Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé tard mercredi avoir rejeté une demande d’entretien du nouveau vice-président égyptien, Mohamed El Baradei, au motif qu’il n’était pas un représentant légitime de l’Égypte. “Comment est-ce que je pourrais parler avec toi ? Tu n’a pas été élu, tu as été nommé par les dirigeants du coup d’État” qui a renversé le président Mohamed Morsi le 3 juillet, a affirmé Recep Tayyip Erdogan à Ankara lors d’un repas de rupture du jeûne musulman du ramadan.

Le Premier ministre a indiqué lors de cette allocution, dont la chaîne CNN-Türk a diffusé jeudi des extraits sur son site internet, avoir reçu une lettre de Mohamed El Baradei sollicitant un entretien téléphonique. “Ils n’aiment pas ce qu’on dit, ils sont mal à l’aise. Ils disent que certaines déclarations et évaluations ont été faites en raison d’une connaissance insuffisante des réalités. Ils disent qu’on peut en discuter au téléphone”, a commenté Recep Tayyip Erdogan.

“Fort ressentiment”

“Il existe un fort ressentiment concernant les remarques répétées de responsables turcs au sujet de la situation intérieure en Égypte”, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères égyptien , Badr Abdelatty. Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l’ex-président égyptien, destitué par l’armée, était le seul chef de l’État légitime en Égypte parce qu’il avait “été élu par le peuple”, selon des propos rapportés dimanche par le journal turc Today’s Zaman, favorable au gouvernement.

Le chef du gouvernement islamo-conservateur turc, proche de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, avait déjà qualifié la destitution de “contraire à la démocratie”. L’armée égyptienne a mis en place un président intérimaire civil, Adly Mansour, qui a lui-même chargé un ancien ministre des Finances, Hazem el-Beblaoui, de former un gouvernement. Le nouveau pouvoir dément être issu d’un coup d’État, en faisant valoir que la déposition de Mohamed Morsi s’est faite après des manifestations populaires monstres contre lui traduisant une perte de légitimité. Les relations entre la Turquie et l’Égypte s’étaient fortement renforcées durant la présidence de Mohamed Morsi, Ankara faisant du Caire l’un de ses partenaires privilégiés dans sa stratégie d’influence régionale.

 

Source : lepoint.fr

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