Il n’est pas rare, de nos jours, qu’accomplissement de soi rime avec échec d’autrui et le vieil adage ” le malheur des uns fait le bonheur des autres ” n’est pas pour infirmer ce constat.

Nous pourrions nuancer le propos en émettant l’hypothèse qu’il ne serait que le corollaire de la politique élitiste de notre société, où l’on vous apprend dès votre cursus scolaire, et ainsi votre plus jeune âge, à vous battre pour faire votre place en vous insufflant l’intime conviction qu’il n’y a pas, ici, de place pour les faibles.

De ce fait, l’entraide perd du terrain, et nos collaborations professionnelles ressemblent bientôt à une prépa médecine. Chacun pour sa peau et advienne que pourra. Bien qu’elle soit regrettable, concédons-lui une certaine légitimité. Après tout, réussite professionnelle est mère de confort en besoins primaires, et pourrait donc justifier une certaine détermination dans la compétition.

Ceci étant dit, il est fâcheux de constater que ce rapport à la réussite se retrouve très largement dans nos relations sociales. Qui n’a jamais eu la surprise de constater ce visage pincé d’envie maladroitement dissimulée par une prétendue inquiétude bienveillante: ” Es-tu vraiment sûr de faire le bon choix ? Qu’est-ce que ça va t’apporter ? Tu devrais quand même réfléchir.” Parfois, l’envie est trop forte et le sourire se flanque du fameux ton jaunâtre, souvent orné du non moins célèbre; ” ah… C’est bien… j’suis content pour toi…”. Formule de politesse totalement dénuée d’intention et douloureusement expulsée du bout des lèvres au prix d’un effort considérable.

Si seulement, ces sentiments de frustrations faisaient naître chez eux l’envie de briller, de dépasser leurs coreligionnaires dans les sciences ou les bienfaisances, nos sociétés rivaliseraient d’esprits et de coeurs. Mais il en est tout autre.

A cela plusieurs explications, dont la première serait contextuelle. Disons que nous vivons une époque où l’ambition et la culture de la sueur reculent. La médiocrité est de bon ton et la télé réalité en est son parfait garant. Le bonnet d’âne est devenu cool et le brillant élève, l’objet des railleries. La quête d’un quelconque accomplissement intellectuel et moral ne fait plus recette et on se contentera de l’apparence.

Dans ces conditions, le seul moyen de briller, est de s’assurer d’être le moins médiocre d’entre tous. Ne vous étonnez donc pas de voir toutes ses âmes bienveillantes, qui gravitent autour de vous, s’inquiéter de votre devenir ou de vos intentions dès que votre âme brûle de la moindre ambition. Et bien évidemment, de tenter de vous en dissuader.

Tareq Ramadan disait : « Faites attention aux autorités dont vous ne vous êtes pas libérés. La ilaha illa Allah ça veut dire, mon autorité c’est l’éthique, c’est la justice, c’est le bien. Ce n’est pas toi qui m’imposeras je ne sais quoi, non ! Moi je suis d’abord sous l’autorité de ce qui est juste. Donc ça c’est aussi très important, ce processus dans la réussite sociale, de faire attention à la colonisation des autorités secondaires », et il avait raison !

La seconde explication est encore moins réjouissante !

Relevant moins du complexe d’infériorité que d’un orgueil démesuré, celui-ci ne peut envisager d’être le second… Il convoite richesse ou reconnaissance et ne tolère aucune concurrence. Contrairement au médiocre, il est brillant et travailleur, facteur qui n’est pas pour faciliter sa capacité à admettre que, comme tout un chacun, ses compétences connaissent des limites. Et vous êtes peut être le meilleur des deux… S’il vous concède certaines compétences, ce n’est que dans l’idée qu’elles nuancent le propos à venir sans que nul ne puisse le soupçonner de convoitise. Quelque chose comme : « C’est vrai qu’il est …, Mais… … …….. ».

En ce qui le concerne, tous les moyens seront bons pour vous faire échouer. Dissuasion et manipulation. Médisance et calomnie ne lui feront pas peur si seulement elles lui garantissent votre éviction de la course. Il vous prêtera de mauvaises intentions et boycottera vos actions.

Tareq ramadan disait encore : « Aujourd’hui, on en a besoin. On a besoin dans cette société, de femmes et d’hommes qui réussissent socialement, qui soient présents. Qui s’assument. Qui aient la fierté d’être qui ils sont dans la réussite là où ils sont. Parce qu’il y a des gens qui vous pardonneront tout, ils mangeront avec vous du couscous marocain. Ils aimeront votre musique, ils aimeront votre couleur de peau…. Mais il y en a certains qui ont énormément peur, ils pourront tout partager mais ils ne partageront pas le pouvoir. Et la réussite sociale c’est du pouvoir… Ce n’est pas simplement le pouvoir politique, c’est le pouvoir symbolique. C’est le pouvoir de la représentation de soi… ».

On l’aura bien noté…

Finalement, médiocre assumé ou orgueilleux sans fierté, ils n’hésiteront pas à vous trouver un charme soudain, lorsque votre travail appliqué et votre intention sincère auront convaincu, le Tout Puissant, de vous accorder la réussite. Tableau sombre ou bien pessimiste me direz-vous… bien au contraire… Le déni n’a jamais favorisé la réforme. Prendre conscience est la première et la plus compliquée des étapes. Ensuite les possibilités sont infinies…

Ce qu’il faut faire ?! Éduquer ou ignorer…. Leur malveillance n’aura d’égale que votre bienveillance et vous les soutiendrez dans la réforme comme vous le ferez pour chacun.

S’ils persistent, Ignorez-les… Vous n’avez plus de temps à perdre !

Vous devez briller ! Être les meilleurs…

Efforcez-vous d’être meilleurs chaque jour. Le meilleur d’entre tous. Le meilleur des parents pour vos enfants. Le meilleurs des enfants pour vos parents…le (la) meilleur(e) époux(se). Le meilleur voisin, Le meilleur dans votre profession, le meilleur dans les bonnes actions… Soyez l’épaule des plus faibles, une boussole pour les plus forts… Ne négligez personne et ne laissez personne vous décourager. Veillez sur vos intentions et foncez ! L’ambition est une vertu tant que l’intention est saine et puisque la clé des cœurs est au Seigneur, à vous vos ambitions, à eux leurs suspicions. A Dieu, la vérité…

Cheikh Muhammad al-‘Arifi a dit : ” Certains d’entre nous possèdent des aptitudes liées à la créativité mais il n’en sont pas conscients ou personne ne les a aidés à les mettre en valeur, comme la capacité à faire un discours, une idée commerciale ou une intelligence cognitive… autant de compétences que l’on peut découvrir soi-même ou qui peuvent être valorisées par un enseignant, un supérieur hiérarchique ou un frère sincère. Mais ils sont peu nombreux ! Il se peut que ces compétences demeurent enfouies au fond de l’âme, jusqu’à ce qu’elles soient dominées par d’autres influences. Elles sont étouffées dans l’oeuf et nous perdons alors un leader, un prédicateur ou un savant ou peut-être même un époux qui réussit ou un père de bon conseil…”

…pourtant le Monde a besoin de vous.

A vos (belles) ambitions, prêt…Action !!

Samir G

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