Le besoin humain de religion en général et d’Islam en particulier n’est pas un besoin secondaire, ni marginal. C’est un besoin fondamental qui est inhérent à l’essence même de la vie, au mystère de l’existence, et qui est ancré dans l’Homme, au plus profond de son être.

D’une manière la plus synthétique, nous indiquons ici en quoi la religion est un besoin dans la vie de l’Homme.

La nécessité d’avoir une réponse aux questions existentielles

Le besoin de l’homme d’une foi religieuse émane tout d’abord de son besoin de se connaître lui-même et de connaître le vaste monde qui l’entoure ; c’est à dire, le besoin de connaître la réponse aux questions qui ont préoccupés les différentes philosophies humaines, sans pour autant leur apporter une réponse satisfaisante.

Depuis sa création, d’insistantes questions surviennent à l’Homme. Y trouver des réponses est une besoin pour lui : D’où vient-il ? Où va-t-il ? Pourquoi ? Quoiqu’il soit occupé à satisfaire ses besoins mondains, il s’arrêtera un jour pour se poser ces questions éternelles :

  • L’homme se demande au fond de lui : D’ou je viens, et d’où vient cet immense univers autour de moi ? Me suis-je créé moi-même ou bien suis-je l’œuvre d’un Créateur ? Qui est-ce ? Quel est mon rapport à lui ? Ce monde immense avec sa terre, son ciel, ses animaux, ses végétaux, ses matières inertes, ses planètes, s’est-il créé tout seul, ou est-il l’œuvre d’un créateur ordonnateur ?
  • Qu’y a-t-il après cette vie, après la mort ? Quelle destination après ce bref voyage sur Terre ? L’histoire de la vie se résumerait-elle à des matrices qui propulsent et une terre qui engloutit, et puis rien ? Comment la fin des êtres bons et purs, qui ont sacrifié leurs vies pour la Vérité et le bien, serait égale à celle des mauvais et corrompus, qui ont sacrifié les autres pour leurs égos et passions ? La vie s’arrêterait-elle avec la mort ? Ou bien y a-t-il après la mort une vie au cours de laquelle on rétribuera ceux qui font le mal en fonction de leurs œuvres, et récompensera les bienfaisants ?
    3) Pourquoi l’Homme existe-il ? Pourquoi est-il doté d’une raison et d’une volonté le distinguant des autres êtres vivants ? Pourquoi lui a-t-on assujetti l’Univers ? Y a-t-il un but à son existence ? A-t-il une mission à accomplir durant sa vie ? Ou existe-t-il simplement pour jouir et manger comme mangent mes bestiaux ? Et s’il y a un but à son existence, quel est ce dernier ? Comment le saura-t-il ?
  • Des questions qui se posent inlassablement à l’être humain de tout temps, et qui attendant des réponses satisfaisantes qui apaisent le cœur. Il n’y a aucun moyen de parvenir à ces réponses satisfaisantes qu’en revenant à la Religion, à la foi saine. C’est la Religion qui fait connaître à l’Homme qu’il n’est pas passé du néant à l’existence par hasard, et qu’il n’a pas existé dans ce monde tout seul. C’est la Religion qui lui apprend qu’il est la créature d’un créateur suprême, qui est son Seigneur qui l’a créé et façonné harmonieusement, insufflé en lui son âme, octroyé la vue, l’ouïe et la raison, et l’a comblé de ses grâces depuis qu’il était encore au stade de fœtus dans le ventre de sa mère : « Ne vous avons-Nous pas créés d’une eau vile, que Nous avons placée dans un reposoir sûr, pour une durée connue ? Nous l’avons décrété ainsi et Nous décrétons tout de façon parfaite » (77 : 20-23).

Par ailleurs, cet immense univers autour de l’Homme, ne lui est ni étrange, ni ennemi. Comme lui, cet univers est une créature de Dieu. Il n’évolue pas d’une manière aléatoire sans respecter aucune norme. Tout ce qui s’y trouve est agencé d’une manière parfaite. Tout y répond à des normes précises en parfait équilibre et harmonie. C’est une grâce de Dieu envers l’être humain et une miséricorde. L’homme jouit de bienfaits de Dieu et de Ses bénédictions. Il médite les signes de Dieu qui le renvoient à son créateur : « Celui qui a créé et agencé harmonieusement, qui a déterminé et guidé. » (78 : 2-3), « En vérité, dans la création des cieux et de la Terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence. » (3 : 190).

Par cette foi, l’Homme se trouve lié au monde immense, et au Seigneur de tout ce monde. Ce qui lui permet de ne pas vivre en se repliant sur lui-même, isolé et craintif de ce qui l’entoure.

C’est la Religion qui fait connaître à l’Homme : où ira-t-il après la vie et la mort ? Elle lui fait connaître que la mort n’est pas synonyme de néant, mais plutôt un passage d’une étape à une autre, à une vie intermédiaire [1] , suivie d’une autre vie au cours de laquelle toute âme sera rétribuée selon ce qu’elle a acquis, qui sera éternelle en fonction des œuvres. Aucune œuvre ne saurait être négligée, et nul ne saurait échapper à la justice divine, qu’il soit tyran ou arrogant : « Ce jour-là, les gens sortiront séparément pour que leur soient montrées leurs œuvres. Quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d’un atome, le verra. » (99 : 6-8). Ainsi, l’Homme saura qu’il a été créé pour l’éternité. Par la mort, il ne fait que passer d’une demeure à une autre.

C’est la Religion qui fait connaître à l’Homme : Pourquoi a-t-il été créé ? Pourquoi a-t-il été honoré et préféré aux autres créatures ? De même, la Religion fait prendre connaissance à l’Homme du but de son existence, de sa mission au cours de cette existence. Il n’a pas été ni créé sans but, ni laissé à lui-même. Il a été créé pour être le vicaire de Dieu sur Terre, pour peupler et exploiter la Terre conformément à ce que Dieu aime et agrée, pour découvrir et dévoiler ses composantes et de consommer de ses bonnes choses, sans transgresser le droit d’autrui et sans oublier le droit de Dieu, dont le premier consiste à l’adorer d’une manière exclusive, sans rien lui associer, et l’adorer selon ce qu’il a légiféré à travers Ses messagers, envoyés en tant que guides, annonciateurs de bonnes nouvelles et avertisseurs. Si l’Homme accomplit sa mission dans ce monde cerné d’astreintes et d’épreuves, il trouvera sa récompense dans l’au-delà : « Le jour où chaque âme se trouvera confrontée avec ce qu’elle aura fait de bien et ce qu’elle aura fait de mal. » (3 : 30)

C’est ainsi que l’Homme percera le mystère de son existence et saisira sa mission dans la vie, telle qu’expliquée par le Créateur de l’univers, et le Donateur de la vie.

Celui qui vit sans une foi en Dieu et à l’au-delà est un être malheureux. A ses yeux, il n’est qu’un simple animal que rien ne distingue des autres animaux peuplant la Terre qui mangent, jouissent et meurent sans avoir de but et sans saisir le secret de leur vie. A ses yeux, c’est un être insignifiant, sans poids ni valeur. Il existe mais ignore comment il a existé et qui l’a créé ? Il vit mais ne sait pas pourquoi il vit ? Il meurt mais ne sait pas pourquoi il meurt ? Qu’y a-t-il après la mort ? Il est en permanence habité par le doute. Il est aveugle au sujet de sa vie et de sa mort, des son début et de sa fin : « Mais leurs sciences se sont rejointes au sujet de l’autre monde. Ils doutent plutôt là-dessus. Ou plutôt ils sont aveugles à son sujet. » (27 : 66).

Quelle est dure la vie de celui qui vit dans l’enfer du doute et de la perplexité, ou dans l’obscurité de l’aveuglement et de l’ignorance, en ce qui le concerne de la manière la plus intime : la réalité de son être, le secret de son existence, le but de sa vie. Cet être est véritablement malheureux, même s’il baigne dans l’opulence, détenant les plus hauts diplômes et occupant les rangs les plus élevés.

Il existe, certes, une grande différence entre quelqu’un comme `Omar al-Khayyâm parlant de son doute et de sa perplexité :

J’ai porté l’habit de la vie sans consulter
Je m’y suis trouvé perplexe entre pensées différentes
J’ôterai de moi cet habit sans savoir pourquoi
Suis-je venu, et où en est l’échappatoire.

et un autre poète qui dit avec certitude et en toute sérénité :

La mort n’est rien d’autre qu’un voyage,
sauf que c’est un voyage de la demeure éphémère à la demeure éternelle.

`Omar ibn `Abd al-`Aziz disait : « Nous sommes créés pour l’éternité. Nous seulement déplacés d’une demeure à une autre. »

Ainsi, Le besoin humain de religion émane, tout d’abord, de son besoin de se connaître lui-même et de connaître les plus grandes vérités de l’existence. La première et la plus importante de ces vérités est : l’existence de Dieu, Son unicité et Sa perfection. Par la connaissance de cette vérité et la croyance en celle-ci se manifestent à l’Homme le but et l’orientation, et se tracent la voie et le chemin.

madlhal lima’rifat al-islam (introduction à la connaissance de l’islam) de cheikh Youssef al-Qaradawi,

Traduit pas Havre De Savoir

 [1] – Le temps qui s’écoule depuis la mort jusqu’au jour de la Résurrection

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