Nous poursuivons nos discours au sujet de la purification de l’âme. La purification de l’âme est en effet un chemin très long, mais c’est un effort qui ne sera point perdu. Dieu dit : « Et quant à ceux qui déploient des efforts pour Nous, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers » (l’araignée : 69).

Nous avons parlé de la première station d’épuration spirituelle qui est la station du savoir et nous avons cité les conséquences du savoir sur la purification de l’âme.

Puis, nous avons évoqué la deuxième station qui est celle de repentir pour que l’homme commence son cheminement vers Dieu alors qu’il s’est allégé du fardeau des péchés et purifié de la souillure de ses fautes. En effet, de même que l’homme ne pourrait entrer dans la Prière sans s’être purifié auparavant, celui qui aspire à consolider sa relation à Dieu doit se purifier, et cette purification résiste dans le repentir sincère. Ainsi, le repentir est une purification interne comme Dieu le mentionne dans le verset suivant : « Dieu aime ceux qui ceux repentent, et Il aime ceux qui se purifient » (la vache : 222). Dans ce verset, Dieu a associé la purification externe à la purification interne.

Mais, l’itinérant doit s’arrêter à une autre station d’épuration spirituelle, à savoir, la station de la patience, de l’endurance et de la persévérance « as-sabr ». Il y a en effet, deux qualités indissociables : la patience « as-sabr » et la reconnaissance « ash-shoukr ». Dieu dit à quatre reprises dans le Coran : « Dans tout ceci, il y a des signes pour tout homme plein d’endurance et plein de reconnaissance » (al-Hijr : 5). Il s’agit de deux traits distinctifs du croyant. C’est comme si Dieu disait : « Dans tout ceci, il y a des signes pour tout croyant », car le véritable croyant est celui qui fait preuve de patience face à l’adversité et de reconnaissance face au bienfait. Le véritable croyant se situe toujours entre ses deux qualités. Le Prophète (bdsl) dit : « Ce que l’affaire du croyant est étonnante ! Tout ce qui le touche est un bien pour lui, et cette faveur n’appartient qu’au croyant : s’il est l’objet d’un évènement heureux, il remercie Dieu et c’est là pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est là encore pour lui une bonne chose » (rapporté par Mouslim). Ainsi, tout ce qui touche le croyant est une bonne chose, que ce soit dans les moments de bonheur ou de douleur, dans l’aisance ou dans l’adversité, dans la facilité ou dans la difficulté.

A noter que le hadith a utilisé le terme « croyant » et non pas « musulman » pour nous dire que seul celui dont la foi est ancrée dans le cœur peut se montrer plein d’endurance face à l’épreuve et plein de reconnaissance face à la faveur.

Nous allons commencer par parler de la patience étant donné que le Coran dit : « pour tout homme plein d’endurance et plein de reconnaissance » commençant ainsi par la patience car l’homme a plus besoin de patience que de reconnaissance dans la mesure où Dieu l’a créé pour une vie pleine d’épreuve et de douleur. Dieu dit : « Nous avons certes créé l’homme pour une vie de lutte » (la cité : 4). Dieu a créé la vie ainsi ; pleine d’adversité. L’homme, depuis sa naissance, y est constamment exposé à un malheur qui s’abat sur lui, à la disparition d’un bienfait, à une mort qui le touche ou touche l’un des ses proches… On demanda à ‘Ali ibn Abi Talib (t) : « Décris-nous ce bas-monde ! ». Il dit : « Que voulez-vous que je vous décrive ! C’est une demeure dont le début est fait de pleurs, dont le milieu est souffrance et dont la fin est la mort ». Un sage dit un jour : « J’ai renoncé à ce bas-monde pour la petitesse de ses richesses, la multitude de ses souffrances, la rapidité de sa disparition et la bassesse de ses associés ».

Le croyant doit donc s’armer de patience car la patience est une obligation religieuse. La patience constitue la moitié de la foi. Le Coran l’a mentionnée à plus de quatre-vingt endroits. En effet, Dieu l’a commandé : « Ô les croyants ! Cherchez secours dans l’endurance et la salat » (la vache : 153).

Il nous a interdit son contraire : « Endure donc comme ont enduré les messagers doués de résolution ; et ne te montre pas trop pressés » (al-ahqaf : 35)

La patience provoque l’amour de Dieu pour ceux qui en sont dotés : « Dieu aime les endurants » (le tonnerre : 146) et assure le soutien de Dieu : « Dieu est certes avec les endurants » (la vache : 153).

L’issue de la patience est toujours bonne : « ce serait mieux pour vous d’être endurant » (les femmes : 25), et la récompense qui lui est due est incommensurable : « Les endurants auront leur pleine récompense sans compter » (les groupes : 10)

Le Coran nous indique que seuls les gens dotés de patience sont à même de trier profit des signes et des exhortations : « Dans tout ceci, il y a des signes pour tout homme plein d’endurance et plein de reconnaissance » (al-Hijr : 5).

Par ailleurs, la patience est une cause qui permet l’entrée au Paradis : « Paix sur vous, pour ce que vous avez enduré, comme est bonne votre demeure finale » (le tonnerre : 24)

La Sunna contient à son tour plusieurs textes évoquant les mérites de la patience. En effet, le Prophète (bdsl) dit : « La patience est lumière » (rapporté par Mouslim). Il dit également : « Nul n’a reçu de don meilleur que celui de la patience » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim)

Mais pourquoi la patience est-elle indispensable ? En quoi consiste la patience ? Quelles en sont ses catégories ? C’est ce que nous développerons lors du prochain sermon in cha Allah.

Sermon du vendredi – Moncef Zenati

(Purification de l’âme 13ème partie)

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