Breaking chain

Abraham Lincoln a écrit en 1864 «Si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais ». Effectivement, l’esclavage est certainement une des plus dures épreuves qu’un être humain peut subir. Non pas car elle implique une hiérarchie entre l’esclave et son maître mais parce que l’esclave est démuni de liberté. Une vie sans liberté est comparable à une vie sans bonheur, car on ne peut vivre heureux sans exprimer et réaliser ses besoins.

Et pourtant, au VIIème siècle, à La Mecque, un homme a goûté au bonheur malgré sa position d’esclave. Cet homme est un des nombreux héros de l’islam et portait le nom de Bilal Ibn Rabah. Il était un noir d’Abyssinie (actuelle Ethiopie).Bilal avait pour maître Oumeya Ibn Khalaf, un chef de tribu Quraych.

Physiquement, Bilal n’était pas très fort. Mais il avait une qualité que beaucoup de nobles lui enviaient, la sagesse d’esprit. Cette même sagesse qui le poussa à croire naturellement au Message de l’islam.

Bilal se convertit à l’islam en secret. Il était inconcevable d’annoncer à son maître sa conversion, alors que ce dernier était un farouche opposant du Prophète Mohamed PBSL.

Pourtant un jour, Bilal fut surprit alors qu’il s’était isolé pour faire sa prière. Oumeya entra alors dans une colère folle et décida de punir sévèrement Bilal.
Durant plusieurs jours, les tortures de Bilal furent exposées aux yeux de tous les mecquois. On allongeait Bilal sur le sable brûlant du désert et on lui posait d’énormes rochers sur son corps. Bilal allait être fouetté et torturé en public, jusqu’à ce qu’il renonce à sa croyance. Le calvaire n’en terminait pas et Bilal s’affaiblissait physiquement de jour en jour.
Oumeya était fou de rage et disait qu’il ferait de Bilal « un exemple pour les esclaves ». Mais Bilal n’abdiquait pas.
Avant l’islam, il agissait en fonction des hommes. Dorénavant, il agirait pour plaire uniquement à Son Créateur. S’il était faible aux yeux des hommes, Bilal voulait se montrer fort aux Yeux de Son Seigneur. Plus on le torturait, plus il répétait « Ahadoun Ahad » (Il est Un Il est Unique) pour glorifier l’unicité d’Allah.
Bilal n’avait ni famille, ni biens. Les hommes l’avaient relégué à un rang inférieur. Et il était en train de s’élever vers Dieu. Il avait goûté la liberté à travers l’islam et rien ne pouvait lui enlever cette liberté.
Dans son calvaire, Bilal forçait l’admiration des plus nobles de Quraych. Finalement, Oumeya semblait beaucoup plus torturé que Bilal face à la détermination de celui-ci. Il ne savait plus comment sortir de cette situation et il commençait à prendre conscience que Bilal n’abandonnerait jamais sa religion.

Aussi, en pleine agonie, notre pieux Abu Bakr alla faire une proposition à Oumeya. Il voulait racheter Bilal dans le but de l’affranchir. Abu Bakr proposa alors une offre considérable qu’Oumeya ne pouvait refuser.
On raconte qu’Oumeya était tellement épuisé de torturer Bilal qu’il aurait accepté n’importe quel prix pour se débarrasser de son esclave. Mais son orgueil lui fit prononcer une mauvaise parole le jour de la transaction : « Tu as fais une bien mauvaise affaire O Abu Bakr ». Celui qu’on appelait « Le véridique » rétorqua avec beaucoup plus de sagesse : « Par Dieu, même si tu avais augmenté le prix à 1000 ouqias, je l’aurai acheté de toute façon ». A juste titre, lorsqu’on citait le nom d’Abu Bakr devant Omar Ibn Al Khattab, celui-ci disait « Abu Bakr est notre maître qui a délivré notre maître » en faisant allusion à ce grand personnage de l’islam Bilal Ibn Rabah.

Oumeya qui voulut faire de Bilal un « exemple » était finalement celui qui avait fait « une bien mauvaise affaire ». Non seulement, il n’avait pas réussit à soumettre Bilal, mais tous les mecquois musulmans ou non, prirent conscience de la force et la détermination de Bilal. Il était sorti gagnant de son premier duel contre Oumeya.

Bilal était donc devenu un homme libre. Allah avait renforcé sa foi à travers cette terrible épreuve. Il devint alors uniquement l’esclave de Dieu. Et Dieu l’honora par la suite en faisant de lui le premier muezzin de l’islam. Que j’aurais aimé être à la mosquée de Quba lorsque Bilal fit le premier appel à la prière !! Quelle émotion !!
J’aurais aimé me tenir au coté de Omar Ibn Al Khattab lorsqu’il vit Bilal faire l’adhan. Omar Ibn Al Khattab raconta au Prophète pbsl qu’il avait vu cet appel dans ses songes. Quel miracle !! Dieu avait élevé Son Esclave pour le placer sur le toit de Sa Mosquée et glorifier Sa Grandeur :

« Allah est Le Plus Grand,
J’atteste qu’il n’y a de Dieu que Dieu,
J’atteste que Mohamed est Son Messager,
Venez à la prière,
Venez à la félicité,
Allah est Le Plus Grand,
Il n’y a de Dieu que Dieu »

Par la suite, Dieu honora de nouveau Bilal. En effet, à la bataille de Badr Bilal se retrouva face à son ancien maître pour un second duel décisif. Oumeya était terrifié. Bilal prit le dessus et tua celui qui le torturait des années plus tôt.

Fenelon, célèbre écrivain français a écrit que « le plus libre des hommes est celui qui est libre dans l’esclavage même ». Bilal illustre parfaitement cette citation. Il a été un homme pleinement libre quand il a choisit d’embrasser l’islam jusqu’au jour où il a quitté ce monde. La dernière parole noble qu’il a prononcé fut adressée à son épouse. Elle pleurait et Bilal pour la réconforter dit « Ne pleure pas. Pourquoi pleures-tu ? J’ai hâte de retrouver le Prophète et Ses Compagnons après une si longue séparation ? Si Allah Le Veut, je les retrouverai tous ».
Bilal ne laissa aucun héritage matériel ni de descendance après lui. Mais il nous a laissé quelque chose d’unique et inestimable dans ce monde : l’adhan. Chaque fois que vous entendez l’appel à la prière, remémorez-vous l’histoire de cet homme qui fut le premier muezzin de l’islam.

Que Dieu nous Accorde Son Paradis afin que l’on puisse nous aussi entendre la voix sublime et mélodieuse de Bilal. Plus personne ne l’a entendu depuis la mort de notre Bien Aimé Mohamed. Bilal fut tellement attristé à la mort du Prophète que faire l’adhan lui était devenu insupportable. Comment pouvait-il encore appeler à la prière et ne plus voir son Prophète y répondre ?

Ta voix raisonne toujours dans nos coeurs. Oh Bilal, que la Paix et la Miséricorde de Dieu soient sur toi !

Lounès

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