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Nous sommes au sixième siècle du calendrier grégorien, en plein cœur de l’Arabie, dans une ville nommée La Mecque. Située au milieu du désert du Hijaz à quatre vingt kilomètres de la mer rouge, cette ville entourée de petites montagnes et parsemées de palmiers possède l’un des climats les plus chauds du monde.

Déjà à l’époque, la Mecque était une ville sainte et qui représentait tout ce qu’il y avait de plus sacré chez les arabes. Ce fut le cas depuis la création même du temple de la Ka’aba par les prophètes Abraham et Ismaël. Et c’est dans cette même ville, qu’un jour un homme prit la parole au beau milieu du marché de ‘Ukaz, en plein milieu de la foule. Alors que les uns récitaient poèmes et textes anciens, et que les autres achetaient divers tissus venus d’Inde et d’extrême Orient, Qays Ibn Sâ’ida al-‘Iyâdî du haut de son chameau gris, interpellait la foule :

« Ô gens, écoutez ces paroles ! Tâchez de les comprendre puis d’en tirer profit. Quiconque vit trouve nécessairement la mort ; quiconque meurt appartient au passé ; et tout ce qui doit arriver aura nécessairement lieu. »

Qays était un homme sage et vertueux, tout comme ses deux compagnons Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl et Waraqa ibn Nawfal. Ils faisaient partie tous trois des quelques croyants originels qui suivaient la religion d’Abraham. Alors que les arabes de l’époque adoraient en majorité des idoles, eux, appelaient leur peuple à revenir à la vraie religion, celle qui voue un culte au Dieu Unique sans rien lui associer. Ils tentaient tant bien que mal de rappeler à leur peuple cette Vérité oubliée. Malheureusement, La Mecque était devenue le centre du polythéisme ; des gens des quatre coins de l’Arabie se déplaçaient pour y prier leurs divinités. Al-Lât, al-‘Uzza, idoles faites d’argile ou de pierre, avaient pris place à l’intérieur même du temple de la Ka’aba. Tous les jours, les arabes priaient ces idoles et pensaient que cela les rapprochait de Dieu. Ils pensaient également que ces idoles les protégeaient, alors ils sacrifiaient des animaux qu’ils donnaient en offrande à ces idoles, et à chaque fois qu’un enfant voyait le jour, ils en construisaient de nouvelles. Qays continua en ces termes.

« Le ciel nous annonce la Vérité, et la Terre est chargée de signes qui devraient nous inciter à les méditer : une Terre semblable à une couche, un ciel comparable à une voûte élevée, des étoiles en mouvement continuel, des mers dont l’eau ne tarit point, des nuits obscures, un ciel parsemé de constellations… Qays jure que la religion de Dieu n’est pas celle à laquelle vous adhérez ! » déclara-t-il.

Mais Qays, du haut de sa monture, ne se doutait pas encore qu’au milieu de cette foule un  personnage qui marquera les esprits l’écoutait attentivement et retenait chacune de ses paroles. Il était loin d’imaginer qu’il était écouté par Abu Bakr, un jeune homme à l’âme pure et aux grandes qualités. C’était l’un des plus fins connaisseurs en matière de généalogie arabe, il était pour l’époque une sorte d’historien. Et issu d’une famille noble, il avait en plus une véritable noblesse de caractère, ce qui lui valait d’être surnommé « ‘Atiq » par les mecquois, qui signifie « le noble » en arabe. Il occupait une place très importante en représentant la tribu auquel il appartenait, lorsque des conflits les opposaient avec une autre. Il était aussi quelqu’un de très rationnel, et utilisait sa logique et son intelligence pour rechercher la Vérité dans toute chose, cela depuis son plus jeune âge. On rapporte à ce propos que lorsqu’il était un tout jeune enfant, son père l’emmena prier les idoles au temple de la Ka’aba. C’est alors qu’il s’adressa à l’une des statues et lui dit :

« J’ai faim, nourris moi ! ».

N’ayant aucune réponse de sa part, il ajouta :

« J’ai soif, donne moi à boire ! ».

N’ayant de nouveau aucune réponse, il continua :

« J’ai froid, apporte moi des vêtements ! ».

Constatant le silence de l’idole, il prit une pierre et dit :

« Je vais te jeter ce caillou, si tu es un dieu alors défends toi ! ».

Il prit en effet une pierre, la lui jeta et la statue se brisa. Ainsi, depuis son plus jeune âge il ne croyait qu’en un Dieu Unique.

A l’écoute des paroles de Qays ce jour là, Abu Bakr fut émerveillé. Il prit l’habitude d’écouter très attentivement les dires de Qays, Zayd et Waraqa. Et quand un autre jour Zayd s’adressa à la foule le dos appuyé à la Ka’aba, Abu Bakr fut rempli de joie :

« Ô Quraychites, je jure que je suis le seul parmi vous à adhérer à la religion d’Abraham. J’ai suivi le dogme d’Abraham puis celui d’Ismaël. J’attends à présent l’avènement d’un prophète, un descendant d’Ismaël ; mais je ne crois pas que je vivrais jusqu’à ce jour. Ô ‘Âmir ibn Rabi’a, si tu vis jusqu’à ce jour, transmets lui mes salutations ! » déclara Zayd.

Le jeune Abu Bakr ne voulait rater la moindre occasion d’écouter leurs paroles ; elles le saisissaient de joie et le touchaient au plus profond de lui-même.

Mais Abu Bakr avait conscience d’une chose, à La Mecque la religion était un sujet hautement sensible. A la fois lieu de pèlerinage mais aussi de commerce, la Ka’aba avait bien trop de valeur pour les mecquois ; et cela, Abu Bakr le réalisait totalement. Il avait bien compris qu’il ne pouvait révéler publiquement ce en quoi il avait foi, et savait très exactement ce qu’il encourait s’il était amené à le faire. Si Qays, Zayd et Waraqa étaient d’un côté bien courageux de déclarer ouvertement qu’ils ne suivaient pas la religion polythéiste des mecquois, ils ne représentaient quant à eux une menace pour personne. Les chefs de la Mecque n’avaient pas grand-chose à craindre de trois hommes d’âge avancé. Mais Abu bakr était à la fleur de l’âge et appartenait à une tribu renommée, celle des Quraysh. Il avait de hautes responsabilités à la Mecque et était donc quelqu’un d’influent. Il savait que cela ne serait en aucun cas toléré. Alors quel sort pouvait-on lui réserver si jamais on apprenait qu’il n’était pas des leurs ? Se pouvait-il qu’on veuille le faire taire ou qu’on ne prépare quelque attaque contre lui ?

Tels étaient les pensées et les questionnements d’Abu Bakr. Alors, doucement mais sûrement, dans le recueillement et la solitude, il tentait de trouver la voie qui le mènerait à la religion véritable, celle qui n’associe rien à Dieu l’Unique, celle du prophète Abraham.

Amel EG

Série sur la vie du compagnon Abu Bakr  (Qu’ALLAH soit satisfait de lui).

Prochain épisode :  Chapitre 1 : Muhammad, le dernier prophète.

 

2 Commentaires

  1. j’ai lu attentivement votre recit sur abou bakr et je dis seulement barack allah fikoum oua fi koulli la nation de notre cher prophete mohammed

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