Nous avons parlé précédemment de l’amour de Dieu étant donné que l’amour de Dieu constitue une étape parmi les étapes les plus importantes de la purification spirituelle, sans laquelle le musulman ne pourrait purifier son âme.

Nous avons énoncé les motivations et les signes de l’amour de Dieu, et parmi les signes manifestant l’amour de Dieu nous avons cité le fait que cet amour doit s’étendre à ce que Dieu aime. Ainsi, quiconque éprouve de l’amour pour ceux que Dieu aime, ne fait, en réalité, qu’aimer Dieu. C’est pour cette raison que l’amour du Prophète (saws) est indissociable de l’amour de Dieu. Sahl ibn ‘Abdillah at-Toustouri dit : « Le signe de l’amour de Dieu réside dans l’amour du Coran, et le signe de l’amour de Dieu et du Coran réside dans l’amour du Prophète (saws), et le signe de l’amour du Prophète (saws) réside dans l’amour de la Sunna ». Le Prophète (saws) dit : « Aimez Dieu pour les bienfaits dont Il vous comble, et aimez-moi pour l’amour que Dieu me porte ».

C’est ainsi que l’amour du Prophète (saws) constitue une station d’épuration spirituelle et une branche fondamentale de la foi.

En vérité, l’amour du Prophète (saws) est enraciné dans le cœur de tout individu attestant qu’il n’est de dieu que Dieu et que Mohammed est Son Messager (saws). Le Prophète (saws) dit : « L’un d’entre vous ne peut atteindre la plénitude de la foi jusqu’à ce que je sois plus aimé de lui que sa fortune, ses enfants et le monde entier » (al-Boukhari).

Mais, ce qui nous est demandé, ce n’est pas d’éprouver simplement de l’amour pour le Prophète (saws), car nous aimons tous le Prophète (saws) y compris le désobéissant et le débauché. On ne peut accuser un musulman, aussi pervers qu’il soit, de ne pas éprouver de l’amour pour le Prophète (saws). La question dépasse donc le simple amour. La véritable question est : quel est le degré de cet amour dans ton cœur ? A quel point aimes-tu le Prophète (saws) ?

Le Prophète (saws) nous a déterminé le degré de cet amour. Si tu aimes le Prophète (saws) plus que tes biens, aurais-tu réalisé cet amour comme il se doit ? Non ! Si tu aimes le Prophète (saws) par-dessus tes enfants et le monde entier, l’aurais-tu aimé comme il se doit ? Non ! Alors, quel est la réalité de cet amour tant exigé ?

L’imam Ahmed rapporte que ‘Omar ibn al-Khattab (rad) dit : « Il nous arrivait rarement de s’isoler avec le prophète (saws), et lorsque nous nous trouvions seul avec lui, nous n’osions pas même pas lever notre regard vers son visage par respect et considération. Un jour je me trouvai seul avec la Prophète (saws). Il me prit la main. Je regardai son visage, les yeux en larmes et lui dis : « Par Dieu, ô Messager de Dieu, je t’aime ! » Il sourit alors et me dit : « M’aimes-tu vraiment ‘Omar ? » « Oui » dis-je, « Par celui qui t’a envoyé par la vérité » Il dit : « Plus que tes enfants, ‘Omar ?! » « Oui, ô Messager de Dieu, je t’aime plus que mes enfants » Le Prophète (saws) sourit et dit : « Plus que tes biens, ‘Omar ?! » « Oui, ô Messager de Dieu, je t’aime plus que mes biens » Il sourit et me dit : « Plus que ta propre personne, ‘Omar ?! ». Omar dit : « Je fus surpris ». ‘Omar ne pouvait concevoir qu’un être puisse aimer un autre plus que sa propre personne. ‘Omar dit : « Je me suis tût un instant et dis : « Quant à ma propre personne, non, ô Messager de Dieu » ». ‘Omar était donc sincère aux deux premières questions, car s’il aurait menti il aurait également menti à la troisième. Le Prophète (saws) sourit alors au point d’apercevoir ses molaires et dit : « Non, ‘Omar ! Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, la foi du serviteur (de Dieu) ne peut atteindre la plénitude jusqu’à ce que je sois plus aimé de lui que sa fortune, ses enfants et son âme qui habite entre ses deux flancs ». ‘Omar dit : « Je me mis alors à pleurer. J’aurais souhaité ne pas m’être converti avant ce jour » Pourquoi ? Parce qu’il vient de découvrir que sa foi est défaillante. ‘Omar dit : « Je quittai le Prophète (saws) en pleurant. Je restai un moment puis revins le voir en disant : «  Ô Messager de Dieu ! Par celui qui t’a envoyé par la vérité, je t’aime par-dessus ma fortune, mes enfants et mon âme qui habite entre mes deux flancs » Le Prophète (saws) sourit alors, les yeux en larmes, embrassa ‘Omar entre les yeux et dit : « Maintenant ‘Omar ! Maintenant ‘Omar ! » C’est-à-dire, c’est maintenant que ta foi a atteint la plénitude. Ibn ‘Omar (rad), le narrateur de ce récit dit : « Père ! Qu’as-tu fais pour revenir au Prophète (saws) avec ce que tu lui as dit ? » ‘Omar dit : « Fils ! Je me suis posé la question : De qui aurai-je le plus besoin le Jour de la Résurrection : de mon âme ou du Prophète (saws), je me rendis compte que j’avais plus besoin de lui que de mon âme. Puis je me souvins dans quel égarement j’étais, et comment Dieu m’a-t-il sauvé par son biais ».

Lors de la bataille d’Ouhoud, Le Prophète (saws) fut sérieusement blessé. Cette l’information se diffusa parmi tous les musulmans et précéda l’arrivée de l’armée à Médine. Une femme appartenant à la tribu de Banou Dinar, sortit à la rencontre de l’armée pour prendre des nouvelles du Prophète (saws), on lui dit alors que son frère est tombé martyre. Elle dit : « Et qu’a fait le Prophète (saws) ? » « Il va bien » lui dit-on « Il est, par la grâce de Dieu, comme tu aimerais qu’il soit ». Elle dit : « Montrez-le-moi, que je le vois » On lui dit alors « Ton père est tombé martyre ! » « Et le Prophète » dit-elle « Qu’as-t-il fait ? » « Il va bien » lui dit-on. Elle demanda alors : « Montrez-le-moi, que je le vois ! » « Ton mari est tombé martyre » lui dit-on » « Et le Prophète, qu’as-t-il fait » dit-elle. « Il va bien » « Montrez-le-moi, que je le vois ». On lui indiqua alors où se trouvait le Prophète (saws). En le voyant elle dit : « Toute catastrophe en dehors de toi n’a que peu d’importance ».

Avez-vous vu cet amour dans le cœur de cette femme ?! C’est un amour concret du Prophète (saws), pas une simple prétention. Elle l’aimait plus que son frère, plus que son père, plus que son mari, et c’est ainsi que doit être l’amour du Prophète (saws) dans nos cœurs; l’aimer plus que la fortune, plus que les enfants, plus que sa propre personne. Si nous n’éprouvons pas ce sentiment dans le cœur, il nous faut examiner notre foi, car notre foi est défaillante.

Lors de l’émigration à Médine, Abou Bakr (rad) amena un récipient de lait au Prophète (saws) alors que lui-même avait très soif. Abou Bakr (rad) dit : « Le Prophète but jusqu’à ce que je fus abreuvé » !

Le jour de la conquête de la Mecque, on amena Abou Qouhafa, le père d’Abou Bakr (rad), au Prophète (saws) pour lui annoncer sa conversion à l’islam. Il était très âgé et avait perdu la vue. Le Prophète (saws) dit alors : « Ô Abou Bakr, pourquoi n’as-tu pas laissé cette personne âgée, nous nous serions déplacés jusqu’à chez elle ?! » Abou Bakr dit : « Tu es plus digne qu’on se déplace vers toi, ô Messager de Dieu ! » Abou Qouhafa se convertit alors à l’islam, et Abou Bakr (rad) se mit à pleurer. On lui dit alors : « Pourquoi pleures-tu ? C’est un jour de fête, ton père a embrassé l’islam et a été sauvé de l’Enfer ! » Il dit : « Je pleure car j’aurais aimé que celui qui s’est converti aujourd’hui soit plutôt Abou Talib, cela aurait réjoui le Prophète (saws) davantage ! » L’amour qu’éprouvait Abou Bakr (rad) pour le Prophète (saws) était tel que la joie du Prophète (saws) était plus importante à ses yeux que sa propre joie.

Dans le récit de ‘ar-Raji’, trois des compagnons du Prophète (saws) furent capturés tandis que les autres furent assassinés par trahison. Zeyd ibn ad-Dathinna (rad) fut parmi les captifs. Il fut acheté par Safwane ibn Oumeyya afin de le tuer pour venger son père tué pendant la bataille de Badr. Quand on le conduisit pour l’exécuter, Abou Sofiane lui dit : « Je te conjure par Dieu, Zeyd ; souhaiterais-tu que Mohammad soit maintenant à ta place pour qu’on lui tranche la tête pendant que toi que tu resterais parmi les tiens ? » Zeyd répondit : « Par Dieu, je n’aimerais pas qu’une épine touche Mohammad là où il se trouve maintenant alors même que je serais parmi les miens » Abou Sofiane dit alors : « Je n’ai jamais vu un homme aimer quelqu’un de la manière dont les compagnons de Mohammad aiment Mohammad ! »

Avant le début de la bataille de Badr, le Prophète (saws) était en train de ranger les musulmans en rangs, lorsqu’il vit Sawad ibn Ghaziya avancé. Le Prophète (saws) toucha légèrement le ventre de Sawad du bout de d’un petit  bâton flexible. Sawad dit alors : Ô Messager de Dieu, tu m’as fait mal, j‘exige réparation ! Le Prophète (saws) lui donna alors le bâton, découvrit le ventre et lui dit : « Fais-moi ce que je t’ai fait ». Sawad se jeta alors sur le Prophète (saws) et embrassa son ventre. Le Prophète (saws) lui dit alors : « Qu’est ce qui t’a poussé à faire cela ? » Sawad dit : « Ô Messager de Dieu, ce que tu vois va bientôt arriver, j’ai voulu que ma dernière action soit que ma peau touche la tienne ! »

C’était là des exemples de l’amour du Prophète (saws) ; des exemples de la traduction pratique et concrète de l’amour du Prophète (saws). Mais l’amour du Prophète (saws) n’est une simple prétention, des simples paroles que l’on prononce. Cet amour doit se manifester à travers des signes ; des signes que nous évoquerons la semaine prochaine in cha Allah.

Sermon du vendredi – Moncef Zenati
(Série sur la purification de l’âme – 25ème partie)

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