mariage

En France (comme dans d’autres pays occidentaux), loin des pays à majorité musulmane et loin de l’époque de la révélation, des dérives certaines ont influencé un contrat civil pour en faire un contrat religieux. Certaines personnes veulent faire le hlal pour vivre en couple selon les préceptes musulmans en oubliant les finalités de ce contrat d’importance capitale.

 En effet :

1- Le mariage permet d’assouvir les désirs et envies naturels  de l’Homme avec un seul partenaire, ce qui permet de vivre moralement en paix et d’avoir une protection optimale contre d’éventuels Infections Sexuellement Transmissibles  (IST).

2- Il participe à responsabiliser les individus en étant des chefs de famille, pour en faire des citoyens capables de participer à la construction de la société dans laquelle ils vivent.

3- Il assure une protection contre des rapports intimes hors cet engagement solennel  qui est considéré comme un péché en Islam ainsi que dans d’autres religions comme le Judaïsme ou le Christianisme.

4-Il constitue le moyen naturel par lequel l’espèce humaine se perpétue en assurant un cadre de vie paisible et propice à l’épanouissement des enfants fruits de cette union.

Certaines jeunes gens clament haut et fort que le mariage n’a pas besoin d’être écrit pour être valable religieusement et se retournent vers le temps de la révélation. Or, les raisons pour lesquels ce contrat n’était pas notifié par écrit étaient multiples :

1- L’écriture n’était pas répandue à l’époque dans la péninsule arabique : C’était un luxe réservé aux riches. Le Prophète Mohammed (Que la Paix et le Salut soient sur lui) lui-même ne savait ni lire ni écrire. En effet, orphelin dès l’âge de sept ans, il a du travailler très jeune pour subvenir à ses besoins. C’était une particularité du Prophète et personne ne peut se vanter aujourd’hui de choisir d’être analphabète et prétendre vouloir suivre la  sunna !

2- La ville de Médine n’était pas aussi grande que nos villes actuelles et les médinois étaient tous connus. Lorsque deux personnes se mariaient, toute la ville était au courant par les signes de fêtes de l’époque et manifestations de joie par les champs et les tambourins.

3- Deux personnes se mariaient sous la tutelle de la famille avec un système tribal qui protégeait la famille. L’homme était  juridiquement responsable de son épouse et des enfants qui venaient à naître.

Paradoxalement le mariage « religieux » ardemment défendu par certains musulmans, ressemble par bien des points au mariage laïc que certaines associations tendent à rendre très en vogue.

Description d’un mariage «religieux» ourfi ou coutumier : Deux personnes acceptent de se prendre pour époux l’un l’autre, devant des amis choisis et en présence des parents (ou pas). Un homme qui connaît par cœur tout le Coran ou quelques versets, célébrera ce mariage, quelques mots en arabe et on s’achète une conscience tranquille croyant que c’est un mariage juridiquement et islamiquement valide.

Description d’un mariage laïc : Un concept importé de films hollywoodiens dans lequel deux personnes se prêtent  sermon.  Symboliquement ils échangent leurs vœux devant leurs proches dans un cadre choisi par eux, à l’air libre, sous l’eau, dans les airs ou tout simplement dans une salle louée pour l’occasion.

Dans ces deux cas, il n’y a pas d’écrit, aucune preuve matérielle de cet engagement sérieux qu’est la construction d’une vie à deux. L’homme pourra partir quand il le veut et laisser son « épouse » qui n’aura que ses yeux pour pleurer. Dans certains cas, même s’ils sont plus rares, c’est la femme qui fera ses bagages pour quitter cette vie qui, somme toutes ne lui convient plus.

Selon la législation française[1] : « Le mariage est un acte public*, juridique et solennel** par lequel un homme et une femme s’engagent l’un envers l’autre dans la durée, devant et envers la société, pour fonder ensemble un foyer »  (Source : www.justice.gouv.fr)

*Un acte publique : Toute la ville, toute la société, tout le pays et même le monde entier – vu que nous vivons dans un village – est au courant de cette union.

**Un acte solennel : Un acte sérieux, emprunt de gravité qui est le début d’une vie nouvelle et d’une responsabilisation de ces deux personnes l’un envers l’autre, tous deux envers leurs enfants et envers la société dans laquelle ils vivent.

Que disent les juristes musulmans ?

Les quatre grandes écoles sunnites (Al-ahnaf, Al-malikia, Achafi’ia et Al-hanabila) se basant sur le Coran et la tradition Prophétique ont établit des piliers et des conditions pour qu’un mariage soit religieusement valide.

Le résumé de ces écoles, piliers et conditions confondus est :

1- Il faut que la mariée accepte de prendre l’homme pour époux.

2- Il faut que le marié accepte de prendre la femme pour épouse.

La question leur étant posée à tous deux et à tour de rôle, la réponse doit être clairement affirmative et sans équivoque.

3- Une dot offerte à l’épouse en cadeau personnelle, un gage d’amour dont les parents n’ont pas autorité de disposer.

4- La présence du tuteur pour la future épouse qui signe la fierté et le bonheur que peut avoir un père à confier sa fille à un homme qui prendra soin d’elle.

5- Deux témoins qui auront vocation à diffuser largement l’information sur cet heureux événement. Les malikites prônent al-ichhar : l’annonce publique.

Description d’un mariage civil à la mairie :

Jusqu’à la Révolution française, seul le mariage religieux était reconnu. Les registres paroissiaux tenaient alors lieu d’état civil.

La loi du 20 septembre 1792 instaure le mariage civil, enregistré en mairie, qui devient le seul valable aux yeux de la loi. Il doit précéder toute cérémonie religieuse. Le non-respect de cette règle est constitutif d’un délit.

Dès lors, et quelle que soit sa religion d’appartenance, il faut passer devant le maire avant de pouvoir se marier religieusement. (Source : www.justice.gouv.fr)

1- Avant la cérémonie devant le maire il y a la publication des bans qui consiste à afficher et exposer ce futur mariage : une grande publicité et un ichhar certain pour ce mariage.

2- L’acceptation de la femme de se marier avec l’homme présent.

3- L’acceptation de l’homme de se marier avec la femme présente. La question étant posée clairement aux deux, à tour de rôle et ayant pour réponse un « oui » clair.

4- Le nombre de témoins à la mairie est au minimum de deux et au maximum de quatre ; le père peut en faire partie.

On remarque qu’à quelques variantes près, les mêmes conditions sont réunies dans le mariage prôné par les jurisconsultes musulmans ( fuquhaa) et dans celui célébré dans les mairies françaises. Il ne manque que la dot qu’offrira le marié à sa femme pour compléter les conditions de validité du mariage en Islam.

Il est important de noter qu’aucun savant ne met comme pilier ni comme condition la lecture du Coran. En effet, le Coran et les invocations font partie intégrante de la vie du musulman. En se levant le matin on invoque le Seigneur, en sortant de la maison, en prenant la voiture, en allant à un examen ou à entretien d’embauche, en se nourrissant, en se mettant au lit le soir…

 Au final, il n’y a pas de cérémonial religieux musulman pour qu’un mariage soit islamiquement valable. De plus, historiquement il ne nous est pas parvenu que le Prophète (Que la paix et la Bénédiction soient sur lui) se soit marié ou ait marié l’une de ses filles à la mosquée.

Cette quête du religieusement valable pourrait être due à la volonté de faire comme nos frères chrétiens qui font une différence entre la cérémonie à l’église et celle faite à la mairie.

Le mariage en Islam est un engagement important et solennel comme il est décrit dans le Coran : {Comment oserez-vous leur reprendre (quoi que ce soit[2]) après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement  solennel} (Sourate 4/ Verset21).

Le mariage est un contrat civil qui doit être reconnu devant Dieu et  les hommes. Il est censé être à durée indéterminée pour le meilleur et pendant les moments difficiles. Sa notification par écrit permettant de juger des droits des uns et des autres dans le cas d’un éventuel conflit comme les droits de succession ou de filiation.

S’il commence par être solennel le mariage se poursuit par de la tendresse et de l’affection entre les époux comme il est décrit dans le Coran{ Parmi Ses signes c’est d’avoir créé de vous et pour vous des moitiés afin que vous trouviez auprès d’elles votre quiétude et d’avoir suscité entre vous tendresse et bienveillance} (Sourate 30 / Verset 21).

Que la paix soit sur tous ceux qui la recherchent.? ???? ???? ????? ?????

Nawal ZINE


[1] Jusqu’à la date de publication de cet écrit.

[2] Ceci concerne la dot offerte au début du mariage.

2 Commentaires

  1. @Anouar Bien sûr que non, et les villes non musulmanes dans lesquelles il n y a pas de mosquée. Comment font-ils les gens?
    C’est une bénédiction bien sûr mais ce n’est pas ce qui valide un mariage. Dieu insiste plusieurs fois que c’est TOUTE la terre qui est mosquée et lieu de prière…

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