17 Octobre 1961 – 17 Octobre 2012 (Communiqué de l'UOIF)

Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie s’achevait dans la douleur, un appel à manifester est lancé à Paris pour dénoncer le couvre-feu imposé par le gouvernement de l’époque.

Des milliers d’Algériens et Maghrébins, hommes et femmes ont été la cible des fonctionnaires de police dirigés par le criminel de guerre Maurice Papon. Le bilan fut très lourd, 11.730 arrestations et plus de 300 morts, exécutés de sang-froid et lâchement jetés dans les eaux glacés de la Seine.

L’UOIF salue le geste courageux du Président de la République qui a reconnu “avec lucidité” la répression “sanglante” de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961 et qui a rendu hommage à la mémoire des victimes.

Nous ne pouvons laisser passer la funeste date du 17 Octobre, sans nous rappeler, l’horreur de cette journée. L’UOIF tient a s’associer, en ce jour particulier à la douleur des familles et du peuple algérien.

La Courneuve, le 18 Octobre 2012

Union des Organisations Islamiques de France

1 commentaire

  1. Le massacre des Algériens à Paris du 17 octobre 1961

    Si la France a caché au monde durant 130 ans des massacres, voire des génocides (enfumades des centaines de personnes dans des grottes, des têtes de résistants coupées et exposées sur les trottoirs, des centaines de personnes exécutées et leurs corps jetés dans les fours à chaux, etc.), elle n’a pas pu cacher le massacre gratuit, en plein cœur de sa capitale, du 17 octobre 1960.

    En effet, le 17 octobre 1961, le F.L.N. organise une manifestation pacifique, en appelant les Algériens et les sympathisants de leur cause à manifester dans le calme à Paris, pour revendiquer l’arrêt de la guerre, l’autodétermination du peuple algérien et la levée du couvre-feu imposé aux Algériens de Paris. Ils avaient les instructions du FLN de ne prendre aucune arme à feu ou arme blanche pour ne pas donner de prétexte à la police de tirer sur les manifestants. Les manifestants étaient environs 50.000 dans les rues, scandaient des slogans de façon pacifique.

    Les milices de choc, créées par le ministère de l’Intérieur, étaient quand même au rendez-vous, et la répression sauvage s’est abattue sur eux. Les coups de gourdins pleuvaient sur les têtes des manifestants et les tirs à la mitraillette fauchaient la foule, sans raison apparente. L’institut médico-légal faisait état de 200 morts (donc des corps comptabilisés), alors que les autorités préfectorales annonçaient trois morts et soixante blessés !

    Mais des estimations annoncent plus de 500 morts puisque des dizaines de personnes ont été précipitées dans la Seine, d’autres pendues dans les bois de Boulogne ou exécutées dans les commissariats ou les locaux des tortionnaires improvisés à cet effet. Et le mutisme presque total était observé par les médias français sur ce massacre indigne de la France des droits de l’Homme.
    C’est seulement dans les années 1970 que l’on a commencé à en parler à peine. Et seulement en 1998 que les médias en ont parlé lorsque l’historien, Jean-Luc Einaudi, avait écrit dans le journal « Le Monde » un article qui pointe du doigt le préfet Maurice Papon, en écrivant : « en octobre 1961 il y eut un massacre à Paris… ». Papon porte plainte pour diffamation » contre l’historien. Ce dernier demande de consulter les archives pour donner les preuves de ses arguments, mais le procureur de la République refuse de lui donner l’autorisation !

    Ceci s’est passé dans le pays qui a été, aux yeux de l’humanité, le précurseur des valeurs universelles, et à leur tête la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Papon a été débouté par le tribunal, qui a relaxé par ailleurs Jean-Luc Einaudi au bénéfice « de sa bonne foi ».

    Les émigrés algériens entre trois feux
    La guerre d’Algérie dont on ne voulait pas prononcer le nom, rendait davantage la vie difficile aux travailleurs algériens de France (environ 300.000 en 1962). Ils étaient surveillés en permanence à la fois par la police française et par le F.L.N. (Front de Libération Nationale). Ce dernier avait pour mission de les organiser en vue de faire des collectes de fonds pour alimenter la révolution armée à l’intérieur du pays.

    Mais il y avait aussi une autre organisation opposée au FLN : le MNA (Mouvement National Algérien dirigé par Messali Hadj). Ces deux organisations rivales s’étaient livrées à une guerre fratricide sans merci sur le sol français, qui se terminait par 4.000 morts en trois ans.
    Les travailleurs algériens de France, qui ne comprenaient pas le fondement de cette querelle meurtrière entre les belligérants, ne savaient pas sur quel pied danser ; ils se trouvaient entre trois feux : des deux mouvements opposés et de la police française qui leur rendaient la vie difficile. Le F.L.N. a fini par s’imposer en 1957 malgré la popularité que Messali Hadj avait acquise dans la métropole où il avait commencé sa carrière politique.
    Pour contrecarrer le F.L.N., le gouvernement français avait mis sur pied des milices en métropole, composées essentiellement d’agents d’origine algérienne, pour noyauter l’organisation. Ils s’infiltraient dans la masse des travailleurs et au sein du FLN pour avoir des renseignements sur ses membres et ses actions ; les groupes de choc de ces mêmes milices avaient pour mission de « terroriser les terroristes », enlevaient, tuaient et torturaient les militants du FLN ou tout simplement des suspects.

    Ils faisaient des attentats contre les deux organisations pour leur faire croire que ce sont les partisans de l’une et l’autre organisation qui en sont les auteurs ; et ils ont réussi leur coup puisque les Algériens se sont entre-tués, et leurs morts se comptaient par milliers.

    Rendre au peuple français ce qui est à lui
    Aujourd’hui même (17 octobre 2012) j’ai suivi un débat sur la chaîne de la télévision algérienne concernant ce massacres odieux que l’Etat français a fait commettre dans sa capitale, vantant l’héroïsme de la Révolution et du peuple algérien, mais pas un petit mot des Français qui ont servi cette Révolution avec dévouement.

    Bien que les parti dits de gauche, notamment le PCF et la SFIO), ont failli à leurs principes de « révolutionnaires », beaucoup de leurs militants, parmi d’autres, ont honoré le peuple français par leurs engagements aux côtés du FLN. Beaucoup d’entre avaient pris le maquis, arme à la main ou vécu dans la clandestinité, aux côtés de l’ALN/FLN pour combattre l’armée coloniale et servir la cause par d’autres moyens.Certains d’entre eux avaient payé de leur vie leur indépendance intellectuelle et leur bravoure.

    Parmi les Français d’Algérie, on peut citer certains de ces valeureux militants qui ont choisi la voix de la liberté en défiant les gouvernements de leur pays, tels Franz Fanon (psychiatre et théoricien de la révolution anti-impérialiste), Henri Alleg (journaliste) – qui a été – emprisonné lui-même et torturé à Alger . Moins chanceux que lui, son ami Maurice Audin, comme tant d’autres – a péri sous la torture le 21 juin 1957.

    Parmi les Français métropolitains qui avaient défié leurs gouvernements, on peut citer Francis Jeanson (ancien résistant, journaliste et philosophe), l’organisateur du réseau des « porteurs de valises », Jacques Vergès (Avocat) ou Germaine Tillon (ethnologue, ancienne résistante et déportée lors de la seconde guerre mondiale). Tous ont œuvré honorablement pour l’indépendance de l’Algérie. Beaucoup d’autres Français ont œuvré pour que leur pays puisse reconnaître le droit à l’indépendance du peuple algérien. La protestation contre la guerre et le soutien au peuple algérien étaient relativement forts en France, et notamment dans les milieux intellectuels et universitaires.
    Le même jour du procès des militants algériens de la métropole et du « réseau Jeanson », dont Francis Jeanson lui-même, il y avait eu la publication du manifeste des 121. Le « réseau Jeanson » avait pour mission de soutenir le FLN de France (hébergement et acheminement des fonds collectés par le F.L.N. auprès des travailleurs algériens, destinés aux financements de la Résistance à l’intérieur et à l’extérieur de l’Algérie.)
    Ces militants qui se sont engagés du côté de la justice contre la guerre d’Algérie (même si cet engagement est venu un peu tard pour certains d’entre eux) ont sauvé l’honneur des Fiançais au nom desquels mépris et barbaries ont été commis contre le peuple algérien innocent 132 ans durant, qu’ils soient vivants ou morts méritent d’être honorés tous les ans, et dans toutes les occasions qui rappellent l’Histoire de l’Algérie colonisée.

    Ouvrer pour la reconnaissance de la responsabilité de la France dans les génocides commis en Algérie.

    Ce que les Algériens, et notamment l’Etat, doivent faire, c’est d’œuvrer pour contraindre l’Etat français à reconnaître sa responsabilité dans tous les crimes qui ont été commis contre les Algériens, sachant que, selon l’historien algérien Mustafa Lachref, il y aurait plus de sept millions de morts durant l’occupation de l’Algérie (de 1830 à 1962). Que les dirigeants de l’Etat algériens se posent la question pourquoi la France a reconnu la responsabilité de l’Etat dans le génocide commis par les nazis contre les juifs de France, sous le gouvernement de Vichy, exige de la Turquie de reconnaître sa responsabilité dans le génocide commis contre les Arméniens, alors qu’il refuse ses propres crimes contre le peuple algérien. Ceci signifie que les dirigeants français les méprisent allègrement, car ils ne se sont pas montrés dignes de se faire respecter.

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