Certains enthousiastes font preuve d’une extrême intransigeance au sujet de la barbe la considérant comme une obligation, voire un fondement de la religion, interdisant catégoriquement son rasage qui serait une preuve de négligence et une marque d’impiété. Pour se justifier, ils prétendent que l’impératif employé dans le hadith évoquant la barbe impliquerait l’obligation, de même que tout impératif dans la Sunna impliquerait nécessairement l’obligation.

Cette prétention est-elle vraie d’une manière absolue, ou peut-on admettre que l’injonction du Prophète (saws) peut impliquer la recommandation et l’orientation comme elle peut impliquer l’obligation ?

Dire que l’impératif implique l’obligation d’une manière générale est fortement contestable. En effet, quiconque médite les ouvrages du droit musulman « fiqh » constatera des divergences provenant des interprétations différentes des injonctions et des interdictions et ce, depuis l’époque des compagnons. Par exemple :

– Dieu dit : « … quand vous contractez une dette à échéance déterminée, mettez-la en écrit»[1] (2 : 282). Les dhahirites et l’imam at-Tabari estiment que la mise en écrit de la dette à échéance est obligatoire, contrairement à la majorité des savants qui la considère recommandée.

– Dieu dit : « …Donnez-leur (aux femmes divorcées) toutefois – l’homme aisé selon sa capacité, l’indigent selon sa capacité – quelque bien convenable dont elles puissent jouir. C’est un devoir pour les bienfaisants»[2] (2 : 236). Les savants ont divergé quant à l’implication de l’impératif dans le verset : implique-t-il l’obligation ou la recommandation ? Al-Qortobi dit dans son exégèse : « Ibn ‘abbas, Ibn ‘Omar, jabir ibn Zeyd, al-Hassan, ash-Shafi’i, Ahmed, ‘Ata, Ishaq et les hanafites ont dit : la compensation financière « mout’a » versée à la femme divorcée est une obligation si le mariage n’a pas été consommé et si la dot n’a pas été fixée. Elle est recommandée dans le cas des autres divorcées. Malik et ses disciples ont dit : La compensation financière « mout’a » est recommandée dans le cas de toute femme divorcée, même si la consommation du mariage a eu lieu, sauf pour la femme avec laquelle il n’y a pas eu de consommation de mariage alors qu’il lui a fixé une dot, elle se contentera de la part fixée sans ayant droit à la compensation financière « mout’a ».

– D’après ‘Aïsha, que Dieu l’agrée, le Prophète (saws) dit : « Lorsque l’un de vous s’en va faire ses besoins naturels qu’il prenne avec lui trois cailloux et se nettoie avec, ils lui suffiront » (rapporté par an-Nasa-y). Les shafi’ites et les hanbalites estiment que le fait de se purifier en utilisant trois cailloux est obligatoire, alors que les malikites et les hanafites n’ont pas exigé ce nombre, le considérant comme une recommandation, l’essentiel étant l’élimination de l’impureté.

– Le Prophète (saws) dit à ‘Abd ar-Rahman ibn ‘Awf (ra) : « Fais un repas de fête, ne serait-ce qu’en immolant un seul mouton» (rapporté par al-Boukhari et Mouslim). Pour certains shafi’ites, l’impératif implique ici l’obligation, contrairement à la majorité selon laquelle l’impératif implique dans ce cas la recommandation.

– D’après Abou Hourayra (ra), le Prophète (saws) dit : « Lorsque l’un de vous se réveille de son sommeil, qu’il lave ses mains avant de les introduire dans le récipient, car il ne sait pas où ses mains ont passé la nuit » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim). L’imam Ahmed estime qu’il s’agit d’une obligation. C’est également l’avis d’Ibn ‘Omar, d’Abou Hourayra et d’al-Hassan al-Basri. Quant aux malikites, hanafites et shafi’ites, ils estiment qu’il s’agit d’une recommandation. Ceci est également l’avis de ‘Ata et d’al-Awza’y. Selon la version que rapporte al-Athram d’après l’imam Ahmed : il s’agit du sommeil de la nuit, quant au sommeil de la journée, il n’y a pas de mal à ne pas le faire.

– D’après ‘Omar ibn Salama, le Prophète (saws) dit : « Petit ! évoque le nom de Dieu, mange avec ta main droite, et mange ce qui est devant toi » (rapporté par al-Boukhari). De l’avis consensuel des savants, le fait d’évoquer le nom de Dieu avant de manger est une recommandation bien que l’ordre soit explicite. De même, pour la majorité des savants, il est recommandé de manger et de boire avec la main droite, répréhensible avec la gauche.

Ces exemples et bien d’autres démontrent que l’impératif n’implique pas systématiquement l’obligation. D’ailleurs, les spécialistes des fondements du droit musulman ont évoqué plusieurs avis à ce sujet. Dans son livre al-bahr al-mouhit, l’imam az-Zarkashi a évoqué douze avis concernant l’impératif « fais » (if’al) en détaillant chaque avis. Le onzième avis fait la distinction entre l’impératif dans le Coran et l’impératif dans la Sunna. Ainsi, l’impératif dans le Coran implique l’obligation à moins qu’un indice ne l’empêche. Et l’impératif  dans la Sunna implique la recommandation  à moins qu’un indice prouve autre chose[3] et ce, en dehors des injonctions prophétiques confirmant ce qui est énoncé dans le Coran ou détaillant ce qui est énoncé dans le Coran d’une manière générale.

Ceci est également l’avis du savant malikite al-Abhari. Il justifiait cela en disant que les musulmans ont fait la distinction entre les actes recommandés et les piliers en liant les actes recommandés au Prophète (saws) et les piliers au Coran[4].

La règle est la même pour l’interdiction. Ainsi, l’interdiction dans le Coran implique l’illicéité dans l’absence d’un indice l’écartant de l’illicéité. Et l’interdiction dans la Sunna implique la répréhension « karaha » à moins qu’un indice confirme l’obligation.

D’ailleurs quiconque prend le temps de méditer le célèbre riyad as-salihin (les jardins des vertueux) constatera que l’imam an-Nawawi a appliqué ce dernier avis en posant les titres des chapitres. En effet, en lisant les chapitres de recommandation et de répréhension, on s’aperçoit qu’il a adopté l’avis stipulant que l’ordre ou l’injonction prophétique implique la recommandation et que la simple interdiction implique la répréhension. Quant à l’obligation impliquée par l’injonction, ou l’illicéité impliquée par l’interdiction, cela nécessite d’autres indices. Par exemple, on y lit dans le chapitre : la répréhension « karahiyyat » de marcher avec une seule chaussure  sans excuse valable: D’après Abou Hourayra (ra), le Messager de Dieu (saws) dit : « Que l’un de vous ne marche pas avec une seul chaussure. Qu’il chausse ses deux pieds ensemble ou qu’il marche pieds nus » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim).

Chapitre : La recommandation « istihbab » de dire « Que Dieu te fasse Miséricorde » s’il loue Dieu après avoir éternué, et la répréhension « karahiyyat » de le lui dire s’il n’a pas loué Dieu : D’après Abou Hourayra (ra), le Prophète (saws) dit : « Quand l’un de vous éternue qu’il dise : « La louange est à Dieu « al-hamdoulillah », et que son frère ou son compagnon lui dise : « Puisse Dieu te faire Misérocorde » (yarhamoukallah) » et qu’il dise à son tour : « Que Dieu vous guide et réforme votre situation » (yahdikoumoullahou wa youslihou balakoum) » (rapporté par al-Boukhari).

Les défenseurs du caractère obligatoire de la barbe diront qu’il existe un indice permettant de conclure que l’injonction prophétique implique l’obligation, à savoir l’injonction de se distinguer des gens du Livre et des idolâtres. En effet, d’après ‘Abdoullah ibn ‘Omar (ra), le Prophète (saws) dit : « Distinguez-vous des polythéistes (dans une autre version : des zoroastriens) : laissez pousser les barbes et taillez les moustaches »[5] et d’après Abou Oumama (ra), le Prophète (saws) dit : « Taillez vos moustaches,  laissez pousser vos barbes, et distinguez-vous des gens du Livre »[6].

Mais l’injonction de se distinguer des gens du Livre n’exprime pas en soi une obligation. En effet, le Prophète (saws) dit : « Les juifs et les chrétiens ne se teignent pas ; aussi, faites le contraire »[7]. Or, de l’avis consensuel des savants, la teinture des cheveux ou de la barbe à l’apparition de cheveux ou de poils blancs n’est pas obligatoire, pour cause, certains compagnons se teignaient les cheveux, d’autres pas. ‘Omar ibn al-Khattab et ‘Ali ibn Abi Talib le faisaient parfois et parfois ils ne le faisaient pas. Abou Bakr, ‘Othman ibn ‘affan, Abou Hourayra et Ibn ‘Omar le faisaient. Talha ibn ‘Oubeydoullah, Abou Dhar al-Ghifari et as-Saïb ibn Yazid ne le faisaient pas[8]. Or, si cela était obligatoire, ils ne se seraient pas permis de délaisser cette pratique.

Le Prophète (saws) dit : « Distinguez-vous des juifs, car ils ne prient pas avec leurs chaussures ni avec leurs « khouf » (chaussette en cuir) »[9]. Il est évident qu’aucun savant, ancien ou contemporain, n’a jugé obligatoire le fait de prier avec ses chaussures !

Le Prophète (saws) dit également : « La différence entre notre jeûne et le jeûne des gens du Livre réside dans le repas de fin de nuit (souhour) »[10]

De plus, les défenseurs du caractère recommandé de la barde confortent leur avis en évoquant le hadith suivant : Abou Oumama al-Bahili dit : « En sortant, le Messager de Dieu (saws) vit des hommes médinois dont les barbes étaient blanches. Il dit : « Ô médinois ! Teignez vos barbes en rouge ou en jaune, et distinguez-vous des gens du Livre » Nous dimes : « Ô Messager de Dieu, les gens du Livre portent le « sirwal » mais pas le « izar » ! » Il dit : « Portez les « sirwal » et les « izars » et distinguez-vous des gens du Livre » Nous dimes : « Ô Messager de Dieu, les gens du Livre portent les « khofs » mais pas les « na’ls » ! » il dit : « Mettez les khofs et les na’ls et distinguez-vous des gens du Livre » Nous dimes : « Ô Messager de Dieu, les gens du Livre rasent leurs barbes et laissent pousser leurs moustaches ! » Il dit : « Taillez vos moustaches et laissez pousser vos barbes et distinguez-vous des gens du Livre »[11]

En effet, le hadith évoque quatre choses qui ont en commun la même raison d’être « ‘illa », à savoir, le fait de se distinguer des gens du Livre.

Quant au fait de teindre la barbe, cela a déjà été évoqué ci-dessus, il s’agit d’une recommandation et non pas d’une obligation.

Quant au fait de porter les « izars » et les « sirwals », l’objectif n’est pas de les porter ensemble, mais de porter tantôt l’un, tantôt l’autre car les gens du Livre ne portaient pas du tout de « izars » mais se limitaient au « sirwal ». Par conséquent se distinguer d’eux se réalise par la diversification. Or, aucun savant n’a jamais dit que le fait de porter le « izar », ne serait-ce qu’une fois dans la vie, est obligatoire.

De même pour le fait de mettre les « khofs » et les « na’ls », le sens est de mettre tantôt des « khofs », tantôt des « na’ls », mais aucun savant n’a dit que le port des « na’ls » est obligatoire, ne serait-ce qu’une seule fois dans la vie.

Concernant la quatrième chose, à savoir, le port de la barbe, elle va dans le même sens général de l’énoncé recommandant au même titre les quatre choses.

Ces quatre injonctions ont le même statut étant donné qu’elles partagent toutes la même raison d’être. On ne pourrait dire alors que l’injonction de se teindre la barbe ou de porter les « izars » et les « na’ls » impliquerait la recommandation, et que cette même injonction motivée également par la volonté de sa distinguer des gens du Livre impliquerait l’obligation, sauf s’il existe un autre argument justifiant cette distinction.

En conclusion, dire que l’impératif dans la Sunna impliquerait l’obligation d’une manière générale est fortement contestable. Par conséquent, faire preuve d’une extrême intransigeance au sujet de la barbe n’a pas de sens.

Que disent les quatre écoles ?

Il est bon de préciser ici que contrairement à ce que certains répandent, les quatre imams Abou Hanifa, Malik, ash-Shafi’i et Ahmed ne se sont pas exprimé explicitement sur le statut juridique du rasage de la barbe, ni même les compagnons ou les tabi’ines[12].

Quant aux écoles juridiques, on y trouve des divergences y compris au sein d’une même école. Ainsi :

L’avis prédominant chez les hanafites est que le rasage de la barbe est interdit.

Chez les malikites, il existe deux avis concernant le rasage de la barde : la répréhension et l’interdiction, ou deux avis concernant le port de la barbe : la recommandation et l’obligation.

Al-Qadi ‘Iyad (m 544H), l’une des plus grandes références de l’école malikite dit : « Il est répréhensible de la couper, de la raser, de raccourcir le bas plus que les côtés, et le hadith est venu blâmer ceci. L’habitude des non-musulmans est de la raser et de laisser pousser la moustache » … Puis, il dit : « Quant au fait de la tailler au niveau de la longueur et de la largeur, ceci est bien. Il est répréhensible de la laisser pousser au-delà de l’usage, de même qu’il est répréhensible de la couper et de la raser »[13]

Az-Zorqani (m 1122H) dit dans son commentaire du mouwatta, en commentant le hadith rapporté par Malik d’après Ibn ‘Omar selon lequel le Messager de Dieu (saws) a ordonné de tailler les moustaches et de laisser pousser les barbes : « Il a ordonné : à titre de recommandation, et on a dit que c’est à titre d’obligation »

Pour les shafi’ites, l’avis prédominant est la répréhension de raser la barbe. Ceci est exprimé explicitement par les plus grandes références shafi’ites telles que al-Khattabi (m 388H), al-Ghazali (m 505H), an-Nawawi (m 676H) et ar-Rafi’i (m 623H). Ibn ar-Rif’a (m 710H) dit qu’ash-Shafi’i a stipulé l’interdiction dans al-oum , mais il semblerait que les grandes références shafi’ites qui l’ont précédé (précitées) n’ont pas compris les propos d’ash-Shafi’i dans ce sens.

Quant aux hanbalites, aucun savant hanbalite n’a interdit le rasage de la barbe jusqu’à l’arrivée d’Ibn Taymiya (m 728H). Avant lui, l’avis de l’école hanbalite était la recommandation de porter une barbe. En effet, le jurisconsulte Ibn Mouflih (m 763H) dit : « Ibn Hazm dit qu’il y a un consensus sur l’obligation de tailler la moustache et de laisser pousser la barbe. Or, les savants de notre école et d’autres estiment qu’il s’agit d’une recommandation »[14] . Dans son livre al-aadaab ash-shar’iyya (3/507), Ibn Mouflih dit : « Il est de la sunna de se laisser pousser la barbe ».

Conclusion :

Les avis des écoles juridiques au sujet du rasage de la barbe se résument comme suit :

– Raser la barbe est répréhensible, laisser pousser la barbe est par opposition recommandé. C’est l’un des deux avis chez les malikites, les shafi’ites et les hanbalites. C’est l’avis prédominant chez les shafi’ites.

– Raser la barbe est interdit, la laisser pousser est par opposition obligatoire. Ceci est l’avis des hanafites et le deuxième avis chez les trois autres écoles précitées[15].

Ainsi, dire que l’interdiction de raser la barbe est l’avis unique des quatre écoles est une erreur. Attribuer cet avis aux quatre imams est faux, et à supposer qu’ash-Shafi’i l’ait dit, aucune parole similaire n’a été rapportée des trois autres.

Cette question est donc sujette à la divergence, or, la règle stipule que : point de réprobation dans les questions sujettes à la divergence.

Moncef Zenati

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[1] يا أيها الذين ءامنوا إذا تداينتم بدين إلى أجل مسمى فاكتبوه
[2]متاعا بالمعروف، حقا على المحسنين ومتعوهن على الموسر قدره وعلى المقتر فدره
[3] – al-bahr al-mouhit 2/365 – 380
[4] – taysir al-fiqh lil-mouslim al-mou’asir de Dr. Youssef al-Qaradawi p 62 – 63
[5] – Rapporté par al-Boukhari et Mouslim d’après Ibn ‘Omar خالفوا المشركين وفروا اللحى وأحفوا الشوارب
[6] – Rapporté par Ahmed قصوا سبالكم، ووفروا عثانينكم، وخالفوا أهل الكتاب
[7] – Rapporté par at-Tirmidhi d’après Abou Hourayra إن اليهود والنصارى لا يصبغون فخالفوهم
[8] – al-lihya, dirasa hadithiyya fiqhiyya de Abdoullah al-Joudaï’ p 198
[9] -Rapporté par Abou Daoud et al-Bazzar خالفوا اليهود، فإنهم لا يصلون في نعالهم ولا خفافهم
[10] – Rapporté par Mouslim فصل ما بين صيامنا وصيام أهل الكاتب أكلة السحر
[11] – Rapporté par Ahmed
عن أبي أمامة رضي الله عنه قال: خرج رسول اله صلى الله عليه وسلم على مشيخة بيض لحاهم، فقال: يا معشر الأنصار، حمروا وصفروا، وخالفوا أهل الكتاب. فقلنا: يا رسول الله، إن أهل الكتاب يتسرولون ولا يأتزرون؟ فقال: تسرولوا وائتزروا وخالفوا أهل الكتاب. فقلنا: يا رسول الله، إن أهل الكتاب يتخففون ولا ينتعلون؟ فقال: فتخففوا وانتعلوا، وخالفوا أهل الكتاب. فقلنا: يا رسول الله، إن أهل الكتاب يقصون عثانينهم ويوفرون سبالهم؟ قال: قصوا سبالكم ووفروا عثانينكم، وخالفوا أهل الكتاب
[12] – al-lihya, dirasa hadithiyya fiqhiyya de Abdoullah al-Joudaï’ p 227 et 229
[13] – al-ikmal fi sharhi mouslim 1/120
[14] – al-fourou’ d’Ibn Mouflih 1/130
[15]- al-lihya, dirasa hadithiyya fiqhiyya de Abdoullah al-Joudaï’ p 234

 

12 Commentaires

  1. Merci mon frère pour cette démonstration des différents points de vues islamiques sur le port de la barbe chez l’homme musulman. Ceci dit j’aimerais faire quelques remarques à ce sujet, même si je ne suis pas un savant.
    – Notre Saint Prophète (saws) portait la barbe et sans en faire « une obligation » il est du devoir du musulman de suivre en toute chose son exemple. Tous ses Compagnons portaient la barbe aussi. La pratique du rasage de la barbe semble survenir beaucoup plus tard dans l’histoire et dans le contexte du contact avec les occidentaux et de là colonisation. Ne faudrait-il pas se conformer en cela à la longue tradition islamique plutôt qu’aux mœurs qui ont eu cours au XXe siècle ?
    – la question de la barbe, comme celle de se couvrir la tête chez l’homme et chez la femme dailleurs, était « naturelle » à notre Saint Prophète (saws), comme le port de la tunique d’ailleurs. Ces pratiques, observées pendant de très longs siècles, peuvent ils être évacués ainsi? Et sous quels prétextes?
    La question qui se pose est celle-ci : Notre Saint Prophète (saws) qui n’aimait pas l’ostentation et préférait par pudeur les vêtements simples et amples, aurait-il approuvé les vêtements actuels ou le rasage de la barbe, qui relève de la coquetterie chez l’homme? Poser la question c’est peut-être y répondre ?

  2. La barbe, certes une question d’hommes. Et,moi-même de foi juive, mais non-Juif.
    Juifs, chrétiens et musulmans me semblent obnubilés par les barbes, les femmes, et les autres religions qui sont forcément, selon leur dogme, dans l’erreur. Là, au moins vous vous ressemblez tous, non ? Ceci dit, il importe dans ce qu’il faut faire, ne pas faire, dans notre pratique, notre Vie d’homme, de mettre d’abord l’accent sur les priorités. Si déjà les gens d’une même religion s’accordaient, étaient unis, ce serait bon, on y verrait plus clair. Car toutes ces voix discordantes mènent à la confusion.

    Salutations à mes frères de foi musulmane, de foi différente aujourd’hui, mais frères humains tout de même.

  3. Salam aleykum,
    pour ma part franchement porter une barbe est à l’image du voile pour la femme pourquoi? Tout comme la femme qui en arborant un voile suggère que c’est une femme avec qui je ne peux me comporter n’importe comment, avec n’importe quel langage, ce qui éloigne bon nombre d’énergumènes, la barbe a le même rôle chez l’homme. Car personnellement, n’ayant pas encore cette sunna extérieure, combien de fois j’ai été abordé en ayant eut des propositions déplacés, malvenues, contraire à mon éthique etc… parce qu’on m’a prit pour untel ! En cela je trouve la barbe comme un bouclier protecteur contre la perversion généralisée qui se propage outrageusement et sans complexe…

  4. Assalamu alaykum wa rahmatullah!

    Barakallahu fiikum pour ces efforts.

    D’après tout ce que j’ai eu à lire, jusque là, concernant la barbe, aucun compagnon n’a une fois rasé sa barbe. Ni un seul des 4 imams. Je ne vois que des conclusions tirées. Parmi tous les hadiths précités, on voit bien que si on arrive à tirer des conclusions c’est parce que certains appliquent la recommandation et d’autres non. Mais pour la question de la barbe tel n’à pas été pas le cas. Suivons la Sunna du prophète paix et salut sur lui ainsi que ces Khalifes bien aimés. Et délaissons les polémiques. Pourquoi se jeter dans le doute alors que ni le prophète paix et salut sur lui, ni ses compagnons qu’Allah les agrée, ni les pieux prédècesseurs rahimahumullah ne l’ont une fois fait.
    . والله أعلم

  5. As salamu ‘alaykum , tout d’abord barak Allahu fik cheikh pour ce travail de recherche que tu partages avec nous. Ensuite, je voulais juste dire que je suis un peu choqué en lisant certains commentaires que je trouve agressif. Subhan Allah, le frère a étudié et nous fait partager le fruit de sa recherche, et vous au lieu de le remercier pour cela vous l’agressez ? La hawla wa la quwwata illa biLlahi. Et ensuite on nous parle de notion de « oumma » etc, c’est triste. J’ai beaucoup aimé la façon calme et intelligente de répondre du cheikh, qu’Allah le guide et le préserve. As salamu ‘alaykum.

  6. Assalam alaykoum
    On attaque al Quds et vous nous parlez de barbe ?… On parle d’interdire le voile et vous nous parlez de poils ? Des intégristes nous disent qu’il est interdit de manifester (mixité) alors que cette mixité ne les trouble pas dans la rue. On voit qui manipule ces intégristes ici ou Daech. En attendant on est 30 à défiler dans les rues pour la Palestine pendant que d’autres écoutent des sermons -opium sur des vétilles ou font des achats y compris chez les ennemis. On veut des imams qui nous parlent d’aujourd’hui, les enjeux. Imams où êtes vous ?
    Allah nous a donné la liberté en matière de culte et les savants veulent nous la restreindre « Point de contrainte en religion » Coran . 2.256 Liberté de croire ou ne pas croire alors la barbe… La barbe!!! Le diable se trouve dans les détails (malheureusement vous vous interdisez de lire cette source ). Allons à l’essentiel. développons l’économie sans riba construisons des musulmans et citoyens ici et non des blédards passéistes qui ne vivent que dans l’imitation d’une période révolue. Et vous imams vous entretenez cette schizophrénie.
    Avec des frères nous avons bâti un coopérative d’épargne et d’investissement halal, enfin!! et bien les frères ne se fédèrent pas !!!! Ils préfèrent garder leur argent chez des usuriers… ils préfèrent écouter des imams qui leur parlent de bon comportement (alors qu’ils garent leur voiture n’importe comment devant la mosquée) ; de siwak et de barbe. Musulmans réveillons- nous ! Prenons notre destin en main et ne perdons plus de temps à parler de futilité !!! il y a tant à faire !! Le coran nous exhorte toujours « ceux qui croient et œuvrent dans le bien » amanou wa amilou salihat et non ceux croient , disent ou écoutent ce qu’il faut faire.

    PS Désolé je n’ai rien contre toi (la piété c’est le bon conseil) mais je n’en peut plus de ces discours qui nous enfoncent dans la polémique alors que le bateau coule!!! écopons !!
    Liste de vrais sujets disponibles sur simple demande

    • Je reprendrai cette réponse : «  »Ce sujet n’est pas fondamental, mais lorsque certains en font un élément fondamental de la religion faisant de la barbe la ligne distinctive entre le vertueux et le pervers, entre le bon musulman et le mauvais musulman, et font du port de la barbe une marque de piété et son rasage une marque d’impiété, il devient important et fondamental de remettre les choses à leur place. » Nous comprenons votre désarroi, ceci dit le chemin de la da’wa est semé d’embûches, et il demande patience et persévérance.
      Liste des sujets cités publiés sur notre site, si le temps vous le permet, faites un tour. Que Dieu vous garde. Fraternellement.

      • Merci pour votre précision, mais je ne suis pas en désarroi. Je dirais qu’il est important d’être honnête avec sois même et d’essayer d’avoir un cœur saint en matière de religion.
        Je pense que je port de la barbe aujourd’hui, ne nous permet pas de dire qu’untel et plus ou moins vertueux, je pense.
        Que Dieu me pardonne si je me trompe.
        Quant a la persévérance, oui mais quand on connait le contexte aujourd’hui, se laisser pousser la barbe c’est chercher malheureusement l’exclusion dans certain milieu et je ne pense pas qu’en matière de religion il faille se donner des coups.
        Merci et que Dieu nous pardonne nos erreurs.

  7. Salam alikoum

    Je dirais que porter la barbe aujourd’hui dans certains métier surtout au contact de clients est simplement compliqué voir impossible surtout lorsqu’on s’appel Mohamed .
    Pour le reste je comprends et je respecte.

  8. J’ai décidé de porter la barbe avant tout par amour de mon prophète, par espoir d’être récompensé et par peur de m’égarer  » car quiconque vivra parmi vous, verra de nombreuses divergences, accrochez vous donc à ma Sunna et la Sunna des califes bien guidés, mordez-y avec vos molaires » Muhammad ibn Abdillah salat wa salam.

  9. salam alaikoum

    Loin de moi la recherche de polémique, mais la conclusion est quand même claire.

    Soit se laisser pousser la barbe est obligatoire, soit c’est recommandé et à l’inverse, la raser est soit interdit, soit répréhensible.
    A partir de là, il faut aller dans le bon sens, et chercher la satisfaction d’ALLAH.
    Pourquoi prendre des risques et jouer avec le feu?

    Que les 4 imams l’ait « dit » ou pas, ce ne change pas grand chose.
    Qui suit-on, les 4 imams ou notre bien aimé saws?

    • A votre dernière question je répondrai : les deux. Quant aux reste, vous avez certainement compris le message principal de cet article. Les quelques premières lignes en expliquent la motivation. S’il y a divergence, l’interdiction absolue ne peut valoir. Pour rappel, celui qui abandonne un acte « Makruh » (répréhsensible) sera récompensé, quand à celui qui l’accomplit pas, il ne commet pas de péché. Bien fraternellement.

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