Je n’aime pas Nicolas Sarkozy car tout d’abord il a ravivé les blessures, élargi les fissures, creusé davantage de fossés, fragilisant l’édifice sur lequel reposent les valeurs de la fraternité. Je n’aime pas Nicolas Sarkozy, car en libérant les discours raciste et xénophobe, il a donné la force aux vieux démons de notre pays de briser toutes les chaînes qui les retenaient à l’ombre de la honte depuis les horreurs de la Seconde guerre.

Je n’aime pas Nicolas Sarkozy car il a fait croire que les pauvres étaient des coupables, et qu’ils sont même responsables non seulement de leur misère, mais également de la misère de toute la France. Je n’aime pas Nicolas Sarkozy car il n’aime pas les gens modestes comme moi qui demandent juste droit à la dignité, au respect, en somme, à la vie. En fait, je n’aime pas ce fils d’immigré qui a horreur des autres fils d’immigrés.

Je n’aime pas Nicolas Sarkozy, car il n’aime pas les combats sur le terrain des idées, et n’ayant pas l’énergie nécessaire pour venir frotter sa cervelle à la nôtre, de loin, grâce à ses mots au vitriol livrés avec usure par les médias de la haine, il préfère nous blesser, et nous mordre rageusement car il sait que même après la vérité, les traces de ses morsures resteront sur notre peau. 

Je n’aime pas Nicolas Sarkozy car il n’a pas de sensibilité littéraire, artistique, culturelle, ni même politique. Et depuis qu’il a annoncé que la lecture de « La Princesse de Clèves » ne servait à rien, on a compris que nous avions à faire à un avenir dur, froid, et plat, sans profondeur et qui finirait par réanimer les heures funestes du passé. En réalité,Nicolas Sarkozy n’aime pas les grands auteurs car les grands auteurs ont horreur des hommes petits. Victor Hugo en parlant de Napoléon « le petit », parlait également pour Nicolas Sarkozy : « ne pouvant créer, il décrète. » Non, Nicolas Sarkozy ne nous a pas fait perdre l’Alsace-Lorraine à nouveau comme il y a un peu plus d’un siècle, mais il nous a fait perdre un siècle de progrès intellectuels et de savoir vivre-ensemble. Je n’aime pas Nicolas Sarkozy car il a sacrifié cinq années durant le patrimoine humaniste de notre pays sur l’autel des seuls intérêts personnels.

Enfin, moi qui suis un amoureux des belles-lettres, je n’aime pas Nicolas Sarkozy car il blesse sans cesse le langage, et malmène la langue française comme il malmène les pauvres ; la haine a toujours eu pour adversaire l’amour, sous toutes ses formes et couleurs…

Abderrahim Bouzelmate

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