Nos hommes politiques, nous disent-ils toujours  la vérité ?

« Le courage, en politique, c’est de dire la vérité aux français » avons-nous l’habitude d’entendre chez les politiques. Est-ce pour autant qu’ils nous disent réellement ce qu’ils vont ou pourront réaliser quand ils seront élus. Est-ce qu’ils sont prêts à se sacrifier aux réformes, aux projets qui ne feront surement pas l’unanimité dans la population même s’ils les jugent nécessaires pour l’avenir de la nation. Nous avons vu beaucoup de gouvernements être dissous en raison de réformes impopulaires. Le courage a-t-il un sens en politique ?

Le problème est que les hommes politiques sont sûrs de ne pas être élus s’ils ne nous disent que la vérité et les électeurs savent que les politiques aussi promettent l’impossible, mais ils y complaisent dans cette liste de promesses, quelle ambivalence ; imaginons un candidat qui ne ferait pas de promesses ou qui en ferait un minimum, je pense qu’il serait qualifié par tous d’incompétent. Dire la vérité n’est pas payant en politique. D’où le rôle de plus en plus grand des publicitaires, des spécialistes de la communication qui travaillent à la virgule près le discours des candidats, au centimètre près ses sorties, mettant de plus en plus dans la difficulté le « pauvre » électeur qui n’a ni les moyens, ni le temps, ni l’énergie pour décortiquer et comprendre déjà les vocabulaires utilisés, les programmes, la personnalité qui se cache réellement derrière ce candidat, toujours souriant.

En son temps, Machiavel conseillait déjà au prince de devenir « grand simulateur et dissimulateur », « d’apprendre à manœuvrer par ruse la cervelle des gens » car, disait-il, « qui trompe trouvera toujours qui se laisse tromper », (Machiavel, Le Prince). Malheureusement les conséquences sont désastreuses pour la démocratie, car mensonge et promesses non tenues ne font qu’augmenter la désaffection des électeurs de la politique ou leur rangement dans les extrêmes.

Mais aussi, il serait utopique, en tant qu’électeur de prendre les hommes politiques pour des hommes providentiels, des supermen ou superwomen, dont l’arrivée au pouvoir résoudrait tous les problèmes. Certes ils ont une large part de responsabilité mais la France n’est pas isolée du reste du monde, il y a l’Europe, il y a l’international qui ont de l’influence également sur nos vies quelque soit la couleur politique du pouvoir. Nous ne devons pas oublier aussi notre responsabilité individuelle, si on veut que la France change, chacun doit être prêt aussi à faire des sacrifices le moment venu. Tout le monde sait, par exemple, qu’il faut réformer les retraites mais qui acceptera de travailler plus longtemps et de percevoir une pension moindre ?

Nul homme politique n’ose annoncer qu’il fera des réformes douloureuses, même si tout le monde est d’accord que le pays ne peut continuer comme tel. Personne non plus ne veut que ces réformes touchent à son portemonnaie, « il faut réformer mais pas au détriment de mes intérêts ». De même qu’aucun homme politique n’osera faire des promesses impopulaires.

L’électeur qui mettra son bulletin dans l’urne ne doit pas oublier qu’entre le souhaitable et le réalisable, il y a un énorme pas à franchir et c’est la raison pour laquelle les vœux des candidats ne doivent pas être notre seul facteur déterminant dans le choix. Difficile de choisir quand même !

El Hadji Babou BITEYE

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