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Nous continuons nos discours sur les qualités des serviteurs du Tout Miséricordieux que Dieu a enregistré dans le Coran, à la fin de la sourate « le discernement ».

Dieu les a décrit comme étant des gens qui accomplissent les bonnes œuvres et s’écartent des mauvaises. Si d’autres commettent les péchés majeurs : invoquent d’autre dieu avec Dieu, tuent l’âme que Dieu a rendue sacrée ou se rendent coupable de ce crime qui est la fornication, les serviteurs du Tout Miséricordieux, eux, ne commettent rien de tout cela car quiconque commet l’une de ces choses encourra une punition. Dieu dit : « Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Dieu et ne tuent pas la vie que Dieu a rendu sacrée, sauf à bon droit ; qui ne commettent pas de fornication, car quiconque fait cela encourra une punition. Et le châtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d’ignominie »

Tel est le châtiment qui attend quiconque commet ces péchés : un châtiment qui se dédouble et qui s’accentue. Il ne s’agit pas d’un châtiment d’un jour ou de deux jours, ni d’un mois ou de deux, ni d’un an ou de deux ans, mais d’un châtiment éternel : « il y demeurera éternellement couvert d’ignominie », c’est-à-dire : humilié, sans aucune valeur, quel que soit le rang qu’il occupé dans ce bas-monde, quel que soit sa place auprès des gens.

Tel est le châtiment de ceux qui commettent les péchés majeurs. Mais n’y a-t-il, pour autant, aucune issue pour eux ? Les portes de la miséricorde se sont-elles définitivement fermées devant eux ? Point de miséricorde qui les attend et point de pardon à espérer ?

Ici, Dieu annonce l’exception : « Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre ; ceux-là, Dieu changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux, et quiconque se repent et accomplit une bonne œuvre, c’est vers Dieu qu’aboutira son retour » (25 :70).

Dieu, par miséricorde, a grandement ouvert les portes du repentir. Dieu connait parfaitement la faiblesse de Ses serviteurs. C’est Lui qui les a créés et a fait d’eux des êtres humains avec des pulsions, des passions et des instincts. Ils commettent ainsi des péchés, mais implorent le pardon de Dieu et Dieu leur pardonne. Le Prophète (BDSL) dit : « Par celui qui tient mon âme dans Sa main, si vous ne faisiez pas de péchés, Dieu vous emporterait et amènerait d’autres que vous pour qu’ils fassent des péchés et pour qu’ils implorent le pardon de Dieu et Il leur pardonnera » (rapporté par Mouslim).

C’est Lui le Pardonneur, L’indulgent, le tout-Miséricordieux, l’Accueillant du repentir. Aucun péché ne saurait être trop gros pour être pardonné. Quel que soit la grandeur de ton péché, sache que le pardon de Dieu est encore plus grand.

Par ailleurs, le repentir absout tous les péchés. Il lave le pécheur de la souillure du péché. Le repentir absout même l’idolâtrie. Dieu dit : « Dis à ceux qui ne croient pas, s’ils cessent, on leur pardonnera ce qui s’est passé » (8 :38).

Ainsi, le repentir absout les péchés qui ont été commis auparavant, et le Prophète (BDSL) dit : « Celui qui se repent est semblable à celui qui n’a pas commis de péché » (rapporté par Ibn Majah)

Certes, le repentir englobe tous les péchés, mais de quel repentir s’agit-il ? Quel est le repentir que Dieu accepte ? Il s’agit du repentir sincère ; un repentir pure de toute tromperie. Il ne s’agit d’un faux repentir ; un repentir de menteurs qui se repentent par la parole alors que leurs cœurs persistent dans le péché.

Le repentir sincère a des éléments constitutifs :

Premièrement : le regret. Le Prophète (BDSL) dit : « Le regret, c’est le repentir » (rapporté par al-Hakim et Ibn Majah) dans le sens où le regret constitue le pilier le plus important du repentir, comme lorsqu’il dit : « Le Pèlerinage, c’est ‘Arafat » (rapporté par Ahmed), c’est-à-dire que la présence à ‘Arafat est le pilier le plus important du Pèlerinage.

Il faut profondément ressentir ce regret, ce chagrin, cette tristesse ; un regret qui déchire le cœur à chaque fois que l’on se rappelle du péché. Regretter, c’est reconnaître notre manquement envers Dieu.

Deuxièmement : Avoir la ferme intention de ne plus revenir à ce péché. Point de repentir sans cette décision. Se repentir en ayant encore un penchant pour le péché ; alors que le cœur y est toujours attaché ; alors que l’on y pense encore, il ne peut s’agir là d’un repentir.

Au moment du repentir, le repentant doit être fermement résolu à ne plus commettre ce péché. Si par la suite, il revient à ce même péché par faiblesse. Si parce que sa volonté l’a trahi,  sa passion l’a dominé et Satan a pris le dessus sur lui, il commet à nouveau ce péché, cela n’a aucune incidence sur son repentir car l’essentiel, est qu’au moment du repentir, il était résolu à ne plus revenir au péché ; résolu à changer sa vie, à commencer une nouvelle page dans son rapport à Dieu.

Troisièmement : Abandonner le péché d’une manière effective :

Il s’agit de délaisser le péché d’une manière nette, immédiate et effective. Le repentir n’a aucun sens si le repentant persiste dans son péché. Le repentir consiste à abandonner le péché par le cœur et par les sens ; l’exclure définitivement de sa vie.

Il y a des péchés qui sont de l’ordre du privé, qui relèvent de la relation intime entre l’homme et son Seigneur, se repentir de ce genre de péchés est aisé et ne pose pas de problème. Par contre, les choses se compliquent lorsque le péché concerne ton rapport aux gens, car ces derniers ne cèdent pas aisément leurs droits. C’est pour cette raison que les savants disent : Les droits de Dieu sont basés sur le pardon, et les droits des hommes sont basés sur l’intransigeance. Chaque personne tient fermement à son droit. Comment faire si tu veux te repentir alors que tu as transgressé les droits des gens ? Alors que tu leur as fait du mal avec ta langue ou avec ta main ? Tu dois réparer ta faute, t’acquitter de ce que tu dois, demander pardon … Le Prophète (BDSL)) nous incite à nous libérer du fardeau de ce genre de péché avant le Jour de la Résurrection. Il dit : « Quiconque a commis une injustice vis-à-vis de son frère, concernant son honneur ou autre chose, qu’il s’en acquitte auprès de lui aujourd’hui avant que le dinar et le dirham n’aient plus cours » (rapporté par al-Boukhari). Il dit également : « Savez-vous qui est le ruiné ? » Les compagnons dirent : « Le ruiné parmi nous est celui qui n’a ni dirham ni biens » Il dit : « La ruiné parmi ma communauté est celui qui viendra le Jour de la Résurrection en ayant accompli la Prière, le jeûne et la zakat, mais il vient après avoir insulté celui-ci, calomnié celui-là, mangé l’argent de tel autre, répandu le sang de celui-là et frappé tel autre. On répartira alors ses bonnes œuvres entre ses victimes et, si celles-ci s’épuisent avant qu’il ne puisse se racheter, on prendra de leurs péchés pour les jeter sur lui, il sera ensuite jeté en Enfer » (rapporté par Mouslim).

Si le repentir répond à toutes ces conditions, il sera sans doute accepté selon les lois de Dieu, car Dieu a promis d’accepter le repentir. Il dit : « Puis, Il agréa leur repentir (c’est à dire : Il les a amené à se repentir) pour qu’ils se repentent, car Dieu est l’accueillant du repentir, le Miséricordieux » (9 :118). Un homme interrogea Raabi’a al-‘Adawiyya, cette éminente femme vertueuse, que Dieu lui fasse miséricorde : « Si je me repens, Dieu acceptera-t-il mon repentir ? » Elle dit : « Tu es un homme sans raison. Au contraire, si tu te repens, c’est que Dieu a accepté ton repentir. Dieu dit : « Puis, Il agréa leur repentir pour qu’ils se repentent » ». Ainsi, si Dieu t’a permis de te repentir, cela indique qu’il a d’ores et déjà accepté ton repentir.

Seigneur Dieu ! Accepte notre repentir ! Aide-nous contre nos passions et purifie nos cœurs ! Amin !

Sermon du vendredi

Moncef Zenati.

Série : Les caractéristiques des serviteurs du Tout Miséricordieux (11)

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