Il parle avec savoir quand il juge bon de le faire, et il se tait avec savoir quand il juge bon de le faire ; il s’abstient de se mêler de ce qui ne le regarde pas ; il a autant peur de sa langue que de son ennemi, et il la tient enfermée comme un prisonnier, car il appréhende ses méfaits. Il évite de rire autant que faire se peut, et se distingue ainsi de la masse, car il a conscience des mauvaises conséquences que cela engendre ; quand une bonne chose lui fait plaisir, il se contente de sourire. Il n’aime pas plaisanter pour s’épargner des futilités, mais s’il devait absolument le faire, il ne dit que la vérité, en gardant le visage agréable et une grande retenue dans ses propos. Il ne se vante jamais, et il ne se prête encore moins des qualités qu’il n’a pas ; il ne se laisse pas dominer par les passions et s’attiser ainsi la Colère du Seigneur. Il n’a pas recourt à la médisance, il ne dénigre ni n’injure personne, il ne se réjouit jamais du malheur des autres, il ne s’attaque pas à son prochain, il n’est pas envieux, et n’est pas enclin aux mauvais soupçons, sauf contre ceux qui le méritent ; les choses pour lesquelles il éprouve de la jalousie ou un mauvais soupçon sont fondées ; s’il souligne un défaut chez quelqu’un, il est mu par un savoir, et s’il préfère fermer les yeux dessus, il est également mu par un savoir.

Il s’inspire du Coran, de la sunna et du fiqh pour y puiser toutes les vertus. Il est chaste et préserve tous ses membres du vice ; il marche avec savoir, et il s’assoit avec savoir ; il met tout en œuvre pour ne porter préjudice à personne avec sa langue ou avec sa main ! Il n’a pas de réactions insensées, et il accueille la sottise des autres avec sagesse ; il ne cause du tort à personne, il pardonne les injustices dont il est victime ; il ne s’en prend à personne, et endure le mal de ses semblables ; il refrène sa colère pour gagner l’Agrément de Son Seigneur et irriter son ennemi davantage ; il est humble, accepte la vérité d’où qu’elle vienne : des plus petits et des plus grands.

Il n’attend pas des hommes qu’ils le mettent en valeur, il l’espère seulement de la part du Tout-Puissant ; il réprouve l’orgueil, et craint énormément de s’en prévaloir ; il ne fait pas du Coran une source de revenus, et il ne s’en sert pas pour régler ses affaires ni pour s’approcher des enfants du Roi, ni encore pour gagner les faveurs des plus riches.

Extrait de akhLâq hamalat el Qur-ân d’al-Ajjurî

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Votre Nom