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Du mariage homosexuel, et de la précipitation politicienne en France…

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Du mariage homosexuel, et de la précipitation politicienne en France...

Le mariage selon le Larousse consiste en « un acte solennel par lequel un homme et une femme établissent une union… ». Et, plus loin ; mariage homosexuel : union de deux personnes de même sexe…Il s’agit donc, au moins du point de vue de la langue, d’un détournement dicté par un changement sociétal.

Voici une pratique ancienne, ancrée dans la civilisation humaine depuis des siècles qui change de signification en changeant de qualificatif.

Alors que les couples se mettent en ménage, sans mariage aucun, ringardisé et rejeté qu’il est devenu puisqu’il symbolise aux yeux de beaucoup, un cérémonial inintéressant voire une entrave à leur liberté, des couples de même sexe se forment et exigent, égalité oblige, d’avoir le droit de «se marier »…Drôle de changement.

Il est cependant incontestable qu’un couple homosexuel ne sera jamais assimilable à un couple fait de l’union d’un homme et d’une femme. C’est aussi basique que de dire que l’on ne peut être différents et identiques à la fois !

Aussi, si la société considère, au profit d’un égalitarisme sans limites, qu’un homme peut remplacer une femme (et inversement) dans une institution sensée être la cellule de base d’une société, celle-ci devra répondre à toutes les questions liées à ce changement.

Si les couples homosexuels seront considérés identiques aux couples hétérosexuels, il faudra qu’ils aient les mêmes droits, et pourquoi pas le droit aux enfants… D’ailleurs, les « couples de même sexe » exigent que leur soit reconnu le statut de mariage pour pouvoir adopter.

Il sera bien entendu mené un autre combat, qui est celui d’encourager tous les pays à ne faire aucune distinction entre un couple homosexuel et un autre hétérosexuel, pour faciliter l’adoption aux demandeurs… On assistera donc à des « entourloupes » qui consistent à ce qu’un membre du « nouveau couple » procède seul en tant que célibataire à l’adoption d’un enfant qui se retrouvera dans le foyer d’un couple homosexuel.

D’aucuns refusent de répondre à des questions aussi incontournables concernant la psychologie des enfants qui grandiront dans un foyer où l’altérité la plus élémentaire est gommée…Seul prime le « droit » à la différence, dont on exige, comble du paradoxe, qu’il soit institutionnalisé !

Ce qui est sidérant, c’est que l’engouement politique, le jeu des sondages tronqués et dont tout le monde s’accorde à dire que ce ne saurait être suffisant pour opérer des choix décisifs pour la société, ont pris la place de la recherche scientifique…

Je suis profondément hostile, en tant que citoyen et en tant que musulman à ce qu’une union dite homosexuelle soit considérée comme un mariage « classique » au sein duquel on sera amené tôt ou tard à laisser évoluer des enfants, alors que le risque est grand quant à la stabilité et au développement que l’on doit à ces enfants.

J’entends déjà les arguments fallacieux qui nous rappellent que l’on peut être malheureux dans une famille avec un père et une mère, ou dans une famille monoparentale, mais ce n’est nullement opposable au droit d’un enfant d’avoir un référent masculin et un référent féminin identifiés bien qu’absents ou décédés, et bien qu’ils aient abandonné cet enfant…

Je vais certes être partial en ne citant qu’une étude sur le sujet, mais Heineman, T. (2004)[i] préconise, car il est favorable à l’adoption par des personnes de même sexe, que dans des familles où le père est inexistant ou bien la mère est inexistante, l’enfant doit « assumer » l’absence du père, ou celle de la mère et accepter d’avoir deux pères et une mère non présente, ou deux mères et un père non présent !!

Ainsi, même les pédiatres et les psy qui sont favorables à l’homoparentalité (qu’elle soit adoptive, ou que l’un des deux partenaires soit le géniteur) soulignent tout de même la difficulté que cela posera aux enfants …

A ce point, la désinvolture des adultes, désireux de faire de leur propre choix une norme que doivent reconnaitre les institutions, sera à l’origine d’enfants dont on ne peut que douter de l’avenir qui les attend. Et bien que des études aillent dans le sens de considérer les enfants qui grandiront dans un foyer « homoparental » tout à fait comparables aux autres, ces études restent méthodologiquement indéfendables, tellement les statistiques sont tronquées, et le recul insuffisant. Il est vrai que ce constat peut être dressé aussi à l’encontre des études qui sont contre l’homoparentalité. Mais alors, allons-nous plonger dans l’incertitude sans prendre le temps de la réflexion nécessaire?

Vu la manière dont le débat est tronqué, et la réflexion avortée dans notre société au profit de l’agitation politique encline à « légiférer vite », je ne peux qu’évoquer un verset coranique qui me vient à l’esprit : « n’y a-t-il pas parmi vous un Homme raisonnable ? ».

Hassan SAFOUI

[i]“A Boy and Two A Boy and Two Mothers: New Variations on an Old Theme or a New Story of Triangulation? Beginning Thoughts on the Psychosexual Development of Children in Nontraditional Families,» Psychoanalytic Psychology, Psychology 2004, 21, 1, pp. 99-115

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