mecque est une ville sacrée. Il est nécessaire pour un croyant de s’y rendre une fois dans sa vie. Pour cela, il faut constituer un plan d’épargne le plus tôt possible.
  • La présence de la Ka’aba est à l’origine de la sacralité du territoire environnant. Que penser de Médine, où se trouve le corps du Prophète (saws) ?
  • Les routes du Paradis sont parsemées d’obstacles difficiles à surmonter. La pente est raide, la route longue, et les difficultés nombreuses.
  • Le croyant doit se pencher sur le mystère de la création : le corps est un univers qui renferme les signes de la puissance du Créateur.
  • Retourner à la non-croyance après en être sorti est une catastrophe. Seules la foi sincère et la réalisation d’actes de bienfaisance pourront préserver le croyant de l’apostasie latente, que vivent beaucoup de musulmans.
  • Sur Terre, le repos est de courte durée. L’Homme a été créé pour œuvrer. Croyant ou non, il devra rendre des comptes le Jour de la Rétribution. Malheur à celui qui n’aura pas accompli son devoir.
  • Dieu a doté la créature de moyens pour distinguer le droit chemin du sentier de l’errance. Le bien et le mal sont apparents. Personne ne pourra prétexter l’ignorance.
  • Le bon musulman ne se lasse pas de dépenser son argent, qu’il sait être un dépôt de Dieu, dans le sentier du bien. Qu’il sache que toute dépense n’est pas vaine !
  • Dieu nous voit lorsque nous faisons largesse de nos biens et lorsque nous thésaurisons. Il laisse faire l’avare, encourage le prodigue et rétribuera tout le monde le jour du Regret.
  • Les orphelins n’ont jamais été aussi nombreux dans la communauté musulmane. Le parrainage est une garantie pour atteindre la satisfaction divine.
  • Nourrir l’affamé est un devoir permanent, au quotidien. Notre conscience de cela doit nous accompagner quotidiennement, notamment lorsque nous faisons des courses ou à table, en évitant le gaspillage.
  • Dieu nous a donné deux lèvres pour «emprisonner » la langue, source de dégâts au quotidien. Le musulman doit dire du bien ou se taire.
  • Libérer les gens du joug, de la matière et des carcans idéologiques, reste, sans doute, de nos jours, l’une des meilleures actions.
  • Toutes ces recommandations précitées ne pourront voir le jour que dans le cadre d’une structure bien ordonnée. L’individu isolé n’aura jamais assez de courage pour endurer et persévérer dans le chemin droit. S’enjoindre mutuellement l’endurance et la clémence est le garant de la continuité.

Tafsir rédigé par le département éducatif de JMF en 1997

[1] Illustre exégète du Coran.

[2] Voir Sayyid Qotb, fi dillal al-Quran.

[3] Mériam Herzog Tourki, Paroles du Coran, page 227

[4]Hadith hassan rapporté par l’imam Tabarî.

[5] Hadith sahih rapporté par l’Imam Ahmad ibn Hanbal,.

[6] Rapporté également par l’imam Ahmad.

[7] Hadith sahih rapporté par l’Imam Ahmad, Tirmidî et Nasaî.

[8] Mériam Herzog, op. cit. p.231.

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