prophete-mohamed 

Le troisième fondement de la grandeur est la capacité d’exécution, dans le sens de la capacité du grand homme à concrétiser son programme réformateur. On entend par-là la capacité de diffuser la prédication réformatrice dans un environnement hostile et de l’introduire dans les cœurs endurcis et dans  les têtes obtuses jusqu’à les attendrir pour l’accepter, en supportant pour cela les fardeaux, les difficultés, les effrois et les peines.

En réalité, la capacité d’exécution du Prophète (saws) était hors paire. On ne pourrait réaliser son ampleur qu’en connaissant la nature de l’environnement dans lequel le Prophète (saws) a mené sa prédication.

En effet, le Prophète (saws) subit les nuisances, des calomnies et des moqueries de son peuple  que nul ne pourrait supporter. Ils complotèrent pour l’assassiner à plusieurs reprises mais Dieu le sauva. Il persévéra jusqu’à désespérer d’eux. Mais la désespérance ne le détourna pas de sa prédication comme se détourneraient et renonceraient les désespérés. Au contraire, il émigra vers un autre peuple et dota sa prédication d’une force, puis il revint vers eux, fort de vérité après qu’ils l’empêchèrent, étant faible, de prêcher la vérité. Il sortit l’Arabie du centre de l’égarement et de l’enfer de la corruption vers un centre d’illumination dont les rayons se propagèrent vers l’Orient et l’Occident et se répandirent dans le monde entier.

Nous allons indiquer dans ce qui suit les plus importantes réalisations du Messager de Dieu (saws) : transformations et déconstructions, fondations et constructions, rectifications et changements, dans le but d’établir la vie humaine selon la voie saine dans laquelle règne la sécurité, se réalise la justice, se développe la raison et s’épanouissent les nobles caractères.

1- La société arabe vivait dans le paganisme « jahiliyya ». Elle adorait aveuglement les idoles et les mythes qui habitaient les esprits. Par la prédication à l’islam, le Prophète (saws) a détruit toutes ces idoles, en a purifié la société arabique comme il a purifié les esprits de leur adoration et des autres mythes et a établi la doctrine de l’unicité sur deux bases :

La première : Croire en Dieu, Le Créateur de l’univers, L’Unique, L’Autosuffisant, doté de toutes les perfections absolues et de la science qui cerne les mondes perceptibles et imperceptibles, qui n’a jamais engendré et n’a pas été engendré, sans associé, nul n’est adoré en dehors de lui, rien ne lui ressemble et Il est Omnipotent. Puis, justifier cela par des arguments rationnels exposés dans les discussions coraniques « al-hiwar al-qor-ani ».

La deuxième : Croire au Jour Ultime, le jour du Jugement, de la rétribution et du châtiment en fonction des actions accomplies dans le bas-monde, bonnes ou mauvaises, et croire aux autres Livres de Dieu révélés antérieurement ainsi qu’aux prophètes antérieurs.

Cette transformation radicale qui a anéanti l’idolâtrie et le polythéisme, libéré l’esprit arabe et qui s’est transmis, en un laps de temps, de la société arabe vers les autres régions et nations, est le fondement de la civilisation musulmane qui a couvert la surface de la planète par ses empreintes éternelles.

2- Il a établi une nouvelle société musulmane avec de nouvelles conceptions et normes sociales. Dans cette société et pour ses dirigeants, la considération et l’importance est accordée à la capacité, à la compétence, à l’intégrité et à la piété, et non pas au chauvinisme tribal ni à la filiation (comme c’était le cas dans la société du temps du paganisme). Ainsi, ses individus seront liés les uns aux autres par le lien de fraternité musulmane, puis par la fraternité humaine et ils y sont tous égaux devant la vérité et la loi tels les dents du peigne.

En effet, Le Messager de Dieu (saws) nomma Zeyd ibn Haritha – qui était un esclave affranchi – à la tête de l’armée pendant la bataille de Mou-ta contre les byzantins au Sham. Cette bataille fut parmi les batailles les plus périlleuses et sous le commandement de Zeyd, figuraient des hommes tels que : Ja’far ibn Abi Talib, le cousin du Prophète (saws), parmi les hommes les plus importants et les plus nobles de Qouraysh, ainsi que Khalid ibn al-Walid, et quel homme fut Khalid ! Donner le commandement d’une armée aussi importante pour une mission aussi dangereuse alors qu’il s’y trouve de tels hommes parmi les notables arabes est considéré comme un changement radical dans les habitudes paganistes qui dépasse les limites de l’imagination.

Après cela, le Messager de Dieu (saws) nomma Oussama ibn Zeyd à la tête de la deuxième expédition à Mou-ta et sous son commandement des grands compagnons comme Abou Bakr et ‘Omar, alors qu’il fut un jeûne homme.

Puis, lorsque la mort du Messager de Dieu (saws) empêcha l’armée de sortir, l’une des premières actions du premier calife Abou Bakr fut l’envoie de l’armée de Oussama. Le calife Abou Bakr accompagna l’armée jusqu’aux environs de Médine pour dire au revoir à l’armée et à son chef. Abou Bakr marcha à côté du cortège du jeune commandant en lui adressant des recommandations et refusa qu’Oussama descende de son cheval pour marcher à ses côtés.

Et Zeyneb, la cousine paternelle du Messager de Dieu (saws) et une noble parmi les nobles de Qouraysh, le Prophète (saws) la maria à Zeyd ibn Haritha, son affranchi. Tous ces exemples et bien d’autres étaient plus qu’impossible dans l’ère préislamique.

Salman al-Farisi qui fut réduit à l’esclavage en Arabie, propriété d’un juif un Médine, conclut avec son maître un contrat d’affranchissement contre une somme d’argent. Le Messager de Dieu (saws) l’aida à s’acquitter du montant convenu, et ‘Omar, pendant son califat, le nomma gouverneur des « mada-in » perses.

Tous ces attitudes qui bouleversèrent les conceptions des arabes et leurs traditions fondées sur la préférence ethnique, le chauvinisme tribal et l’esprit de caste, furent en réalité une traduction pratique de la parole divine « Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux » (49 : 13) et du hadith du Messager de Dieu (saws) : « Quiconque confie à un homme la fonction de gouverner les gens, alors qu’il y a parmi eux quelqu’un plus agréé auprès de Dieu que lui, il aura trahi Dieu, son Messager et les croyants »

Il est évident qu’il s’agit de celui qui attribue la fonction de gouverneur en sachant qu’il existe meilleur que lui. Le Prophète (saws) dit : « Tout homme à qui Dieu confie la gestion des intérêts d’un groupe, s’il meurt, le jour où il meurt en ayant trompé ses administrés, Dieu lui interdit le Paradis ». Et quelle pire trahison pour les administrés que de confier à quelqu’un la gestion des intérêts publics en sachant qu’il y a meilleur et plus apte que lui pour cette fonction ?

3- Parmi les grands changements par lesquels le Messager de Dieu (saws) a écarté la société obscurantiste des mauvaises traditions profondément ancrées, figure certainement le changement qu’il apporta à la situation de la femme et à sa place dans la société. En effet, avant l’islam, la femme – à l’exception de cas rares – était comparable à un bien matériel : On l’utilise sans qu’il n’ait de droit. Avant, l’islam, on n’a jamais connu une société ou un système qui a protégé la femme, lui a garanti ses droits humains et sa liberté d’accès à ses droits, l’a mise à sa véritable place au sein de la société d’une manière législative et pratique et a protégé son honneur en tant que mère, épouse et fille, en tenant compte de ce qu’exige les différences des prédispositions naturelles entre la femme et l’homme dans la distribution des fonctions, comme l’a fait Mohammad (saws) à travers l’organisation de l’islam. L’établissement de la place légale et sociale de la femme dans ce contexte dominé par les traditions aveugles, dans un temps très court, est de l’ordre du miracle.

4- La société préislamique était composée de tribus désordonnées. Le Messager de Dieu (saws) a constitué de ces tribus un état islamique sur de nouvelles bases, doté d’une trésorerie et de différents dispositifs administratifs, économiques, financiers, politiques, militaires et autres, tous régis par une organisation juridique complète et flexible, qui s’adapte en fonction du changement des temps et des lieux, et qui n’est jamais dans l’incapacité de s’accommoder ou de répondre aux exigences.

5- Le Messager de Dieu (saws) a fait l’éloge du savoir de la plus belle des façons. Il a distingué en particulier le savoir religieux en vantant spécifiquement ses mérites et en orientant vers lui car il constitue la lanterne qui illumine le chemin de la saine vie et le comportement humain.

Puis, il a élevé le rang des savants, encouragé à diffuser le savoir par l’enseignement et l’apprentissage, en commençant par la lecture et l’écriture jusqu’à l’érudition et l’ancrage. Il a déclaré l’interdiction de cacher le savoir et a menacé de sanction le refus de l’instruction et de l’enseignement.

Cette vague réformatrice et son extension ont laissé une empreinte éternelle dans l’histoire qui a illuminé le monde entier par les sciences et les connaissances islamiques.

C’était-là, un aperçu général qui a mis en évidence des aspects importants traduisant la capacité d’exécution dans la réalisation du programme de réforme que Mohammad (saws) a apporté, auquel il a appelé et qu’il s’est employé à exécuter. Nous n’avons pas fait preuve d’exhaustivité. Notre objectif était de donner une image contenant des traits suffisants pour estimer et juger de la grandeur sous cet angle.

Combien de prédication vraie, saine et lumineuse ont été enterré dans son berceau car son prédicateur n’était pas doté de capacité et de compétence pour concrétiser ce à quoi il appelle d’une manière effective et pour exécuter son programme réformateur.

Ceci dit, quiconque veut estimer la grandeur du Prophète, sous cet angle de la capacité d’exécution, comme il se doit, qu’il observe ce que les réformateurs ont rencontré à chaque époque, et dans chaque pays, de la part de leurs peuples, auxquels ils sont unis par une seule et même religion et par des principes consensuels. A chaque fois qu’un réformateur – même s’il s’agit du gouverneur – se lève pour exécuter son programme réformateur, il se heurte aux convoitises et aux intérêts individuels qui s’opposent avec ce programme l’enterrant dans son berceau.

Voici les obstacles de force majeurs empêchant l’exécution que les réformateurs rencontrent dans des côtés subsidiaires et simples. Que dire alors de la mise en exécution d’une nouvelle législation qui renverse radicalement les conceptions et les croyances polythéistes, les habitudes, la morale, et les normes sociales qui régissent les différents aspects de la vie intellectuelle et pratique, au cœur même du paganisme obscurantiste, et parmi les leaders corrompus, pour faire naître dans les âmes de ceux qui inhumaient les petites filles vivantes et adoraient ce qu’ils fabriquaient, une pureté comparable à la pureté des anges et une volonté de vivifier la vérité et d’enterrer le mensonge, telle une pluie s’étendant à toute chose, apportant miséricorde et récolte.

Cheikh Mostapha az-Zarqa, traduit par Moncef Zenati

Les autres articles de la série :

1)    La grandeur de Mohammad (saws), l’ultime prophète : https://www.havredesavoir.fr/la-grandeur-de-mohammad-saws-lultime-prophete/

2)    Le deuxième fondement de la grandeur de Mohammad (saws) https://www.havredesavoir.fr/le-deuxieme-fondement-de-la-grandeur-de-mohammad-saws/

3)     Le troisième fondement de la grandeur de Mohammad (saws) : https://www.havredesavoir.fr/le-troisieme-fondement-de-la-grandeur-de-mohammad-saws/

4)     Quatrième fondement de la grandeur du Prophète (saws) https://www.havredesavoir.fr/quatrieme-fondement-de-la-grandeur-du-prophete-saws/

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  1. […] 3)     Le troisième fondement de la grandeur de Mohammad (saws) : https://www.havredesavoir.fr/le-troisieme-fondement-de-la-grandeur-de-mohammad-saws/ […]

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