Mosquée

La formation du groupe fait partie les rites de l’islam. Depuis la constitution de la société musulmane, la mosquée est le pivot de son activité et le lieu de rencontre de ses membres, dans lequel les visages et les mains se saluent, et dans lequel ils se retrouvent dans l’amour et la coopération.

Les croyants se tiennent en rangs, devant Dieu, pied contre-pied, épaule contre épaule, embellis par l’humilité qu’ils éprouvent en écoutant le Coran : par la glorification de Dieu et sa louange pendant l’inclinaison et la prosternation.

Par ailleurs, l’impact de la prière sur la pensée et les mœurs est profond. En effet, le Coran psalmodié élève le niveau et engendre la piété. Les rencontres répétées sauvegardent les relations privées et publiques, et aident la communauté à faire face à ses défis du jour et de son lendemain en étant soudés et non pas divisée.

Puis, il y a autre chose : Les gens qui sont dans l’erreur ont établi dans ce monde un climat de matérialisme, de convoitise et de petits desseins qui remplit leur clubs, obscure leurs chemins, façonne leurs habitudes et renforce leur éloignement de Dieu et leur négation de ses versets. C’est pourquoi les croyants se doivent d’avoir un climat plus pur dans lequel s’élève l’invocation de Dieu, dans lequel on est attentif aux questions justes ; dans lequel se traduit la croyance à l’invisible par des vérités concrètes et non pas par des imaginations ennuyantes !

C’est pourquoi le groupe constitue un jalon de la religion. D’ailleurs, certains jurisconsultes considèrent que la prière collective est obligatoire à moins d’avoir un bon prétexte ; mais l’avis de la majorité des savants de la communauté est que la prière collective est une sunna vivement recommandée.

Mais s’agit-il d’une sunna vivement recommandée aussi bien pour les hommes que pour les femmes ? C’est ce que disent les dhahirites !! Mais la question mérite réflexion.

Il est établi dans la sunna que la femme est la bergère de son foyer et elle est responsable de son troupeau. San doute, s’occuper des enfants, en particulier ceux en bas âges, préparer le foyer pour accueillir l’homme à son retour de son travail, tout ceci empêche la femme d’assister aux cinq prières collectives d’une manière assidue.

C’est pourquoi nous pensons que la participation aux prières collectives lui est demandée après avoir achevé ses tâches domestiques. Si elle s’acquitte de ce qu’elle doit, il n’appartient pas à l’homme de l’empêcher de se rendre à la mosquée, d’ailleurs le Prophète (saw) a dit : « N’empêchez pas les adoratrices de Dieu d’aller aux mosquées de Dieu ».

Nous sommes convaincus que le Messager de Dieu (saw) a consacré aux femmes une porte dans la mosquée, qu’il les a mis en rang à l’arrière de la mosquée – ceci est plus à même de respecter leur honneur lors de l’inclinaison et de la prosternation – et qu’il a réprimandé les hommes qui s’approchaient de leurs rangs, de même qu’il a réprimandé les femmes qui s’approchaient des rangs des hommes …

Les rangs des femmes ont persisté pendant toute l’époque du Prophète (saw) ainsi que tout le long de l’époque  des quatre califes, d’aucune n’a provoqué de tapage à ce sujet, or, ces rangs-là se formaient à l’aube et prenaient fin à la prière du ‘icha.

Cependant, le progrès qu’a réalisé l’islam dans le monde de la femme s’est peu à peu estompé. On a forgé de toutes pièces des hadiths qui interdit d’apprendre aux femmes  l’écriture afin qu’elles restent illettrées comme elles l’étaient auparavant.

Mais à qui profite cette ignorance ?

Lorsqu’on condamne la moitié de la nation à l’ignorance et à l’aveuglement comment se développeront les générations futures ?

Puis on propagea un autre hadith qui s’oppose à la présence des femmes lors de toutes les prières collectives allant jusqu’à demander à la femme, lorsqu’elle envisage de prier, de choisir chez elle l’endroit le plus isolé. Ainsi, sa prière dans une galerie souterraine est meilleure que sa prière dans sa chambre, et sa prière dans l’obscurité est meilleure que lsa prière sous la lumière !!

Or, le narrateur de ce hadith se détourne de la sunna pratique relatée d’après le Messager (BDSL), regardant la femme qui prie comme un mal qu’il faudrait cantonner à un espace éloigné et restreint.

Lisons donc ce hadith étrange tel que l’a cité ibn khouzeïma et bien d’autres : Oummou Houmayd, l’épouse d’Abou Hamid Assaa’idi vint voir le Prophète (saw) et lui dit :

« Ô ! Messager de Dieu, j’aime prier avec toi ».

Il lui dit :

« Je sais que tu aimes prier avec moi ! Mais, ta chambre à coucher est meilleure que ta prière dans ton salon. Ta prière dans ton salon est meilleure que ta prière dans la cour de ta maison. Ta prière dans la cour de ta maison est meilleure que ta prière dans la mosquée de ton clan et la prière dans la mosquée de ton clan  est meilleure que ta prière dans ma mosquée » Le narrateur dit : « Elle fit construire pour elle une mosquée dans le coin le plus isolé et le plus obscur de chez elle. Elle y pria jusqu’à sa mort ».

Ainsi, plus l’endroit est petit et retiré des regards, plus la prière y est meilleure.

Ibn Khouzeyma a cité ce hadith dans le chapitre intitulé : La prière de la femme chez elle est meilleure que sa prière à la mosquée du Messager de Dieu et le Prophète (saw) entend par sa parole: « Une prière dans ma mosquée vaut mille prières dans d’autres mosquées » la prière de l’homme et non pas la prière de la femme !!

La question qu’on se pose rapidement est : Si cela était vrai pourquoi le Messager de Dieu (saw)  a-t-il laissé les femmes assister aux prières collectives pendant dix ans, de la prière de l’aube à celle du ‘icha ? Pourquoi a-t-il réservé une porte pour l’entrée des femmes ? Pourquoi ne leur avait-il pas conseillé de prier chez elles pour leur épargner cette peine vaine !

Pourquoi a-t-il écourté la prière du fajr à deux sourates courtes, lorsqu’il a entendu un nourrisson pleurer avec sa mère et ce, afin de ne pas laisser son cœur se distraire ?

Pourquoi a-t-il dit : « N’empêchez pas les adoratrices de Dieu d’aller dans les mosquées de Dieu » ?

Pourquoi à l’époque des quatre califes les femmes priaient encore dans les mosquées après la mort du Messager d’Allah !

Ibn Hazm a libéré sa conscience et celle des autres en qualifiant de mensonge les hadiths qui empêchent les femmes de prier à la mosquée et en les comptant parmi les choses fausses !

De plus, les traditionnistes (spécialistes du hadith) disent que le hadith est considéré « marginal » (shadh) lorsque le narrateur fiable contredit un narrateur plus sûr que lui.

Mais si le narrateur de l’information contradictoire est faible « da’if », le hadith est jugé « réprouvé » (mounkar).

Aucun hadith interdisant à la femme de prier à la mosquée n’a été mentionné dans les deux recueils authentiques (d’al-Boukhari et Mouslim). Tous ces hadiths sont donc à réfuter… Que dire alors si un hadith faible « da’if » contredit la sunna pratique rapportée d’une manière notoire « moutawatir » ou réputée « mash-hour » ? Ce hadith doit être écarté d’amblée.

Les musulmans ont vécu des époques où la Sunna authentique était morte et ce drame persiste encore dans certains milieux chauvins qui ne connaissent que les narrations réprouvées et délaissées.

On pourrait accepter le fait de blâmer la présence de la femme aux prières collectives si celle-ci se pare pour étaler ses charmes. En effet, le but en allant aux mosquées n’est pas l’exposition de parures ni de répandre les tentations ! C’est un parcours pour la satisfaction de Dieu et l’enracinement de la piété.

Empêcher ce mal revient à mettre en pratique la recommandation du Prophète (saw) : « … qu’elles sortent (pour la prière) en tenues ordinaires et habituelles… » Sans se parfumer et sans se pavaner.

Mais émettre une prescription générale interdisant les mosquées aux femmes, il s’agit là d’une démarche qui n’a aucun lien avec l’Islam…

Il est bon de savoir que l’obligation ne peut être établie que par un argument catégorique, de même que l’interdiction ne peut être établie que par un argument catégorique. Quant aux preuves conjecturales, elles impliquent des significations d’un niveau inférieur …

Et quiconque s’aventure sur le terrain de la religiosité muni de hadiths sans valeur est comparable à celui qui va au marché avec de faux billets, il n’aura qu’à s’en prendre à lui-même si la police le prenait les mains menottées !

Nous voulons que les groupes œuvrant pour l’Islam soient assez vigilants pour ne pas être trompés par les informations traditionnelles incertaines et par les hadiths forgés de toute pièce, de même que nous voulons d’eux qu’ils saisissent les véritables significations des informations authentiquement relatées …

Et dans ce domaine, les gens du fiqh sont les maitres d’art par excellence !

(Extrait du livre «  La Sunna du Prophète, entre les gens du fiqh et les gens du hadtih » de Mohamed al-Ghazali, traduit par Havre de Savoir)

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