Réveille toi … il est l’heure. Le plus dangereux des sommeils est celui dont tu n’es plus conscient. L’habitude est un soporifique. Aux effets lourds, intenses, efficaces. Réveille toi ! Parfois des accès de lucidité t’ébranleront mais tu finis très souvent par trouver une justification à ta fatigue entretenue : tes propres manques, tes défauts, ton difficile passé, la somme « incalculable » de tes péchés d’hier ou d’aujourd’hui, ou encore tes sœurs et tes frères, cette « communauté » qui n’en finit pas de se déchirer et de te décevoir. À quoi bon ? À quoi bon te réveiller, résister, t’engager, lutter alors que tu te sens si perdu ? À quoi bon te défendre quand tant d’êtres humains semblent t’avoir condamné… toi ou ta communauté. S’éloigner, s’asseoir ou se coucher est l’issue de qui ne sent plus la force de témoigner. Ma sœur, mon frère, si tous les hommes de la terre…
Ethique du corps et de l’esprit, héritage séculaire dont la fraîcheur n’a pas tari. Toutes ces choses que l’on désire, pour si peu de résilience. Encore et toujours plus, si faibles et pourtant si forts. Sagesse universelle qui se dévoile au compagnon de l’aube, comment ne pas s’y abandonner à corps perdu ? Insomniaque, il est de ceux qui observent la vie et les hommes, le regard vitreux. Le Coran sublime a rencontré le dépôt Divin qui gît en lui. Accords parfaits, esthétique supérieure au goût d’humanité, il a appris que dire Dieu, c’est dire les hommes, et ses larmes ont noyé ses joues. Cette passion qu’il pensait orpheline, cet appel vers le ciel, frustré sous son propre poids, cette sensation d’infini spoliée par la petitesse de l’ici-bas… à travers tous les arts, il a cherché l’élévation ; à libérer ce bout d’éternité, emprisonné dans cette entité périssable. Mais jamais, sa soif ne fut…
Un noble invité est arrivé ; un mois exceptionnel, pendant lequel Dieu absout les péchés, pardonne les fautes et les mauvaises actions, et affranchit de l’Enfer ; un mois pendant lequel les bénédictions descendent, pendant lequel les récompenses des bonnes actions se multiplient, pendant lequel les portes du Paradis sont grandement ouvertes et les portes de l’Enfer son hermétiquement fermés ; un mois qui éveille les conscience, dissipe les voiles qui couvraient les cœurs et qui réforme et change les habitudes. Le mois de Ramadan est arrivé après toute une année passée, durant laquelle des gens sont décédés et d’autres sont nés ; certains se sont enrichis, d’autres se sont appauvris ; certains ont connu le bonheur, d’autres le malheur ; certains ont été guidés ; d’autres se sont égarés … Le mois de Ramadan est venu après une année que nous avons rempli de bonnes ou de mauvaises actions qui seront présentés à nous dans notre…
En cette période, je vous propose de découvrir les douceurs de la foi qui invitent au recueillement afin de renouer avec Dieu, et installer ces instants de quiétude. Ce souffle divin en ces moments déterminés que l’on doit honorer et accueillir dans notre vie, au cœur de notre vie, nous donne l’opportunité de revenir à l’essentiel. Profitons de cette occasion qui nous est propice pour réfléchir au sens qu’on donne aux choses qui nous entourent, à nos pratiques religieuses et ainsi sur nous-mêmes… Donner une direction sur le chemin de la Voie, emprunter la route spirituelle, découvrir les étapes de la vie intérieure qui sommeille au plus profond de notre être. Reconnaître que l’on a besoin de renouveler notre foi, de nous arracher de ce monde, du temps qui passe très vite, faire une pause pour se ressourcer, s’arrêter sur le vrai sens de notre foi. Le mois du Ramadan…
« Un jour, alors que je déambulais avec un jeune dévot [pieux] dans les rues et marchés de Basra, nous arrivâmes soudainement près d’une assemblée. Des hommes, des femmes et des enfants se tenaient près d’un médecin trônant sur un siège. Ils tenaient dans leurs mains un récipient d’eau et se renseignaient sur les [vertus médicinales] des remèdes disposés devant eux.
Le dévot s’avança et demanda :
« Ô médecin ! Aurais-tu un remède qui lave les péchés et soigne les
Dans ses Entretiens intimes (munâjât), Ibn ‘Atâ’i -Llâh adresse à Dieu ces paroles :
La passion, avec les chaînes du désir, m’a emprisonné. Sois donc, Toi, mon secoureur, afin de m’accorder la victoire, et d’accorder, par moi, la victoire.
Lors du dernier sermon, nous avons évoqué la première qualité des serviteurs du Tout Miséricordieux, à savoir, la modestie. Dieu dit : « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre » (25 :63).
Puis, Dieu nous évoque leur deuxième qualité qui traduit leur relation avec les gens, plus particulièrement avec les ignorants et les insolents parmi eux. Dieu dit: « qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : « Paix » » (25 :63). C’est-à-dire, ils disent des paroles qui les mettent à l’abri du péché
Ibn Al-Qayyîm -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit :
« La Foi réelle est composée de paroles et d’actes. Or la parole se répartie en deux endroits ; la parole du cœur qui consiste en la conviction ; et la parole de la langue qui consiste à prononcer le témoignage de l’Islam. Et de même les actes se répartissent en deux endroits : l’acte du cœur qui est l’intention et la consécration ; et l’acte du corps.







