A chaque fois que nous accueillons le mois de Rabi’ I, le souvenir du Prophète (BDSL) envahit nos cœurs et nos esprits. En effet, c’est en ce mois que le Prophète (BDSL) est né et c’est pendant ce mois qu’il a émigré à Médine. Il est notoirement répandu que le Prophète (BDSL) est né le douzième jour de ce mois, mais aucun texte n’a été formellement établi à ce sujet. D’ailleurs, certains estiment qu’il serait né le neuvième jour de Rabi’ I.

Il est du droit de ce noble Prophète (BDSL) que l’on évoque sa vie à l’occasion de son anniversaire et ceci n’est guère une innovation car nous ne faisons qu’exploiter  cette occasion pour rappeler aux gens la « sira » pure de ce grand Prophète (BDSL) ; pour parler de cet éminent personnage ; de ce grand homme afin de le prendre comme exemple ; afin de présenter le vrai visage du noble Prophète (BDSL) et réfuter les controverses dont il fait l’objet. En quoi ceci serait une innovation ? Où est le mal en cela ?

Lorsque nous rappelons aux gens ces évènements de l’histoire nous ne faisons que rappeler les bienfaits de Dieu, or se rappeler des bienfaits est non seulement légitime et louable, mais une chose demandé. Dieu nous ordonne dans le Coran de nous rappeler de Ses bienfaits en disant : « Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu » (33 :9), « Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le » (93 :11). La naissance du Prophète (BDSL) n’est-elle pas en soi un bienfait de Dieu qui mérite d’être rappelé ?

A cette occasion il serait digne du musulman de méditer la vie de notre bien-aimé Prophète Mohammad (BDSL), car quiconque prend le temps de lire la « sira » du Prophète (BDSL) avec méditation y trouvera certainement des preuves évidentes de la véracité de son message et de sa prophétie.

Quiconque lit la vie du Prophète (BDSL) ; quiconque l’étudie et l’a saisi ne peut qu’admettre qu’il ne s’agit guère d’une vie d’un menteur, ni celle d’un imposteur, ni celle d’un roi ou d’un aspirant à la royauté.

La vie du Prophète (BDSL) n’a rien à voir avec la vie d’un menteur. Le mensonge était à ses yeux le pire des défauts. On ne l’a jamais entendu mentir. Et si ses détracteurs lui avaient enregistré ne serait-ce qu’un mensonge, ils se seraient fait une joie de le répandre pour le discréditer. Mais depuis son jeune âge, il était connu comme étant le véridique et le digne de confiance. D’ailleurs, lorsque Héraclius, l’empereur byzantin posa des questions extrêmement  précises à Abou Sofiane, il lui dit entre autres : « Le soupçonniez-vous de mensonge avant qu’il ne tint le discours qu’il tient aujourd’hui ? » « Non ! » répondit Abou Sofiane. Puis, Héraclius dit : « Je t’ai demandé si, avant qu’il ne tînt ses discours, vous le soupçonniez d’être un menteur et tu m’as répondu que non. J’ai compris par-là que s’il n’était pas homme à mentir à l’égard de ses semblables il ne pouvait mentir à l’égard de Dieu. » C’est là la conclusion d’un homme qui analyse les choses d’une manière rationnelle.

La vie du prophète (BDSL) n’est pas la vie d’un imposteur ni d’un devin. Il n’était pas de ceux qui prétendaient connaître l’avenir ; de ceux qui prétendaient détenir le pouvoir de percer les secrets de l’inconnaissable. Le Prophète (BDSL) ne prétendait rien de tout cela. Il récitait aux gens les versets suivants : « Dis : « Nul de ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ne connaît l’inconnaissable, à part Dieu » » (27 :65), « Dis : « Je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage, sauf ce que Dieu veut. Et si je connaissais l’inconnaissable, j’aurais eu des biens en abondance, et aucun mal ne m’aurait touché. Je ne suis, pour les gens qui croient, qu’un avertisseur et un annonciateur » » (7 :188), « Dis : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors de Dieu, ni que je connais l’inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé » (6 :50).

Le Prophète (BDSL) n’était pas un mage ni un devin. D’ailleurs, il déclara une lutte sans relâche contre la divination et la sorcellerie ; contre ceux qui la pratiquent et contre ceux qui consultent les mages et les devins. Lors d’une occasion une femme chantait alors que le Prophète (BDSL) écoutait sans s’y opposer jusqu’à ce qu’elle dise : « Et parmi nous un prophète qui sait ce qu’arrivera demain ». Le Prophète (BDSL) dit alors : « Délaisse ceci, et reprends ce que tu disais ».

Le soleil s’éclipsa le jour de la mort de son fils Ibrahim. Les gens dirent alors que le soleil s’est éclipsé pour la mort d’Ibrahim fils du prophète (BDSL). En effet, pendant la période préislamique, il était d’usage de croire que le soleil ne s’éclipsait que pour la mort d’un grand homme. Si le Prophète (BDSL) était un imposteur, il aurait profité de cette occasion pour asseoir sa notoriété et attribuer à sa personne et à sa famille une marque de sainteté. Bien au contraire, il refusa cela en disant : « Ô gens ! Le soleil et la lune sont deux signes de Dieu, ils ne s’éclipsent ni pour la mort ni pour la naissance de quiconque ».

La vie du Prophète (BDSL) n’était pas non plus celle d’un roi ou d’un homme convoitant la royauté. Quiconque lit la « sira » du Prophète (BDSL) ne peut que constater que sa vie était loin d’être la vie des rois, son mode de vie était loin d’être semblable au mode de vie des rois. Il vivait d’une manière très simple, très humble.

Sa vie était une vie d’ascèse, une vie de celui qui a renoncé à ce bas monde. Il vivait en compagnie de ses compagnons comme l’un d’eux. Entourés de ses compagnons dans la mosquée, lorsque l’étranger entrait dans la mosquée, il disait : « Qui d’entre vous est Mohammad (BDSL) ? » car il ne s’asseyait pas sur un trône. Il s’asseyait à même le sol avec ses compagnons. Il ne portait aucun signe distinctif, il ne portait pas de couronne ni rien de ce que portaient les rois.

Il réparait ses chaussures de ses propres mains. Il raccommodait ses vêtements, trayait la chèvre, aidait ses épouses dans les tâches ménagères. Il marchait derrière ses compagnons tel l’un d’eux.

Un homme entra le voir un jour. Le voyant, cet homme se mit à trembler devant la prestance que dégageait le Prophète (BDSL). Le Prophète (BDSL) lui dit alors : « Ne te mets pas dans cet état, je ne suis pas un roi. Je ne suis que le fils d’une femme de Qouraysh qui mangeait de la viande sèche à la Mecque »

Son épouse ‘Aïsha, que Dieu l’agrée, disait : « La lune passait, puis une autre, puis une autre, trois lunes en deux mois, sans que le feu ne soit allumé dans les appartements du Messager de Dieu (BDSL) (c’est-à-dire qu’elle ne cuisinait rien durant deux mois) ». Son neveu ‘Ourwa ibn az-Zoubeïr lui dit alors : « Et de quoi viviez-vous, tante ? » Elle dit : « Ô neveu ! Nous vivions d’eau et de dattes »

‘Aïsha, que Dieu l’agrée disait : « Le matelas sur lequel le Messager de Dieu dormait était fait de cuir rembourré avec des fibres de palmiers »

Ses compagnons disaient : « Le Prophète (BDSL) ne s’est jamais rassasié de pain d’orge pendant trois jours successifs ».

Un jour, ‘Omar, que Dieu l’agrée, entra chez le Prophète (BDSL). Il le trouva allongé sur une natte qui laissait des traces sur le corps du Prophète (BDSL). En guise d’oreiller, il avait sous la tête un sac rempli d’écorces de dattiers. Il regarda dans la pièce, elle ne comportait que trois peaux tannées et une poignée d’orge dans un coin. Il regarda de toutes parts, mais ne trouva rien d’autre. Il se mit alors à pleurer. Le Prophète (BDSL) lui dit : « Pourquoi pleures-tu ? » Il dit : « Et comment ne pleurais-je pas ! Je peux voir la trace que la natte a laissée sur tes flancs et je vois aussi le peu de choses que tu as dans cette pièce, alors que Chosroês, Héraclius et César dorment sur des lits soyeux ! » Le Prophète (BDSL) dit alors : « Ô ‘Omar ! Ces gens se voient hâtées leurs bonnes choses dans leur vie d’ici-bas. Ne te plait-il pas qu’ils aient pour eux ce bas-monde et que l’au-delà soit à nous ?! »

Tel était le Prophète (BDSL) et telle était sa vie. Sa vie n’était pas celle d’un menteur, ni celle d’un imposteur, ni celle d’un roi ou d’un aspirant à la royauté. Sa vie était la vie d’un immense Prophète qui fonda une religion ; une société ; un état fondé sur le monothéisme pur, sur la bienfaisance, sur l’humanisme et sur le savoir, dans lequel il paracheva les nobles caractères, pour faire de cet état un phare qui illumine le monde entier.

Sermon du vendredi
Moncef Zenati

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