Prophet_Mohamed_Pbuh_by_Colonel1954Dz

Nous sommes toujours dans le mois de Rabi’I, le mois dans lequel le Prophète (saws) est né, c’est également dans ce mois qu’il émigra à Médine. Ce mois marque donc la naissance du prophète (saws) ; la naissance de la plus belle des créatures, ainsi que la naissance de l’état musulman. Il serait donc digne de nous, musulmans, de faire de ce mois le mois du Prophète (saws) en consacrant durant ce mois les sermons du vendredi, les conférences, les articles à présenter le vrai visage de ce noble Prophète (saws) et à réfuter toutes les controverses dont il fait l’objet.

Nous savons que l’Occident a une image totalement faussée du Prophète (saws) ; une image héritée depuis l’époque des croisades. Il s’agit selon cette image d’un homme qui apparût en Arabie ; d’un imposteur qui aurait prétendu faussement être prophète, d’un homme sanguinaire faisant sienne toute belle femme qu’il rencontre. Malheureusement, cette image mensongère et totalement faussée subsiste dans l’imaginaire occidental. Peu d’occidentaux ont pris la peine d’étudier la vie de Mohammad (saws) en profondeur et en toute objectivité. Le peu qui l’ont fait ont fini par le respecter, voire, par l’admirer, à l’instar d’Annie Besant[1] qui dit dans son ouvrage « The life and Teachings of Muhammad » (la vie et les enseignements de Muhammad): « Quiconque ayant étudié la vie de la personnalité du grand prophète d’Arabie, connaissant son enseignement et sa manière de vivre, ne peut que ressentir de la vénération pour cet éminent prophète, l’un des grands messagers de Dieu. Quoique insignifiants que puissent être  mes dires pour un lecteur familiarisé aux paroles du prophète, chaque fois que je les relis, je ressens une admiration et une vénération nouvelles pour cet incommensurable maître arabe»[2]

Il faut dire que jusqu’à nos jours, les musulmans n’ont malheureusement pas su présenter une image lumineuse du noble Prophète (saws). Ils n’ont pas su rectifier les idées erronées que se font les occidentaux de ce grand Prophète (saws). Ils n’ont pas su susciter l’envie de s’intéresser à cet incommensurable homme. Ils n’ont pas su présenter la vraie image de Mohammad (saws). Or, présenter le vrai visage du Prophète (saws) est pour les musulmans une obligation collective.

Le Coran a en effet, attesté de l’éminence de sa morale, en réponse aux dénigrements de ses détracteurs idolâtres. Dieu dit : « Nun, Par la plume et ce qu’ils écrivent. Tu n’es pas, par la grâce de ton Seigneur, un possédé. Et il y aura pour toi certes, une récompense jamais interrompus. Et tu es certes d’une moralité éminente » (68 :1-4). Le Coran a donc témoigné de la grandeur de la morale du Prophète (r) ; une grandeur d’âme qui correspond à la grandeur du message qu’il a apporté.

La globalité

La morale du prophète est caractérisée par la globalité. Sa morale ne connaît pas de subdivision. Il se comportait selon les nobles caractères avec le fort ou le faible, avec le proche ou l’étranger, avec le musulman et le non-musulman, avec l’homme et l’animal. Il était le meilleur époux que l’on puisse souhaiter à une femme, le meilleure père que l’on puisse souhaiter pour ses enfants, le meilleure grand-père que l’on puisse imaginer pour ses petits-enfants, le meilleur ami que l’on puisse trouver pour ses amis, le meilleur compagnon que l’on puisse espérer pour ses compagnons.

Il était l’exemple de la perfection humaine. Anas (rad) dit que sa mère l’emmena, alors qu’il était âgé de dix ans, auprès du Prophète (saws) pour servir le Prophète (saws) et pour être éduqué par le Prophète (saws). Anas dit : « J’ai servi le Prophète (saws) pendant dix ans. Il ne m’a jamais dit une seule fois « ouf ». Il ne m’a jamais dit à propos d’une chose que j’ai faite, pourquoi l’as-tu faite, ni à propos d’une chose que je n’ai pas faite, pourquoi tu ne l’as pas faite, mais il disait : « Ce qui est écrit s’est produit ».

Pendant dix ans, Anas n’a jamais entendu du Prophète (saws) un mot qui aurait pu le blesser ou le vexer, pas même un « ouf » (en signe d’agacement ou de mécontentement)!

Ses compagnons disaient de lui : Il n’a jamais porté la main sur quelqu’un, il n’a jamais frappé une épouse, ni frapper un domestique ni même frapper un animal.

Tel était son comportement avec les proches et les étrangers, avec les bien-aimés et les détracteurs. Lorsque les qourayshites le persécutèrent et le chassèrent de chez lui, et lorsqu’il se dirigea vers at-Taïf et que les habitants l’accueillirent avec des pierres, blessés aux pieds et au cœur, il aurait pu invoquer Dieu contre eux. En effet, l’Ange Gabriel vint au Prophète (saws) accompagné de l’Ange des montagnes. L’Ange Gabriel lui dit : « Donne-lui l’ordre, et il les écrasent entre les deux montagnes ! » « Non ! » dit le Prophète (BDSL) « J’espère que Dieu fera sortir d’eux des enfants qui attesteront qu’il n’est de dieu que Dieu » Puis, il dit : « Seigneur Dieu ! Pardonne à mon peuple car ils ne savent pas ! »

Tel était le cœur du Prophète (saws) ; un grand cœur dans lequel il y a de la place pour les proches et pour les étrangers, pour les alliés et pour les détracteurs.

La constance

La morale du Prophète (saws) est éminente car elle est caractérisée par la constance. Certains se comportent avec noblesse pendant un temps, mais lorsque la situation change, ils changent de comportement. Ils adoptent un comportement dans la pauvreté et un autre dans la richesse, un comportement dans la difficulté, un autre dans l’aisance, un comportement dans la satisfaction, un autre dans les moments de mécontentement, un comportement pendant le succès, un autre dans la défaite, un comportement dans la faiblesse, un autre en position de force.

La morale du Prophète (saws), elle, est constante. Elle ne varie pas en fonction des circonstances. Il ne connaît pas le principe selon lequel le but justifie le moyen. Il n’acceptait que le noble but et le moyen pur. Il ne pouvait accepter de parvenir à la vérité par la voie du mensonge. Il affirmait que « Dieu est bon et n’accepte que ce qui est bon » (rapporté par Mouslim).

C’est pour cette raison que pour lui, la politique est liée à la morale, l’économie est liée à la morale, la science est liée à la morale, la guerre est liée à la morale. Point de séparation, pour lui, entre les différents domaines de la vie et la morale.

C’est pour cette raison qu’en temps de guerre il refusa de tuer les civils en interdisant de tuer les femmes, les enfants et les vieillards, et lorsqu’il vit un jour, au terme d’une bataille, une femme parmi les victimes, il dit en signe de réprobation : Quant à celle-ci, elle ne pouvait pas combattre ! La guerre pendant laquelle les gens sont habituellement aveuglés par la haine et la colère transgressant toutes les lois et toutes limites, est conditionnée en islam par la morale, par le respect des engagements, par l’interdiction de mutiler … Lorsque Houdhayfa ibn al-Yaman et son père furent capturés par les mecquois, ils s’engagèrent auprès des mecquois de ne pas prendre part au combat, pendant la bataille de Badr, contre leur libération. Une fois libérés, ils se présentèrent au Prophète (saws) pour se joindre à l’armée musulmane et l’informèrent de leur engagement envers les mecquois. Le Prophète (saws) refusa alors de les intégrer dans l’armée et dit : « Nous allons respecter leur engagement et implorer l’aide de Dieu ». (rapporté par Mouslim)

Le Prophète (saws) dit au sujet du respect du dépôt : « Restitue le dépôt à celui qui te l’a confié, et ne trahit pas celui qui t’a trahit » (rapporté par at-Tirmidhi). D’ailleurs, les détracteurs du Prophète (saws) à la Mecque n’hésitait pas lui à confier leurs objets précieux. Lorsque Dieu lui ordonna d’émigrer à Médine, qu’a fait le Prophète (saws) des dépôts de ces gens ? Eux qui l’avaient persécuté, chassé de la terre la plus chère à Dieu et à son cœur, qui s’étaient opposés farouchement à son message, avaient empêché les gens de le suive et subtilisé les biens des musulmans ? Il aurait pu prendre ces biens pour les musulmans en contre partie des biens qui leur ont spolié ! Mais sa morale l’en empêchait, car celle-ci est constante. Elle ne varie pas selon les circonstances. Il a donc laissé ‘Ali ibn Abi Talib à sa place, au risque de sacrifier son jeûne cousin pour restituer les biens aux ayants droit.

L’équilibre

La morale du Prophète (saws) est éminente car elle est également caractérisée pas l’équilibre, donnant à Dieu son droit et à sa propre personne son droit de manière à ce qu’aucun droit ne soit privilégié au détriment d’un autre. Constatant l’excès de l’un de ses compagnons dans le jeûne et dans les prières nocturnes, il le rappela au juste milieu en lui disant: « Ton corps a un droit sur toi (c’est-à-dire qu’il a droit au repos), tes yeux ont un droit sur toi (c’est-à-dire qu’ils ont droit au sommeil), ta femme a un droit sur toi (c’est-à-dire qu’elle le droit d’être satisfaite et de profiter de la compagnie de son époux), tes visiteurs ont un droit sur toi (c’est-à-dire que les gens autour de toi ont droit à ta sociabilité) » (rapporté par al-Boukhari), c’est-à-dire : donne à chacun son dû.

Il appelait à un parfait équilibre entre la beauté intérieure et la beauté extérieure ; un équilibre entre le corps et l’esprit. Il dit : « Dieu ne regarde ni vos corps ni vos aspects, mais Il regarde vos cœur et vos actions » (rapporté par Mouslim). Mais cela ne signifie nullement la négligence du droit du corps. Il dit : « N’entrera pas au Paradis quiconque a dans le cœur le poids d’un grain de moutarde d’arrogance » L’un des compagnons lui dit alors : « Ô Messager de Dieu : je suis un homme qui aime la beauté dans toute chose. Au point de ne pas supporter que l’on me dépasse ne serait-ce que par un lacet de soulier » et dans une autre version « J’aime que mes chaussures soient belles, que mes vêtements soient beaux, est-ce de l’arrogance » Il dit : « Non ! Dieu est beau, Il aime la beauté. L’arrogance, c’est le fait de rejeter la vérité et de mépriser les gens » (rapporté par Mouslim)

Ainsi était le Prophète (saws), il donnait à ce bas-monde son droit, de même qu’il donnait à l’au-delà son droit. Il disait dans son invocation : « Seigneur Dieu ! Réforme pour moi ma religion qui est ma protection contre toute erreur. Réforme pour moi ma vie ici-bas où se trouve ma subsistance. Réforme pour moi ma vie future où je dois absolument retourner. Fais pour moi de la vie une source d’accroissement de tout bien, et fais pour moi de la mort une délivrance de tout mal » (rapporté par Mouslim)

Tels sont les nobles caractères que le Prophète (saws) est venu parachever, ils englobent ce bas-monde et l’au-delà, le musulman et le non-musulman, l’être humain et les animaux, en tout équilibre et d’une manière constante.

Employons-nous à s’imprégner de la morale du Prophète (saws) ; une morale globale englobant le proche et l’étranger, l’ami et l’ennemi, constante qui ne varie pas en fonction des circonstances, équilibrée donnant à chacun son dû. « En effet, vous avez dans le Messager de Dieu un excellent modèle » (33 :21)

Sermon du vendredi

Moncef Zenati



[1] – historienne anglaise (1847- 1933)

[2] – Annie Besant, The Life and Teachings of Muhammad. Madras, 1932, p. 4

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