Nous allons commencer une série de discours sur la purification de l’âme. Comment procéder à notre purification spirituelle afin que Dieu purifie notre âme ? Comment accéder à la réussite « al-falah » qui réside dans le fait d’être à l’abri de ce que tu n’aime pas et de réaliser ce que tu aime. La réussite commence tout d’abord par la purification de l’âme qui t’habite. Dieu dit : « Et par l’âme et Celui qui l’a harmonieusement façonnée ; et lui a alors inspiré son immoralité, de même que sa piété ! A réussi, certes celui qui la purifie. Et est perdu, certes, celui qui la corrompt. » (Coran 91 : 7-10). « A réussi » c’est-à-dire dans ce bas-monde et dans l’au-delà, c’est dire que même la réussite dans ce bas-monde ne peut se faire qu’à travers la purification spirituelle.

Si nous voulons purifier notre âme il faut tout d’abord commencer par l’épurer des impuretés et des vices qu’elle renferme ; l’impureté de l’idolâtrie et les vices de l’hypocrisie. Dieu dit : « Ecartez-vous de l’impureté des idoles et écartez-vous des paroles mensongères » (Coran 22 : 30).

La première chose qui est à même de purifier l’âme est sans doute le monothéisme « tawhid » pur ; savoir et croire avec certitude qu’il n’est de Dieu que Allah ; point de Créateur, ni de Nourricier en dehors de Lui. Il est le seul donnant la vie ou la mort, Il est le Seul véritable Bénéfique et Il est le Seul capable de nuire. Il est le Seul Détenteur des cieux et de la terre, le Maître absolue des cieux et de la terre, ne recherche donc pas la divinité en dehors de Lui. C’est là le véritable monothéisme ; vouer exclusivement toute adoration « ‘ibada » et recours « isti’ana » à Dieu « C’est Toi Seul que Nous adorons, et c’est Toi Seul dont nous implorons le secours » (Coran 1 : 5).

Ne t’incline que devant Dieu. En dehors de Dieu, nul ne possède pour toi ni bien ni mal, ni abaissement ni élévation, la subsistance est entre les mains de Dieu, nul en dehors de Lui, n’a le pouvoir d’accroître ton compte ne serait que d’un centime. Nul, en dehors de Lui, ne peut accroître ta nourriture. Il est le Seul Nourricier, le Seul dispensateur de tout bien « En réalité, c’est Allah qui est le Grand Pourvoyeur, Le Détenteur de la force, l’Inébranlable » (Coran 51 : 58), « Il n’y a point de bête sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah » (Coran 11 : 6).

Quand à la durée de la vie qui hante la plupart des gens, sache que nul ne peut prolonger ta vie d’une minute ou d’une seconde, et nul ne peut lui ôter une minute ou une seconde, « Mais quand vient le terme fixé par Allah, il ne saurait être différé si vous saviez ! » (Coran 71 : 4), « Allah cependant n’accorde jamais de délai à une âme dont le terme est arrivé » (Coran 63 : 11), « Quand leur terme arrive, ils ne peuvent le retarder d’une heure et ils ne peuvent le hâter non plus » (Coran 7 : 34). Ne crains donc que Dieu, ne t’humilie devant personne et n’implore que Dieu.

Reconnaître l’unicité de Dieu et se purifier de l’impureté de l’idolâtrie sous toutes ses formes constituent donc la première étape de la purification spirituelle.

La deuxième étape consiste à t’épurer des vices de l’hypocrisie et du comportement des hypocrites. Ne sois pas hypocrite en adoptant plusieurs discours ou en montrant plusieurs visages. Purifie-toi de l’hypocrisie et écarte-toi du comportement de l’hypocrite. Les caractéristiques de l’hypocrites sont mentionnés dans le hadith suivant : « Il est quatre défauts qui lorsqu’ils entachent quelqu’un, le rendent un parfait hypocrite. Celui qui en possède un, est atteint d’une des caractéristiques de l’hypocrisie, à moins qu’il ne s’en débarrasse, à savoir: Tenir des propos mensongers; trahir ses serments; manquer à ses promesses et être de mauvaise foi au cours des disputes » (hadith rapporté par al-Boukhari et Mouslim).

Un fois purifié de l’impureté de l’idolâtrie et des vices de l’hypocrisie, réforme-toi et reconstruis-toi à nouveau en imprégnant ton âme des qualités des croyants et des vertus des monothéistes. Ceci exige bien sûr un grand effort intime sur soi, une maîtrise de soi, un domptage de l’âme. Mais, sache que cette âme n’est pas facile à dompter et ne se soumet pas facilement. En effet, ses instincts et ses passions l’incitent au mal. Dieu décrit cette âme dans le Coran en reprenant les paroles de la femme du roi qui essaya de séduire le prophète Youssef, que la Paix de Dieu soit sur lui, en disant : « Je ne m’innocente cependant pas, car l’âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde, (ne la préserve du péché) » (Coran 12 : 53).

Si tu laisse ton âme à ses penchants négatifs, elle t’incitera inévitablement au mal en te présentant la turpitude sous une forme séduisante afin que tu te laisse tenter par le péché. Ce péché t’entraînera à en faire un deuxième, puis un troisième jusqu’à causer ta perdition. Rappelle-toi que c’est cette âme incitatrice au mal « an-nafs al-ammara bis-sou » qui poussa le  fils d’Adam à tuer son propre frère, et c’est cette même âme qui incita les frères de Youssef à jeter ce dernier dans un puits après avoir pensé le tuer.

C’est pour cette raison qu’il faut déployer un grand effort intime, un jihad contre les penchants négatifs de l’âme, c’est dans ce sens que le Prophète (BDSL) dit : « Le véritable « mojahid » est celui qui mène un jihad (une lutte intime) contre ces passions ou son âme» (hadith rapporté par Ahmed et at-Tirmidhi).

Il est donc indispensable de mener un combat intérieur contre notre « nafs » afin d’en faire une âme qui blâme « an-nafs al-lawwama » dont Dieu fait mention dans le verset suivant : « Non !… Je jure par le Jour de la Résurrection ! Mais non ! Je jure par l’âme qui ne cesse de blâmer » (Coran 75 : 1-2). Il s’agit là d’une âme qui ne cesse de blâmer celui qu’elle habite lorsque celui-ci est coupable d’un péché ou d’un manquement dans l’accomplissement d’un devoir religieux.

Rien ne peut susciter ce type d’âme comme la foi ; la foi en Dieu, au Jour de la Résurrection, au jugement, en la rétribution, au châtiment. Cette foi éveille la conscience et développe l’âme qui  blâme sans cesse.

Lorsque l’âme atteint le niveau de l’âme qui ne cesse de blâmer, le musulman ne cesse de la dompter jusqu’à l’élever à un niveau supérieur, à un niveau plus noble, au niveau de l’âme apaisée « an-nafs al-mout-ma-inna », « Ô toi, âme apaisée, retourne verts ton Seigneur, satisfaite et agréée, entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis » (Coran 89 : 27-30).

Il s’agit d’une seule et même âme, mais de trois états spirituels différents. L’âme passe d’un état à l’autre par la persévérance et la constance dans l’effort intime. Il faut pour cela un travail spirituel continu, une rétrospection permanente dans le but d’évaluer notre action sans avoir besoin d’une surveillance externe.

Sermon du vendredi par Moncef ZENATI

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