Ousama ibn Zeyd, que Dieu l’agrée, dit un jour au Prophète, que la Paix et la Bénédiction soient sur lui : « Ô Messager de Dieu ! Je ne t’ai jamais vu jeûner pendant un mois comme tu jeûnes pendant Sha’ban ? » Il dit : « C’est à mois que les gens négligent. Situé entre Rajab et Ramadan, c’est un mois pendant le quel les œuvres sont élevées vers le Maître des mondes, et j’aime que mes œuvres soient élevées alors que je suis en état de jeûne » (Rapporté par Abou Daoud et an-Nasa-y).

Al-Bayhaqi rapporte que ‘Aïsha, que Dieu l’agrée, dit : « Le Messager de Dieu, que la Paix et Bénédiction de Dieu soient sur lui, se leva, une nuit et pria. Il resta si longtemps en prosternation que je crus qu’il avait rendu l’âme. Je me levai alors et fit bouger son orteil. C’est alors qu’il bougea. Je sus alors qu’il allait bien. Je regagnai ma place et l’entendis réciter cette invocation pendant sa prosternation : « Seigneur Dieu! Je cherche protection dans Ta satisfaction contre Ta colère, dans Ton pardon contre Ton châtiment et en Toi contre Toi-même. Je ne pourrais Te louer autant que Tu T’es loué Toi-même ». Lorsqu’il acheva sa Prière, il dit à ‘Aïsha : « Pensais-tu que je t’avais abandonné ? Sais-tu quelle est cette nuit ? » Elle dit : « Dieu et Son Messager sont plus savants ». Il dit : « C’est la nuit de la moitié de Sha’ban. Dieu descend au cours de cette nuit au ciel d’ici-bas et dit : « Y a-t-il quelqu’un qui implore le pardon pour que je lui pardonne, y a-t-il quelqu’un qui M’invoque pour que je lui exauce son invocation, et Il ajourne les gens haineux en les laissant comme ils sont ».

Ces deux hadiths reflètent l’extrême importance du mois de Sha’ban. Les gens les plus à même à profiter de cette occasion sont ceux qui sont coupables de manquement vis à vis de Dieu. C’est à dire, la plupart d’entre nous.

En effet, celui que Dieu a aidé à être fortement lié à Dieu tout le temps et dans toutes les circonstances, ne voit peut-être pas l’opportunité de choisir un temps plutôt qu’un autre pour se rapprocher de Dieu, car son cœur est constamment orienté vers Dieu. Par contre, les gens comme nous, coupables sans cesse de manquement, sont les plus à même à rechercher ses occasions exceptionnelles pour doubler d’efforts dans l’adoration. Peut-être qu’une adoration pendant un moment béni permet de rattraper de nombreux moments d’insouciance, et peut-être qu’un retour à Dieu de la part de coupables de manquements ou de péchés, pendant un temps béni, au cours d’un mois béni comme ce mois, peut intercéder en faveur du coupable pendant les autres temps et pendant les temps à venir. Profitons donc de ce mois pour nous réformer et nous rapprocher de Dieu.

Ces deux hadiths nous mettent en évidence une autre vérité : le fait de se rapprocher de Dieu, au cours de ce mois, par les actes d’adoration et de dévotion est quelque chose de louable. Ils nous indiquent également que c’est Dieu, Lui-même, qui se présente à Ses serviteurs pour leur rappeler de l’invoquer afin qu’Il les exauce, et lui implorer le pardon afin qu’Il leur pardonne. Mais, le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu, rajoute : « et Il ajourne les gens haineux en les laissant comme ils sont », qu’entend-il par là ?

Cela signifie que les actes d’adoration et de dévotions telles que la Prière, le jeûne, l’invocation, les implorations … sont conditionnées par la sainteté et la bonté du cœur. Le centre de tous ces actes est le cœur purifié de toute haine et de toute rancune ; le cœur purifié de tout mauvais comportement envers les proches et les moins proches. Quant à celui qui multiplient ses prières et ses actes de dévotion, tout en ayant un cœur infesté par l’obscurité de la haine et de la rancœur, tout en se comportant mal avec les gens, tout en étant ingrat envers ses parents, Dieu lui gèlera ses actions, et ses adorations ne lui seront d’aucune utilité.

Beaucoup sont ceux qui prient énormément, jeûnent fréquemment et assistent assidument aux exhortations et aux cours de sciences religieuses, mais souvent leur comportement avec les autres, proches et moins proches, musulmans et non-musulmans, est un comportement mauvais qui reflète un cœur malade. Pensez-vous que ces actes d’adoration leur seront d’une quelconque utilité ? Pas du tout ! Le jeune qui accepte de ne pas respecter ses parents, le voisinage et l’environnement dans lequel il vit, et si quelqu’un venait à l’exhorter et lui rappeler les enseignements de Dieu, il s’en détourne avec arrogance, puis, se presse à se rendre à la mosquée pour prier, écouter le discours de l’imam ou diffuser des rappels, celui-ci ne pourrait tirer profit de ses actes d’adoration, comme le dit le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, même pendant la nuit médiane de Sha’ban.

Comment puis-je être sincère alors que Dieu m’ordonne dans Son livre en disant : « Et ton Seigneur a décrété : « N’adorez que Lui ; et marquez de la bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point « Fi ! » et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses, et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit » » (Sourate 14, Verset 23, 24), « Ô vous qui avez cru respectez vos engagements » (Sourate 5, Verset 1), « Et ne détourne pas ton visage des hommes, et ne foule pas la terre avec arrogance, car Dieu n’aime pas le présomptueux vantard. Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta voix, car la plus détestée des voix, c’est bien la voix des ânes » (Sourate 31, Verset 18, 19), « Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets injurieux » (Sourate 49, verset 11), « Evitez de trop conjecturer sur autrui car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas ; et ne médisez pas les uns des autres » (Sourate 49, Verset 12), « Et quand vous parlez soyez équitables même s’ils ‘agit d’un proche parent » (Sourate 6, Verset 152), « Craignez Dieu soyez du nombre des véridiques » (Sourate 9, Verset 119), « Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables » (Sourate 17, Verset 26, 27), « Et dites de bonnes paroles aux gens » (Sourate 2, Verset 83), « Et ne recherche pas la corruption sur terre, car Dieu n’aime point les corrupteurs » (Sourate 28, Verset 77), « Dieu n’aime point les injustes » (Sourate 3, Verset 140) … Comment puis-je être sincère vis à vis de Dieu si j’entends ce qu’Il dit, puis m’en détourne, en essayant de combler mes manquements par la multiplicité des prières, l’abondance du jeûne, de l’aumône et la présence à la mosquée et aux cours ! Toutes ces actions ne pourront couvrir ces mauvaises actions ! Et cette forme d’adoration, qui ne sont des adorations que dans la forme, ne pourrait servir d’intercession.

Par ailleurs, Dieu nous a demandé de l’adorer à travers les actes d’adoration pour que ces actes soient le moyen de purifier le cœur de l’obscurité de la haine et de la rancœur, et pour que la toile de l’amour s’étende au cercle restreint qui est la famille, puis au cercle plus grand qui est la société, de manière à répandre le bon comportement entre les gens et à répandre la confiance mutuelle.

Dieu a fait de la religion un moyen pour développer le bon comportement et élever le niveau des caractères au niveau que Dieu agrée pour Ses serviteurs.

Enfin, rappelons ces paroles pleines d’enseignements relatées par ‘Aïsha, que Dieu l’agrée, d’après le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui : Sais-tu quelle est cette nuit ? » Elle dit : « Dieu et Son Messager sont plus savants ». Il dit :  « C’est la nuit de la moitié de Sha’ban. Dieu descend au cours de cette nuit au ciel d’ici-bas et dit : « Y a-t-il quelqu’un qui implore le pardon pour que je lui pardonne, y a-t-il quelqu’un qui M’invoque pour que je lui exauce son invocation, et Il ajourne les gens haineux en les laissant comme ils sont », c’est à dire, même s’ils invoquent, même s’ils implorent, même s’ils prient et jeûnent, même s’ils viennent vers Dieu avec des formes d’adoration, car une adoration qui cache une désobéissance ne peut être valide. Elle relève de l’hypocrisie plus qu’elle ne relève du bon rapport à Dieu.

Moncef Zenati (d’après un sermon de cheikh al-Bouti, que Dieu lui fasse miséricorde)

1 commentaire

  1. Salam
    Merci pour l’article. Il faut penser à retranscrire les douaa pour que votre écrit soit opérationnel et fonctionnel. Baraka Allahou fikoum

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