Biographie de Ibn Hazm

 

Ce n’est pas affaire facile de cerner la biographie d’un savant tel que Ibn Hazm l’auteur de ce livre « Mudâwât an Nufûs », aussi brièvement qu’on le veut afin de le faire connaître. Cela nécessite effort et détermination pour connaitre parfaitement et en détail la vie d’Ibn Hazm. Celle-ci l’a aidé à arriver au niveau de la jurisprudence, sortant ainsi de l’impasse de l’imitation (at Taqlid), il s’est choisi une méthodologie propre indépendamment de sa pertinence ou de son erreur, qu’Allah – exalté soit-Il – le couvre de Sa miséricorde. Et on peut sans doute, à travers la compréhension complète de sa biographie percevoir la profondeur de l’expérience explicitée dans cet ouvrage en dépit de son petit volume.

C’est un savant qui a sondé les gens et les a bien connus. Il les a supportés et ils l’ont supporté. Il a eu des différends avec eux. Il a côtoyé les gens quand il était riche durant la première période de sa vie où il vivait chez son père, et il les a côtoyés quand il était ministre, ensuite il a renoncé au monde, l’a laissé à ses maîtres et s’est consacré à l’écriture et à la science.

C’est un savant qui a suscité des divergences parmi ses contemporains. Certains ont fait son éloge et d’autres l’ont critiqué. Certains l’ont admiré et d’autres l’ont méprisé. Certains l’ont côtoyé et d’autres l’ont évité. Et malgré cela il n’a pas faibli et a passé des jours et des nuits à étudier, à apprendre, à délivrer des conclusions et à écrire. Ses recueils comptent 400 ouvrages et 80 milles feuilles. Ainsi, malgré les campagnes intenses menées à son encontre, et malgré l’hostilité à son égard au point qu’on ait brûlé et déchiré ses ouvrages en public et ce, à cause de la haine des savants dirigée contre sa personne, ses livres et ses ouvrages, il fut davantage déterminé à prouver la pertinence de ses convictions et de ses méthodologies de pensée. Il a exprimé tout cela dans cette lettre en disant :

« Chaque chose a son utilité, ces hostilités des ignorants m’a été d’une grande utilité, dans la mesure où mon tempérament s’est fortifié, mon esprit a flambé, mes idées se sont revivifiées, et mon énergie a été stimulée, ça a donc été la cause de grandes inspirations, et s’ils n’avaient pas suscité mon calme ni incité mes pensées profondes, ces inspirations n’auraient pas surgi ».

Cette détermination n’avait pas pour but de solliciter une renommée ou la célébrité, et ne se confondait pas avec un simple entêtement. Il souhaitait juste être utile aux serviteurs d’Allah – exalté soit-Il – et la rétribution d’Allah – glorifié et exalté soit-Il – le début de cette lettre explique cela en disant :

« Et à travers cela, j’espère la grande rétribution d’Allah pour mon intention d’être utile à ses serviteurs, de corriger la corruption de leur mœurs et de guérir les maux de leurs âmes ».


——–Sa généalogie :

Il est dit : Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm Ibn Ghaleb Ibn Salah Ibn Khalaf Ibn Ma’dan Ibn Sufiyân Ibn Yâzid, son surnom est Abu Muhammad. L’origine de son grand père Yâzid est perse, il était le serviteur de Yâzid Ibn Abu Sufiyân al Amawi (l’amavide), il s’est converti à l’Islam, quant à son grand père Khalaf, il est le seul d’entre eux arrivé au Magreb, et Ibn Hazm fait partie de sa descendance.

——–Sa naissance et sa jeunesse :

Ibn Hazm a parlé de son enfance selon ce qu’a rapporté Ibn Bishqawal (Al A’lam 2/311) de Sa’id al Andalousi (Al A’lam 3/186), qui est un contemporain d’Ibn Hazm :
« Sa’id a dit : Abu Muhammad Ibn Hazm m’a écrit de sa propre main en disant : Je suis né à Cordoba du coté Est des faubourgs de Muniya al Mughira avant le lever du soleil et après le salut de l’Imam dans la prière d’as Subh (prière de l’aube) à la fin de la nuit du mercredi, dernier jour du grand mois de Ramadân, qui correspond au septième jour de novembre de l’an 384 de l’Hégire »
Ibn Hazm a grandi sans une maison riche et aisée malgré cela, il y régnait science et littérature alors qu’il est rare que l’on trouve la richesse et la science associée. Car la richesse et l’argent tente l’Homme et l’éloigne de la science et la littérature. Certes le désir du commandement, de la gouvernance et du pouvoir est alors plus fort et plus intense chez l’Homme et le fait périr.

Yakut (Al ‘Alam 8/131) a rapporté dans « Irshad al Ari bila Ma’rifat al Adib »de Sa’id al Andalousi dans les nouvelles des sages qu’il y eut une conversation entre Ibn Hazm et Abu al Walid Sulaymân Ibn Khalaf al Baji (Al A’lam 3/125), alors le savant al Baji a dit : « Vous m’excuserez car la majeure partie de mes lectures était à la lueur de la lampe des gardes », Ibn Hazm répondit : « Et vous m’excuserez également car la majeure partie de mes lectures étaient sur les estrades d’or et d’argent ».

Il entendait par là que la richesse éloigne de la science beaucoup plus que la pauvreté.

Et son père Ahmad ibn Sa’id faisait partie des hommes de science, de littérature, de bien et d’éloquence, et il était poète.

Abu Amr Ahmad ibn Sa’id père d’Ibn Hazm était un savant parmi les ministres d’al Mansûr Muhammad Ibn Abi ‘Amir (Al A’lam 6/226), et ceux de son fils al Mudhaffar (Al A’lam 1/163) qui lui a succédé, Ibn Hazm était lui-même ministre d’Abd ar Rahmân al Mustadhir Billah (Al ‘Alma 3/341), puis de Hicham al Mu’atamid Billah (Al A’lam 8/88).

Ensuite il s’est concentré sur la lecture en sciences et l’inscription des Athar (usages) et des Sunan (traditions). On s’aperçoit que sa vie ne suivait pas un seul rythme, mais qu’elle était un amalgame de richesse et d’ascétisme, de commandement puis d’éloignement de ses attraits. Son ouvrage a donc été la quintessence de ses expériences tout au long de sa vie.

——–Les enfants d’Ibn Hazm :

Ibn Hazm a été élevé dans une maison de science, de littérature, de savoir et de sagesse, et cela a eu une grande influence sur l’importante position qu’il a occupée. Ibn Hazm, son talent, son intelligence et sa connaissance des choses, et il n’y a point de doute que ses enfants ont été élevés dans le même environnement scientifique et littéraire, parmi les enfants :
1 – al Fadl Ibn Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm, surnommé Abu Rafi’a : il a rapporté les propos de son père Ibn Hazm, de al Hafidh Ibn Abdilbarr, de Ibn Dallay et d’autres. Il a beaucoup écrit lui-même, il avait de la perspicacité, de la politesse, de l’habilité et de l’intelligence. Il est décédé à Zellaqua en l’an 479 de l’Hégire, c’est-à-dire 23 ans après le décès de son père. (« Assila fi Tarikh Aymmata al Andalus », 2 p. 440)

2 – Ya’cub Ibn Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm, surnommé Abu Oussâma a également rapporté les propos de son père, de Ibn Abdilbarr et d’Abu al ‘Abbas al Udhri, qui étaient professeurs de son père. Il a accompli l’obligation du Hajj. Il était un homme de perspicacité et de droiture. Il est décédé en l’an 503 de l’hégire, c’est-à-dire 47 ans après le décès de son père. Il est né en l’an 404 de l’Hégire. (« Assila fi Tarikh Aymmata al Andalus », 2 p. 651)

——–Sa quête de connaissance :

Selon Yacut ar Rûmi dans son ouvrage Irshad al Arib, la raison qui a incité Ibn Hazm à étudier la jurisprudence islamique, est le fait d’avoir assisté aux funérailles de l’un des frères de son père. Il est entré dans la mosquée avant la prière d’al ‘Asr lors de la cérémonie et s’est assis sans faire de génuflexion (deux rak’at pour la mosquée), alors son professeur – celui qui l’a élevé – lui a fait un signe pour qu’il fasse la prière du salut de la mosquée.

Mais il n’a pas compris, alors ses voisins lui ont dit : « Tu as atteint cet âge, et tu ne sais pas que le salut de la mosquée est obligatoire ? » Il avait à cette époque 26 ans. Il comprit alors le signe du professeur et accomplit la prière. Ensuite à la fin de la prière al Janasa (prière funéraire), ils sont tous repartis de la mosquée. Il y est entré et a voulu faire la prière, c’est alors qu’on lui dit : « Assieds-toi, ce n’est pas un moment de prière ».

Ibn Hazm a dit : « J’ai laissé le décédé, embarrassé de ce que j’avais commis et j’ai dit au professeur : « Montrez-moi où réside le Sheikh savant al Mushawir abu Abdillah Ibn Dahun, et il me l’a montré, alors j’y suis allé afin de lui raconter cet incident et je lui ai parlé de mon souhait de commencer à étudier la science et je lui ai demandé de m’orienter, il m’a recommandé l’ouvrage « al Muwatta » de l’Imam Malik Ibn Anas qu’Allah l’agrée, alors j’ai commencé la lecture devant lui le jour suivant et j’ai continué à lire devant lui et devant d’autres pendant 3 ans, ensuite je me suis mis à controverser ».

Et malgré le retard de l’instruction d’Ibn Hazm, car il a commencé ses études à l’âge de 26 ans, il a toutefois pu occuper une haute position dans le domaine de la science. Il a écrit et composé plusieurs ouvrages grâce à son extrême intelligence et à sa forte volonté qui lui a donné de plus en plus de détermination.

Son fils Abu Rafi’a al Fadl Ibn Ali a dit qu’il avait rassemblé près de 400 livres contenant près de 80 milles feuilles. (« Assila fi Tarikh Aymmat al Andalus », 2 p. 395)

Sa’id al Andalusi a dit dans ce qu’a rapporté de lui Yacut dans « Irshad al Arib » : « Et ceci était une particularité qui n’était propre à aucune autre personne en terre d’Islam avant lui sauf à Abu Ja’far Muhammad Ibn Jarir at Tabari, certes, ce dernier était l’Homme de l’Islam a avoir écrit le plus d’ouvrages ». (Al A’lam 6/69)

——–Sa poésie :

Ibn Hazm était un poète et un homme de littérature doté d’une présence d’esprit qui lui permettait d’improviser des poèmes. A travers de nombreux poèmes, il décrivait son environnement, la souffrance des gens, sa vision du monde, de ses changements et ses tourments.

——–Ses Shuyukh (professeurs) :

De par le grand nombre de professeurs d’Ibn Hazm, la diversité de leurs spécialités et de leurs domaines, on se rend compte de la grandeur des connaissances qu’a attente Ibn Hazm, de son approfondissement dans la jurisprudence et de son ardente passion pour la poésie et la littérature. Et on s’apercevra clairement quand on parlera brièvement de ses professeurs de science, ainsi que de ses ouvrages, la claire illustration de l’étendue du savoir d’Ibn Hazm en jurisprudence, en doctrine en écoles de pensée, en poésie, en moralités, en logique, en médecine et autres.

Parmi eux :
1 – Ahmad Ibn Muhammad Ibn Ahmad Ibn Sa’id Abu ‘Umar, connu par Ibn al Jassûr, un grand narrateur, il écoutait Abu Ali al Hassan Ibn Salam Ibn Salmun ami d’Abu Ab dar Rahmân an Nassa’i, maître des Sunan. Il était écouté par un groupe dont Abu ‘Umar Ibn Abdilbarr, et Abu Muhammad Ali Ibn Hazm. Ibn Hazm l’écoutait avant les années 400. Ibn al Jassûr est décédé dans sa maison de la cour royale de Mughith à Cordoba en l’an 401 de l’Hégire. Il est né en l’en 320 ou 319 de l’Hégire. (« Bughiyat al Multamiss fi Tarikh Rijal ahl al Andalus », p. 143)

2 – Yûnus Ibn Abdillah Ibn Mughith Abu al Walid, connu par Ibn Sufar, juge andalous de Cordoba, il exerça à Bartléus puis fut orateur à la mosquée d’az Zahraa ; il a été désigné juge et ministre de Cordoba par le calife Hicham Ibn Muhammad al Mardani en l’an 419 de l’Hégire. Ensuite, il s’est limité à la magistrature jusqu’à son décès. Il a écrit des ouvrages dont « al Mu’ab » en explication d’ « al Muwatta », « Fadail al Mundatay’in ila Allah », « at Tassalli an ad Duniya bita mil Khayr al Akhira », « al Ibtihaj bi Mahabbati Allah Ta’ala », et beaucoup d’autres. (ad Dibaj al Mudhahab, 2/374)

3Humam Ibn Ahmad al Qadi Abu Bakr, orateur de Cordoba. Il a rapporté les propos d’Abdullah Ibn Muhammad al Baqi, et Ibn Hazm a rapporté ses propos. (Bughyat al Multamiss, p.260)

4
Muhammad Ibn Sa’id Ibn ‘Umar Ibn Nubat Abu Abdillah, l’un des Imam du Hadith, il a rapporté les propos d’Abdullah Ibn Nassr az Zahid, d’Abu Abdillah Muhammad Ibn Yahya Ibn Mafraj et d’autres. Il est décédé après l’an 400 de l’Hégire. (Bughiyat al Multamiss, p.99)

5Abdullah Ibn Rabi’a Ibn Abdillah at Taymimi Abu Muhammad, il vivait à Cordoba. Il a rapporté les propos d’Abu Bakr Muhammad Ibn Mu’awiya al Qurayshi, d’Abdullah Ibn Muhammad Ibn Uthman, et d’Abu Ali Isma’il Ibn al Qassîm al Qali, le lexicologue, auteur de « Amali al Qali ». Il est décédé en 415 de l’Hégire. (Bughiyat al Multamiss, p.331)

6
– Abd ar Rahmân Ibn Abdillah Ibn Khalid al Hamadani al Wahrani, connu par Ibn al Kharraz, parti en Iraq entre autres, ses propos ont été rapports par els deux Imam savants du Qur’an Abu Umar Ibn Abdilbarr et Ibn Hazm. (Bughiyat al Multamiss, p. 354)

7Ahmad Ibn Muhammad Ibn Abi Abdillah al Mu’aferi Abu ‘Umar at Talamanqi, originaire de Talamanqah, il était le plus savant du Qur’an et du Hadith, et un maître en science du Saint Qur’an, en lecture, en analyse grammaticale, en verdicts, en versets abrogatifs et abrogés et ses significations, il a accordé un grand intérêt au Hadith, sa transmission, sa narration, sa rectification et la connaissance de ceux qui le retiennent, il a écrit de nombreux ouvrages dont : « ad Dalil ila Ma’arifat al Jalil », « al Wusûl ila Ma’arifat al Usûl », « al Bayan fi I’rab al Qur’an ». at Talamanqi se battait contre les gens des hérésies, il se voulait grand protecteur de la Shari’a et de la religion d’Allah – exalté soit-Il –. Il est décédé en l’en 429 de l’Hégire, il est né en l’en 340 c’est-à-dire qu’il a vécu 89 ans. (ad Dibaj al Mudhahab, 1/p. 178/180)

Et il est possible qu’Ibn Hazm ait été influencé par son professeur Ibn ‘Umar at Talamanqui, par sa force et sa virulence. Et il n’y a point de doute que cela était également le tempérament d’Ibn Hazm vu que ce dernier était très influencé par at Talamanqi.

8
Abdullah Ibn Yûsuf Abu Muhammad, il était un homme bon, il a rapporté les propos d’Ahmad Ibn Fath at Tajir. Ibn Hazm l’a mentionné, a rapporté ses propos et l’a complimenté. (Bughiyat al Multamiss, p. 341)

9Ahmad Ibn Qassîm Ibn Muhammad Ibn Qassîm Ibn Assbagh al Bayani Abu Amr, orateur issu d’une maison de Hadith, a rapporté de son père les propos de son grand père Qassîm Ibn Assbagh. Ibn Hazm a rapporté ses propos. (Bughiyat al Multassim, p. 189)

10 -Yûsuf Ibn Abdilbarr Abu ‘Umar an Namriy, connu par Ibn Abdilbarr : al Hafidh Ibn Abdilbarr est né au mois de Rabi’a en l’an 367 de l’Hégire, originaire de Cordoba. Il était un chevronné de la science de Al Athar, un expert en jurisprudence islamique et de la signification du Hadith. Et il avait de grandes connaissances en généalogie. Il a plusieurs ouvrages dont les plus célèbres sont : « Jami’a Bayan al ‘Ilm wa Fadluh » ains que « al Isti’ab fi Ma’rifat as Sahaba », où il a rassemblé les noms des compagnons du Prophète (que les bénédictions et la paix soient sur lui), et l’ouvrage « al Kafi » en jurisprudence. De plus, il a écrit un ouvrage intitulé « at Tamhid Lima fi al Muwatta mina al Ma’ani wal as Sanid » qu’il a ordonné selon les noms des Shuyukh de l’Imam Malik par ordre alphabétique. Ibn Hazm a dit : « Je ne connais pas deparoles pareilles à celles de la science du Hadith, comment pourrais-je donc en connaître de meilleures ? » (ad Dibaj al Mudhahab, 2/ p. 367-370)

11 – Ahmad Ibn ‘Umar Ibn Anas al ‘Udhriy Abu al ‘Abbass al Mariy, connu par Ibn Dallay. Il est parti avec ses parents après l’an 400 de l’Hégire à la Mecque. Il a écouté plusieurs de ses professeurs ou d’autres qui n’en sont pas originaires. Il y a écrit un grand nombre d’ouvrages, d’historiques et autres. Abu al ‘Abbass Ibn Dallay est décédé en l’an 478 de l’Hégire. (Bughiyat al Multassim, p.182)

12 – Muhammad Ibn al Hassan Abu Abdillah al Mudhaji connu par al Qittani. Il a eu une grande participation en littérature et en poésie. Il a été un grand connaisseur en sciences de médecine et de logique. Il discutait en politique. Il a écrit des lettres en ce qui concerne tous ces domaines. Al Mudhaji a vécu une longue période après l’an 400 de l’Hégire. (Bughiyat al Multassim, p. 57)

——–Ses élèves :

Parmi les élèves les plus importants d’Ibn Hazm qui ont appris la science et rapporté ses propos :
1al Hafidh Abu Abdillah Muhammad Ibn Futûh Ibn Abdillah al Azdi al Humaydi ; il est né en l’an 402 de l’Hégire, historien et orateur andalous de l’Ile de Majorque, originaire de Cordoba et adepte de l’école de pensée Adhahiri, il était l’ami et l’élève d’Ibn Hazm. Il est parti en Egypte, à Damas et à la Mecque en l’an 488 de l’Hégire. Il a résidé à Baghdad et y est décédé en l’an 488 de l’Hégire à l’âge de 68 ans. Il a écrit plusieurs ouvrages dont « Jadhwat al Muktabiss fi Dhikri wulat al Andalus », et « ad Dhahab al Masbuk fi Wa’dh al Mulûk, et « al Jam’ Bayna as Sahihayn ». (Bughiyat al Multamiss, p. 113)

2Shurayh Ibn Muhammad Ibn Shurayh Ibn Ahmad Abu al Hussayn ar Ru’ayni : savant en lectures du Saint Qur’an, andalous, il était le juge de Séville et son orateur. Il est né et décédé à Séville. Il y a été orateur pendant cinquante ans. Les personnes faisaient le voyage pour le rencontrer, Ibn Hazm a rapporté ses propos ainsi que le juge ‘Ayad et Ibn Bishqiwal. Il a écrit « Diwan Khatb » où il s’est opposé à Ibn Nabatah et « al Ikhtilaf Bayna al Imam Ya’coub al Basri wa al Imam Nafi’ » et « al Jama’ wa at Tawhjih fi al Qira’at ».

3 Abu Muhammad Abdullah Ibn Muhammad Ibn Abdillah Ibn al ‘Arabi al Mu’aferi : andalous de Séville, il était un savant de sa ville et l’un de ses commandants. Il occupait une importent position dans le gouvernement des al Abbadiya. A la fin de leur règne, il est parti en pèlerinage avec son fils le juge Abu Bakr Ibn al ‘Arabiy en l’an 485 de l’Hégire. Il est décédé en l’an 493 de l’Hégire.

« Parmi tout les gens de l’Andalousie, Abu Muhammad Ibn Hazm était celui à avoir le plus de savoir en matière de sciences de l’Islam, maîtrisant également la science linguistique. En outres, il était également un virtuose de la rhétorique et de la poésie. Il avait une grande connaissance des biographies et des nouvelles ». (Assila fi Tarikh Aymmat al Andalus, 395/2)

¤ Al Imam al Ghazali a dit – d’après ce qu’ad Dhahabi a rapporté de lui dans « Syar al A’lam » :
« Et j’ai trouvé un livre sur les noms d’Allah – exalté soit-Il – que Muhammad Ibn Hazm al Andalusi a écrit, qui montre son grand savoir et son intelligence débordante ». (Shadharat ad Dhahab, 3/299)

¤ Ibn Kathir a parlé d’Ibn Hazm en disant : Il a travaillé sur les sciences utiles légales, s’y est distingué et y a surpassé ses contemporains. Il était aussi un homme de lettres, un médecin et un poète éloquent. Il a rédigé des ouvrages en médecine et en logique, il est issu d’une maison de commandement, de noblesse, de richesse et de fortune ». (al Bidaya wa an Nihaya, 12/92)

¤ Ibn Kathir a dit qu’Ibn Hazm « disait et écrivait beaucoup de critiques au sujet des savants, ce qui a été à l’origine de la rancune de ses contemporains à son égard, rancune qu’ils ont transmise à leurs rois qui l’ont chassé de son pays ». (al Bidaya wa an Nihaya, 12/92)
Il a également dit de lui qu’il s’intéressait énormément à l’interprétation des versets et des Hadith sur les attributs d’Allah, malgré le fait qu’il ne tenait pas apparemment compte d’al Qiyâs (l’analogie) qu’il soit apparent ou non.

¤ Ibn Taghra Burda dans « an Nujûm az Zahira » (5/75) a dit : « Il était adepte de l’école de pensée ad Dhahiriya. Tous les gens du Hadith ont parlé de lui et ont attesté sa connaissance. Il était un Imam connaisseur de la science du Hadith. Toutefois, il avait une mauvaise langue et calomniait les savants et les célèbres, au point qu’on disait : « Qu’Allah nous garde de l’épée d’al Hajjaj et de la langue d’Ibn Hazm ».

——–Les ouvrages d’Ibn Hazm :

On a précédemment parlé de nombreux ouvrages et livres qu’a écrit Ibn Hazm, ce qui est encore plus clair dans la célébrité des ouvrages et livres d’Ibn Hamz se sont les propos de son fils Abu Rafi’a al Fadl Ibn Ali Ibn Hazm, où il stipule avoir rassemblé près de 400 ouvrages écrits par son père contenant plus de 80 milles feuilles, à un point tel que Sa’id al Andalusi – contemporain d’Ibn Hazm – a dit : « Et ceci était une particularité qui n’était propre à aucune autre personnes en terre d’Islam avant lui sauf à Abu Ja’far Muhammad Ibn Jarir at Tabari ».

L’Imam adh Dhahabi a cité à peu près 80 ouvrages parmi ces 400. Les ouvrages d’Ibn Hazm cités par adh Dhahabi représentent le plus grand nombre cité par ceux qui ont fait la bibliographie d’Ibn Hazm, ce qui montre ce que ses ouvrages et livres ont eu comme importances et recherches. Je me limiterai ici aux livres et lettres les plus importants d’Ibn Hazm trouvés :
1 – « al Fasl fi al Milal wa al Ahwa wa an Nihal » : cité par al Hamidi dans « Jadhwat al Muktabiss », par Yacut dans « Irshad al Arib », par adh Dhahabi dans « Syar A’lam an Nubala », par Ibn Khalikan dans « Wafayat al A’yan », par Al Baghdâdi dans « Hadiyat al ‘Arifin » et par Hajji Khalifa dans « Kafsh ad Dhunun ». Ce livre a été édité plusieurs fois dont une à Baghdad librairie al Muthana en deux volumes avec le livre « al Fasl fi al Milal wa al Ahwaa wa an Nihal » de Ashahristani en marge.

2 – « Hajjat al Wada’ » : attribué à Ibn Hazm par adh Dhahabi dans « Syar A’lam an Nubala », par al Baghdâdi et Hajji Khalifa. Ce livre a été édité avec la collection « ‘Uyûn at Turah al ‘Arabi » à la maison d’édition al Yakadha à Beyrouth, avec l’introduction et le commentaire de Mamdouh Haqi en 1966. Et il existe un précieux manuscrit de cet ouvrage copié en l’an 732 de l’Hégire, qui fait partie des manuscrits de l’institut des manuscrits arabes (Faydullah, 322). Il comprend 208 feuilles de 15.5 x 20 cm.

3
– « al Ihkam fi Usûl al Ahkâm » : cite par al Hamidi qui dit : « Il est d’un extrême approfondissement et d’une grande abondance de preuves » (Jadhwat al Muktabiss, p.290), il a aussi été cité par ad Dhahabi, al Baghdâdi, et Hajji Khalifa, ce livre a été édité à l’imprimerie as Sa’ada au Caire en l’an 1348 de l’Hégire, soit en 1927, corrigé par le Sheikh Ahmad Shakir.

4 – « at Takrib Lihaddi al Mantik » : attribué à Ibn Hazm par al Hamidi, al Qiftti dans « Tarikh al Humakaa », par adh Dhahabi, par Yacut dans « Ishad al Arib », par Ibn Khalikan dans « Wafiyat al A’yan », par al Baghdâdi et par Hajji Khalifa.

Il a été réalisé par le docteur Ihsan ‘Abbass et édité par la maison de la librairie al Hayat à Beyrouth.

5 – « Mulakhass Ibtal al Qiyass wa ar Raai wa al Istihsan wa at Taqlid wa at Ta’alil » : cite par adh Dhahabi dans « Syar A’lam an Nubala » sous le titre : « an Nukat al Mujaza fi Nafi ar Raai wa al Qiyas wa at Ta’lil wa at Taqlid », réalisé par Sa’id al Afghâni et édité par Dar al Fikr, Beyrouth, 1969.

6 – « Jamharat Ansab al ‘Arab » : cité par al Baghdâdi dans « Hadiyat al ‘Arifin » et par Hajji Khalifa dans « Kafsh ad Dhuhun », réalisé par le docteur Abd as Salam Harun, et édité par Dar al Ma’arif au Caire en 1971 parmi la collection Dhakha ar Al’rab ».

7 – « Tawq al Hamama fi al Ulfa wa al Ilaf » : Celui qui l’a cité en référence n’a pas pu être trouvé, toutefois ce livre a été réalisé et imprimé à plusieurs reprises. La première impression réalisée a été celle de Hassan Kamil Assir dans la présentation du professeur Ibrahim al Ibyariy à l’imprimerie Hijazi du Caire, 1950. La seconde édition a été réalisée par le docteur Muhammad abd al Mun’im Khafaji et ses confrères, puis imprimée à la librairie al Hussayniya al Misriya en 1975. Une autre a été réalisée par le docteur Addahir Ahmad Makki et éditée par Dar al Ma’arif au Caire en 1975 aussi.

Ibn Hazm a rédigé d’autres ouvrages. Toutefois, le sort de la plupart de ces ouvrages reste inconnu jusqu’à présent.

 

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