Le Prophète (saws) et la violence

Dans le précédent article « Le Prophète (saws) et les femmes », nous avons mis en évidence que les controverses perpétrées par les détracteurs du Prophète (saws) visent à la fois son message et sa personne. Les controverses visant son message consistent à véhiculer l’idée selon laquelle l’islam serait une religion violente et sanguinaire. Quant aux controverses visant la personne du Prophète (saws), elles présentent le Prophète (saws) comme étant un homme à femmes sous prétexte qu’il épousa plusieurs femmes. L’article mentionné ci-dessus fut consacré à répondre cette dernière  controverse.

Le présent article vise à répondre à la controverse présentant l’islam comme une religion violente, une religion sanguinaire, prêchée par un homme sanguinaire.

Pour répondre à cette accusation aussi  ridicule qu’infondée, il suffit tout d’abord, de demander aux auteurs de ces controverses d’apporter une preuve historique établissant d’une manière formelle que le Prophète (saws) aurait usé de cruauté à l’encontre de ses ennemis, ce que nul n’a fait et ne fera pour la simple raison que cette preuve n’existe pas. Ils se contentent d’inventer des accusations par pur mensonge et par pure animosité.

Méditons ensuite les évènements de l’ensemble de la vie et des œuvres du Prophète saws (sira), ils sont à même de déconstruire ces allégations.

Un homme sanguinaire dirait-il à ses hommes : « Ne souhaitez pas la rencontre de l’ennemi, implorez plutôt de Dieu la sauvegarde » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim).

Lors de la Bataille de Khaybar, dont la cause était que Khaybar avait établi un front avec les tribus de Ghatafan pour attaquer Médine, lorsque le Prophète (saws) confia l’étendard à ‘Ali ibn Abi Talib (rad), ce dernier lui dit : « Ô Messager de Dieu ! Dois-je les combattre jusqu’à ce qu’ils soient comme nous ? » Le Prophète (saws) dit : « Avance doucement jusqu’à atteindre leur place. Puis appelle-les à l’islam, car par Dieu, si Dieu guide l’un d’eux par ton biais, cela sera mieux pour toi qu’un troupeau de chameaux roux » (rapporté par Mouslim).

Est-ce là l’attitude d’un chef de guerre sanguinaire, qui veut imposer sa religion avec la force ?

Lors de la conquête de la Mecque, les musulmans y trouvent à leur arrivée des personnes qui les ont combattus, torturés et chassés de chez eux. Le Prophète (saws) avait subit le même sort. S’il était sanguinaire, il les aurait exterminés. Mais au contraire, il donna l’ordre de ne combattre que ceux qui les combattent. Puis, le Prophète (saws) s’adressa aux gens en ces termes : « Ô vous peuple de Qouraysh, que pensez-vous que je vais faire de vous ? » Ils dirent : « Que du bien ! Tu es un noble frère, fils d’un noble frère ! » Il dit : « Je vous dis ce que Youssouf a dit à ses frères : « Point de récrimination contre vous aujourd’hui ! Que Dieu vous pardonne. C’est Lui le plus Miséricordieux des miséricordieux », allez en paix, vous êtes tous libres ! » (Ibn Hisham et al-Bayhaqi)

Un homme du nom de Foudala ibn ‘Oumeyr se présenta au Prophète (saws) à l’affut du moment opportun pour l’assassiner. Le Prophète (saws) l’observa et sut ce qu’était son intention. Pourtant, il n’éprouva à son encontre aucune rancœur. Bien au contraire, il l’appela et lui dit : « À quoi pensais-tu ? ». Foudala dit : « A rien ! J’invoquais Dieu ! » Le Prophète (saws) rit alors et lui dit : « Implore plutôt le Pardon de Dieu ». Puis, il fit preuve de douceur à son égard et posa sa main sur la poitrine de Foudala. Foudala dit : « Avant qu’il ne lève sa main, il est devenu l’être que je chérie le plus » (Ibn Hisham). Est-ce là l’attitude d’un homme sanguinaire ?!

En vérité, l’islam, souvent associé à la violence, n’a recours au combat qu’en extrême nécessité, en vue de repousser les agressions extérieures. L’islam favorise la paix et non pas la guerre. A maintes reprises dans le Coran, Dieu rappelle aux musulmans Ses bienfaits en leur épargnant le combat : « C’est Lui qui dans la vallée de la Mecque a écarté leurs mains de vous, de même qu’Il a écarté vos mains d’eux » (La victoire éclatante : 24).

Lors de l’épisode du pacte d’al-Houdaybiya, Dieu révéla : « En vérité, Nous t’avons donné une victoire éclatante » (La victoire éclatante : 1). Dieu fit de ce pacte pacifique une victoire bien qu’il n’y ait eu aucun combat. ‘Omar dit d’ailleurs au Prophète (saws) : « S’agit-il d’une victoire, ô Messager de Dieu ?! » (rapporté par Mouslim) car il ne pouvait concevoir une victoire sans combat.

De même, lorsque la bataille des coalisés (les coalisés étaient formés d’un grand nombre des tribus arabes venu attaquer Médine pour exterminer les musulmans) s’est achevée sans combat, Dieu rappela aux musulmans ce bienfait en disant dans le Coran : «et Allah a épargné aux croyants le combat » (les coalisés : 25)

Tout ceci démontre qui l’islam préfère la paix au combat. Comment peut-on alors qualifier le Prophète (saws) de sanguinaire, et comment qualifier les musulmans de sanguinaires ?

Une question légitime s’impose alors : Quelles sont alors les mobiles permettant le recours au combat en islam ?

L’islam n’a pas inventé la guerre. La guerre est un phénomène social répandu entre les hommes à travers le temps, comme l’affirme les historiens anciens et contemporains. Ibn Khaldoun dit : « La guerre est une chose naturelle aux  hommes, aucune nation ni génération n’y échappe »

Ceci dit, il importe de préciser que le principal motif du combat en islam est le fait de repousser les agressions et non pas l’incroyance. L’individu ne peut être combattu pour son incroyance. Il est combattu pour son agression. Pour preuve, les civils ne peuvent être combattu car le Prophète (saws) a interdit de s’en prendre aux femmes, aux personnes âgées ou aux enfants. Il dit : « Ne tuez ni vieillard, ni enfant, ni femme. Ne spoliez pas, et ne mutilez pas » (rapporté par Abou Daoud et al-Bayhaqi). Lorsque le Prophète (saws) vit après l’une des bataille, une femme parmi les victimes, il dit en signe de réprobation : « Celle-ci ne pouvait pas combattre ! » (rapporté par Abou Daoud et an-Nasa-y).

C’est pour cette raison qu’Ibn Taymiya dit : « La permission du combat pour les musulmans est basée sur la permission du combat chez les autres »[1]. Ibn al-Qayyim dit : « Le combat fut prescrit au musulman contre ceux qui les combattent, pas contre ceux qui ne les combattent pas »[2]. Les hanafites disent : « L’incroyance en soi n’est pas une cause de combat »[3]. En effet, Dieu dit : « Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes Allah n’aime pas les transgresseurs » (la vache : 190), « Et s’ils cessent donc, plus d’hostilité, sauf contre les injustes » (la vache : 193), « Quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui à transgression égale. Et craignez Allah » (la vache : 194), « Autorisation est donnée de se défendre à ceux qui sont attaqués car vraiment ils sont  lésés » (le Pèlerinage : 39). Tous ces versets sont catégoriques non-abrogés car aucune preuve d’abrogation n’a été établie.

Si par la suite, une question est posée au sujet de certains versets tels que : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour Dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son Messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains » (le repentir : 29), et « Et combattez-les, où que vous les rencontriez » (la vache : 191), la réponse est que ces versets sont de l’ordre de l’indéfini « moutlaq » et doivent par conséquent être compris à la lumière des autres versets qui limitent expressément le combat au seul mobile de la défense. On ne peut isoler ce genre de versets de l’ensemble des versets limitant la guerre à la guerre défensive.

La défense de l’opprimé aux niveaux individuel et collectif  peut également motiver le combat en islam. Dieu dit : « Et qu’avez-vous à ne pas combattre dans le sentier de Dieu, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : « Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes » » (les femmes : 75). Les musulmans comprirent ceci et le traduisirent en action. En effet, c’est dans ce sens que le calife Abou Bakr (t) combattit les tribus qui refusèrent de s’acquitter de la Zakat après la mort du Prophète (saws). Par cette action, les musulmans devinrent la première nation qui combattit et fit des sacrifices humains pour défendre les droits des pauvres.

Encore une fois, comme nous l’avons signalé à la fin de l’article précédent[4], toutes ces controverses, toutes ces attaques dont fait l’objet le Prophète (saws) reflète un sentiment de d’anti-islam et de racisme à l’encontre des musulmans. Leurs auteurs ne font qu’inventer des prétextes, fussent-ils infondés et insensés pour essayer de justifier leur racisme et décomplexer leur islamophobie.

Moncef Zenati


[1] – « al-‘alaqat ad-douwaliyya fil-islam » de sheikh Wahba az-Zouhayli p 26

[2] – « al-‘alaqat ad-douwaliyya fil-islam » de sheikh Wahba az-Zouhayli p 26

[3] – « al-‘alaqat ad-douwaliyya fil-islam » de sheikh Wahba az-Zouhayli p 101

[4] – Le Prophète (saws) et les femmes

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