Des meurtres  passés sous silence

Nous sommes le  17 octobre 1961, alors que la guerre d’Algérie est en train de se terminer dans la douleur, les Algériens et les sympathisants de leur cause sont invités à manifester dans le calme à Paris, pour revendiquer l’arrêt de la guerre, l’autodétermination du peuple algérien et la levée du couvre-feu imposé aux Algériens de Paris, en vigueur depuis le 5 octobre de la même année. Les manifestants étaient environs 50.000 dans les rues de Paris à manifester pacifiquement.

Ces milliers d’hommes et femmes sont alors pris pour cibles par les fonctionnaires de police, dirigés par Maurice Papon, Préfet de police depuis mars 1958. Le bilan fut très lourd,11.730 arrestations et plus de 300 morts, exécutés de sang-froid et lâchement jetés dans les eaux glacés de la Seine.

Longtemps passé sous silence, il faudra attendre le 20 mai 1998 pour que le sujet soit abordé au grand public. Jean-Luc Einaudi,  écrit alors dans le journal « Le Monde » un article qui pointe du doigt le préfet Maurice Papon, en écrivant : « en octobre 1961, il y a eu un massacre à Paris… ».

"La paix en Algérie" c'est ce que réclamaient les manifestants pacifiques
“La paix en Algérie” c’est ce que réclamaient les manifestants pacifiques
Reconnaissance du génocide en Algérie

Ces dernières années, personne ne peut contester qu’il y a eu une reconnaissance de la part de collectivités locales, notamment la mairie de Paris qui en 2001, a fait un geste fort avec l’apposition d’une plaque commémorative sur le pont St-Michel. D’autres communes de la banlieue parisienne ont fait des gestes similaires.

Il est vrai aussi que François Hollande a déclaré en 2012 : “ Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes “.

Ce que nous réclamons aujourd’hui, c’est que la France reconnaisse officiellement sa responsabilité directe dans le génocide commis à l’encontre des algériens, que ce soit à Paris le 17 octobre 1961, ou en Algérie durant toute la période de colonisation. La France a bien reconnu son implication dans le génocide commis par les nazis sous le gouvernement de Vichy. Il est temps d’enterrer cette page triste de l’Histoire de France, mais ce traumatisme persistera tant que l’Etat français ne prendra pas ses responsabilités.

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