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La France, numéro un mondial de la censure de tweets

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Les autorités françaises sont à l’origine de 87% des demandes de suppression de contenu reçues par le réseau social au niveau mondial.

La France, contrée de la liberté d’expression ? Ce n’est pas ce que suggèrent les statistiques révélées jeudi par Twitter, qui place l’Hexagone au rang de champion mondial de la censure de tweets dans le monde. Un résultat qui ne va pas sans rappeler les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur Manuel Valls en faveur d’un encadrement plus strict des réseaux sociaux sur Internet.

Entre juillet et fin décembre 2013, l’Etat français s’est tourné 306 fois vers Twitter pour demander des informations sur 146 comptes à des fins de retrait de contenu. Plus d’un tiers (35%) de ces demandes ont été satisfaites, aboutissant au retrait de 133 tweets.

Alors qu’elles ne s’élevaient qu’au nombre de 3 au premier semestre 2013, ces demandes de suppression de la part des autorités françaises représentent au second trimestre 87% des requêtes similaires dans le monde.

En juillet dernier, la justice française avait ainsi obligé Twitter à fournir l’identité des auteurs de certains comptes contenant des propos racistes ou antisémites, notamment dans l’affaire du hashtag #unbonjuif qui avait déclenché une vague de commentaires de antisémites en octobre 2012.

Des requêtes gouvernementales en hausse

Dans le monde, le nombre total des requêtes (information et suppression) se monte à 1.410, en hausse de 849 comparé aux premières statistiques publiées début 2012.

« Et sur les 24 derniers mois, nous avons enregistré une hausse de 66% des demandes d’informations sur des comptes, demandes venant de plus de 45 pays et concernant plus 6.400 comptes à travers le monde », ajoute le réseau social.

« La majorité des demandes gouvernementales d’informations sur les comptes proviennent toujours des États-Unis« , avec une part de 59%, précise cependant le rapport. Suivent ensuite le Japon, l’Arabie Saoudite, et la France.

Réduire la liberté d’expression pour mieux la protéger ?

Ces révélations interviennent alors que le débat sur la liberté d’expression bat son plein dans l’Hexagone, suite au discours controversé du ministre de l’Intérieur Manuel Valls au Forum International de la Cybersécurité le 21 janvier. Le ministre avait alors longuement rappelé que l’Etat était là pour protéger la liberté d’expression… avant d’expliquer comment il comptait la réduire.

« Grâce à la concertation conduite avec [Twitter], des engagements ont pu être obtenus, concernant la suppression des contenus illicites, déclarait le ministre. Twitter a mis en place des techniques permettant de restreindre l’affichage de contenus prohibés dans les seuls pays où ils sont illicites – je pense au contenus xénophobes et discriminatoires, illicites en France, mais pas aux Etats-Unis. »

Manuel Valls avait également assuré qu’il serait désormais plus facile pour la police d’accéder aux données personnelles et que Twitter serait chargé de réaliser un premier écrémage sous la forme d’une censure partielle, en déréférençant « les hashtags à succès, mais illicites, quand ils apparaissent dans les  » Tendances » de sa page d’accueil » afin de  » limiter leur résonance ». La France semble bien partie pour se maintenir en tête de la censure sur Twitter au premier semestre 2014.

Source : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140207trib000814232/la-france-numero-un-mondial-de-la-censure-de-tweets.html

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