Par Hassan SAFOUI

Nos politiques français sont dotés d’une impressionnante capacité de faire la part des choses. Sinon, comment comprendrait-t-on la vive réaction de Gérard ARAUD, l’ambassadeur de France aux Nations unies qui, cette semaine, a crié haut et fort : “l’ONU est moralement responsable de ce qui se passe aujourd’hui en Syrie” Il a ainsi pointé du doigt l’incongruité de ce droit de veto dont ONU, LIVNI, KARMAN et EBADIdisposent certaines puissances au mépris des libertés des peuples et des vies humaines fauchées jour après jour par le dictateur qui sévit en Syrie. Bien que l’on ne peut que se joindre au diplomate français dans cette dénonciation, on ne peut oublier que c’est  bien  la France qui, en 2009, accueillait une certaine Tzipi livni en pleine opération de massacre à Gaza.  La même Tzipi Livni contre qui le Royaume-Uni avait émis un mandat d’arrêt en raison d’une accusation de crimes de guerre pendant cette « opération Plomb durci ».

C’est peut-être cette même capacité de « faire la part des choses » qui, dernièrement,  a permis à une cinquantaine de députés français de s’insurger contre la montée de la christianophobie en France, en s’interrogeant : « Comment pouvons-nous admettre que l’argent du contribuable subventionne grassement des œuvres (références aux dernières pièces de théâtre » si contestables? Accepterions-nous que l’impôt finance des scènes non respectueuses de l’Islam ou du Judaïsme ? ».

Ces députés ne sont pas aussi vaillants pour critiquer la montée des restrictions opposées non à l’islam mais aux musulmans désireux de vivre dignement leur foi. Ils sont aussi peu loquaces lorsque des carrés musulmans dans les cimetières sont profanés, ou pour être plus général tellement les cas se multiplient,  lorsque l’Islam devient la cible politique facile permettant amalgames et raccourcis.

Les politiques français, ou du moins ceux-là, ne supportent pas le communautarisme, ils défendent les grands principes de liberté, d’égalité et de fraternité,  mais ils savent que c’est à chacun de reconnaître les siens…!

ONU, LIVNI, KARMAN et EBADIQuand je compare l’accueil qu’avait réservé nos médias au prix Nobel de la paix, la magistrate iranienne  Shirin EBADI en 2003, et celui qu’ils ont accordé à Tawakkul KARMAN prix Nobel de la paix en 2011, et qui plus est,  l’une des plus jeunes prix Nobel de l’histoire, je me dis que nos médias, souvent donneurs autoproclamés de leçons, ont encore du chemin à parcourir vers la liberté et l’ouverture d’esprit. Je n’ose imaginer le tintamarre qu’on aurait fait s’il s’agissait d’une femme non voilée et, si possible, hostile à l’Islam. Une jeune Tawakkul Karman, fière de son islamité, arborant sans complexe son voile, qui a milité en tant que journaliste contre un régime des plus despotes dans le monde arabe (celui du président Saleh au Yémen), cela ne doit pas bien coller aux yeux de nos médias franco-français adeptes du prêt à penser…

ONU, LIVNI, KARMAN et EBADIAvec Mme KARMAN, on aura momentanément échappé aux questions stupides de nos journalistes : « C’est difficile pour vous de militer pour la liberté dans un pays où de plus en plus de femmes portent le voile ??!! ». De là, à voir une femme libre, selon des critères autres que ceux de chez nous, reçue dans l’un de nos journaux télévisés, il ne faut pas exagérer !

2 Commentaires

  1. Bonjour ,
    Merci pour cet article qui résume parfaitement mon ressenti . A force d’essayer de diviser par la peur de l’autre , l’incompréhension et l’intolérance , nos politiques (de toute confessions) sément d’eux méme le désordre . Il faut savoir rester lucide , le coeur ouvert aux autres et de tels articles font du bien .

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